Le bris d’une conduite de gaz naturel, la troisième en dix jours à Sherbrooke, est survenu au coin des rues Bell et Camirand à Sherbrooke.
Le bris d’une conduite de gaz naturel, la troisième en dix jours à Sherbrooke, est survenu au coin des rues Bell et Camirand à Sherbrooke.

Pas plus de bris de conduites de gaz naturel qu’à l’habitude à Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Ce n’est pas parce que trois bris de conduites de gaz naturel sont survenus au cours des dix derniers jours à Sherbrooke que ce type d’incident est en hausse vertigineuse sur le territoire.

Lundi matin, une conduite de gaz naturel a été accrochée lors de travaux d’excavation à l’intersection des rues Camirand et Ball au centre-ville de Sherbrooke. 

La semaine dernière, une fuite majeure a forcé l’évacuation de l’école primaire Larocque tandis que le 9 octobre dernier, le bris d’une conduite avait entraîné la fermeture du secteur de l’Hôtel-Dieu. 

La directrice des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, signale qu’une vingtaine d’incidents semblables surviennent chaque année à Sherbrooke. Depuis le début de 2020, ce sont 18 fuites de gaz qui ont été causées par des travaux d’excavation.

« Nous ne signalons pas plus de bris de conduites de gaz naturel qu’à l’habitude. La différence au cours des derniers jours est qu’ils ont touché une école primaire, un CPE et un hôpital notamment. Ces incidents nous ont cependant incités à colliger les causes », explique Caroline Gravel de la Ville de Sherbrooke.

Elle estime de quatre à cinq les incidents qui sont causés lors de travaux réalisés par des employés municipaux la Ville de Sherbrooke.

« Les vérifications sont faites avant les travaux d’excavation. On creuse à plus de trois pieds des conduites. Lors des travaux à l’intersection des rues Adélard-Colette et McManamy, la semaine dernière, les travaux étaient exécutés à plus de dix pieds de la conduite. Le sol sous la conduite s’est déplacé lorsqu’une roche a été soulevée. Le mouvement a brisé la conduite », explique Caroline Gravel.

Lors de l’incident de lundi, c’est une conduite menant à un immeuble qui a été endommagé. La fuite a rapidement été colmatée. 

Le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPCIS), Stéphane Simoneau, se questionne sur la fréquence de ce type d’interventions au cours des dernières semaines.

« Ces interventions créent un émoi au sein de la population dans les secteurs touchés. Nous avons un devoir de nous assurer qu’il n’y a pas de dénominateur commun entre ces incidents. C’est pour cette raison que nous devons analyser chacun des événements », souligne M. Simoneau.

Il explique que ce type de fuite de gaz naturel entraîne notamment des impacts sur les personnes qui doivent être évacuées dans un périmètre d’au moins 300 pieds autour du lieu du bris.

« Une quinzaine de pompiers sont mobilisés pour sécuriser les lieux de même que les policiers et le personnel d’Énergir. L’impact se fait aussi ressentir sur les personnes évacuées », indique le directeur Simoneau.

Plus de 400 personnes, dont près de 250 élèves et membres du personnel à l’école Larocque, avaient été évacuées lors de la fuite à l’intersection des rues Adélard-Colette et McManamy. 

« La procédure prévoit que nous devons interrompre le courant dans un périmètre donné pour éviter les étincelles. Il y a un risque d’explosion, mais les probabilités demeurent faibles. Il faut cependant procéder aux évacuations, ce qui peut entraîner la fermeture de commerces ou d’institutions. Il est difficile de chiffrer les impacts financiers de telles fuites de gaz », mentionne le directeur du SPCIS.