Le temps estimé pour les parcours d’autobus par la STS est au cœur du litige.

Pas d’uniforme pour les chauffeurs de la STS lundi

Les chauffeurs d’autobus de la STS ne porteront plus leur uniforme de travail à partir de lundi. Il s’agit d’un premier moyen de pression pour les 133 chauffeurs qui sont sans contrat de travail depuis plus d’un an.

« Porter nos uniformes c’est un peu comme endosser les pratiques de la STS et on veut s’objecter », indique André Marsan, vice-président du syndicat des chauffeurs, qui promet qu’une série de moyens seront mis en place dans les prochaines semaines. 

« Ça reste à définir et ça va dépendre aussi de la collaboration de la STS, ajoute-t-il. On a des rencontres de négociations au début du mois de mai et on va voir quelle direction ça va prendre. On est sans convention depuis le 1er mars 2018. On a eu une vingtaine de rencontres et ça tourne en rond. On n’a même pas commencé à parler de l’aspect monétaire encore. »

Trois irritants majeurs

Le temps estimé pour les parcours d’autobus par la STS est au cœur du litige.

« Les temps de parcours ne sont souvent pas réalistes ce qui fait en sorte que les circuits sont très régulièrement en retard, souligne M. Marsan. Les chauffeurs sont tannés d’être en retard, d’avoir un écran à côté d’eux qui leur rappelle continuellement qu’ils sont en retard et de se justifier auprès de la clientèle. Ce n’est plus viable et ça finit par épuiser tout le monde. »

M. Marsan cible notamment les parcours Spécial 4 et Spécial 18.

« Le Spécial 4 passe du Carrefour au centre-ville et la STS donne 11 minutes pour le faire en faisant des arrêts. Le Spécial 18 passe du vieux Rock Forest à l’Université. Le tracé en voiture sur Google Maps est évalué à 28 minutes et, avec des arrêts et un véhicule lourd, la STS nous donne 26 minutes. »

Le voyagement après les quarts de travail est aussi problématique selon le syndicat.

« Je vous donne un exemple, je commence ma journée au garage et je la finis à la station du Dépôt au centre-ville, illustre André Marsan. Mon auto est au garage, je dois donc trouver un moyen d’y retourner. Soit je demande au chauffeur qui me remplace de venir avec sa voiture que je vais utiliser pour revenir au garage ou je demande au chauffeur de prendre ma voiture et me l’amener pour que je puisse repartir. La STS oblige donc les chauffeurs à prêter leur bien personnel. Ça me fait aussi mentir un peu à mes assurances parce que s’il arrive quelque chose ma compagnie d’assurance peut me dire que ce n’était pas prévu dans mon contrat que je prête ma voiture dans le cadre de mon travail. On demande à ce que ça cesse. »

Le temps de conduite en continu est aussi un cheval de bataille pour le syndicat.

« Le chauffeur peut conduire 9 h en continu sans temps de pause ou de dîner. On mange en conduisant et il n’y a pas un millier de places pour aller à la salle de bain sur le réseau. Ce sont des irritants majeurs. »

De son côté la direction de la STS a réagi par voie de communiqué vendredi. Elle se dit confiante d’en arriver rapidement à une entente négociée avec son syndicat. 

« Les 19 rencontres de négociations tenues depuis le 28 février se sont déroulées dans un climat de saine collaboration et d’écoute entre les deux parties, a déclaré le président de la STS, Marc Denault. Nous sommes étonnés d’apprendre aujourd’hui que le syndicat semble avoir une autre perception du déroulement de ces rencontres et discussions. En fonction du climat positif dans lequel la négociation se déroule jusqu’à maintenant, nous sommes confiants d’arriver rapidement à une entente négociée sur les différents enjeux. » 

« La qualité du service aux usagers est au cœur des priorités de la direction de la STS. Nous partageons le même désir que nos chauffeuses et chauffeurs, d’offrir le meilleur service possible aux citoyens de Sherbrooke. Toutes nos actions actuelles et futures sont orientées vers cet objectif », résume M. Denault.