La Ville a entamé des discussions avec le promoteur de ce terrain, coin René-Lévesque et Matisse, pour éviter l’implantation d’une station-service devant l’école de la Croisée.

Pas de station-service devant l’école de la Croisée

La Ville de Sherbrooke a lancé des discussions avec le promoteur d’un terrain situé devant l’école de la Croisée, sur le boulevard René-Lévesque, pour éviter la construction d’une station-service devant l’établissement scolaire, au coin de la rue Matisse. Elle répond ainsi aux inquiétudes de parents qui s’étaient présentés au conseil municipal le 16 septembre.

Caroline Rosa et Sylvain Houde avaient effectivement déploré que le zonage permette la construction d’une station-service sur ledit terrain, y voyant un risque pour l’accroissement de la circulation, mais aussi pour l’accès aux sucreries et à la malbouffe qui viendra avec l’ajout d’un dépanneur.

Président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin explique que le sujet a été traité au sein de son comité. « La recommandation est de ne pas agir unilatéralement dans ce dossier. Nous aurions pu avec un avis de motion geler les usages de ce terrain. Il y a eu une rencontre avec le promoteur. Il s’est montré ouvert à revoir ce projet. Sans supposer de la finalité, il y aura des démarches avec le Service de la planification urbaine et de la gestion du territoire pour voir ce qui pourrait s’implanter là », dit-il, précisant sentir une ouverture du promoteur.

« On va laisser les choses aller et on verra ensuite ce qui va se passer. »

M. Boutin confirme qu’une station-service était dans les cartons à l’origine. Une dérogation mineure avait d’ailleurs été adoptée en 2017 pour que les pompes soient à l’arrière du terrain plutôt qu’en façade du carrefour giratoire.

« Nous avons choisi l’approche proactive en prenant la balle au bond puisque le promoteur souhaite un projet qui sera socialement acceptable. »

Si le promoteur démontre de l’ouverture, pourquoi ne pas changer malgré tout le zonage par précaution, avec un avis de motion? « Ce genre d’avis aurait un effet de gel pour quatre mois, mais c’est une façon unilatérale de travailler. Ça nous donnerait quatre mois pour déposer un nouveau projet de règlement, mais on ne peut pas juste retirer un usage comme ça. Nous devons faire une démonstration argumentée expliquant pourquoi nous souhaitons effectuer le changement. Il faudrait par exemple documenter le nombre de stations-service. En quatre mois, nous ne serions pas capables de tout avoir en main. »

La Ville pourrait-elle tout de même être mise devant le fait accompli, sachant que le zonage permet d’implanter une station-service? C’est en substance ce qu’avait plaidé l’ex-maire Bernard Sévigny devant la contestation populaire face à l’implantation d’une station-service au coin des rues Dunant et Thibault. « Nous ne pouvons pas mélanger les dossiers. Nous travaillons en collaboration avec le promoteur. Je trouve important, comme président du comité consultatif d’urbanisme, d’avoir une relation ouverte pour bonifier un projet et éviter de tomber dans la confrontation », fait valoir Vincent Boutin.