Une rencontre d'information concernant la sécurité sur la rue Marini à Sherbrooke a eu lieu mercredi.

Pas de problème de vitesse sur Marini, selon la Ville

Malgré les nombreuses interventions citoyennes pour dénoncer la vitesse sur la rue Marini dans le secteur Rock Forest, elle n’est pas un problème selon la Ville. Les études indiquent que les automobilistes roulent à l’intérieur de la limite de 50 km/h. Ces données ont été dévoilées devant une quarantaine de résidents du secteur réunis mercredi soir pour une rencontre d’information.

Selon les derniers relevés en octobre 2019, la vitesse moyenne sur la rue était de 43,9 km/h. De plus, 85 % des automobilistes roulaient en deçà de 51,5 km/h. Le débit de véhicules a toutefois beaucoup augmenté dans les dernières années passant de 1784 voitures par jour en août 2018 à 2376 autos quotidiennement en octobre 2019.

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« On n’a aucun élément accidentogène à cet endroit et nos études nous montrent qu’on n’a pas de problème de vitesse, signale Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines. Oui l’an dernier il y a un enfant qui a été accroché ou a eu peur, mais c’est parce qu’il avait traversé la rue sans regarder. »

La Ville propose tout de même l’ajout d’avancées de trottoir aux passages pour piétons, l’interdiction de stationnement du côté nord entre 7 h et 17 h du lundi au vendredi et le marquage d’une ligne de rive côté nord de Mi-Vallon à Mondor pour améliorer la sécurité. Il y a aussi la possibilité de surélever les traverses pour piétons. Ces travaux seraient réalisés à l’été 2020.

« Je ne suis pas satisfait, mais on va y aller avec ce qu’ils nous proposent, indique le citoyen Jimmy Duval-Caux qui a posé plusieurs questions durant la rencontre. Oui, il y a des chiffres, mais ce sont les gens de la rue qui constatent une augmentation du nombre de véhicules et la vitesse. On n’a pas les chiffres de vitesse durant la nuit ou tôt le matin et visuellement, ça roule beaucoup plus vite que 50. »

Jimmy Duval Caux

Mme Gravel avance que la vitesse perçue peut parfois être trompeuse.

« Quand on est stationnaire sur un trottoir, on a toujours l’impression que ça va trop vite, explique Caroline Gravel. C’est vraiment une question de perception. »

La Ville de Sherbrooke n’entend pas non plus donner une réponse positive à une demande citoyenne d’avoir un brigadier au coin des rues Marini et Mi-Vallon. Le nombre d’enfants n’est pas suffisant selon Sébastien Dubuc, ingénieur en circulation pour la Ville.

« Les normes viennent avec le ministère des Transports et avec le débit de véhicules qu’on a à cet endroit, il faudrait qu’il y ait au-dessus de 200 écoliers à l’heure qui traversent et en ce moment on est à l’ordre de 70 », explique-t-il.

40 km/h dans tous les quartiers?

Les citoyens ont été nombreux à poser des questions sur une éventuelle limite de 40 km/h partout sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. La Ville admet être en train d’étudier le projet, mais Mme Gravel a tenu à expliquer les coûts engendrés par une telle mesure.

« Lorsque les pompiers planifient leur schéma de couverture et le nombre de casernes qu’on a sur le territoire, c’est en fonction de la vitesse affichée, explique-t-elle. Ils n’ont pas le choix. Si on descend à 40 km/h dans tous les quartiers résidentiels, ça va peut-être prendre des pompiers et des casernes de plus et on parle de plusieurs dizaines de millions de dollars. Et même si on oublie les pompiers, juste l’implantation des panneaux va coûter 2 millions $. »

Le prolongement de Mi-Vallon a également été avancé comme solution pour le nombre de véhicules sur la rue Marini.

« Mes équipes ont cela dans leur carton, résume Mme Gravel. Ça ne fait pas longtemps que je suis à la Ville et dès que j’ai vu ça, j’ai trouvé que c’était une aberration totale [que Mi-Vallon ne débouche pas]. Plus on divise le trafic, plus on se donne de chances. Si on est capable d’ouvrir Mi-Vallon, je pense que ça pourrait libérer une partie de la pression. »