Les citoyens ont jusqu’à jeudi prochain pour déposer les signatures recueillies afin de demander l’ouverture d’un registre.

Parc Willie-Bourassa-Auger : près de 200 signatures pour un registre

La saga de la vente du parc Willie-Bourassa-Auger se poursuit : des citoyens ont effectué une opération de porte-à-porte dans le secteur concerné afin de récolter les signatures nécessaires au dépôt d’un registre. Celui-ci permettrait aux résidents à proximité du terrain de se prononcer contre le changement de zonage, bloquant ainsi le processus puisqu’il s’agit d’une condition à la vente du parc.

« La réponse sur le terrain est quasi unanime : les équipes avaient en moyenne un ou deux refus, mais une majorité de gens étaient prêts à signer et remerciaient les citoyens pour leur travail de mobilisation et de sensibilisation », rapporte par communiqué Catherine Boileau, l’instigatrice du mouvement de mobilisation pour « sauver le parc Willie ».

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Rejointe par téléphone, Lucie Desgagné, une citoyenne engagée dans la protection des espaces verts à Sherbrooke qui a personnellement participé à deux des trois soirs de porte-à-porte, se réjouissait aussi du résultat de l’opération : « On espérait que la réaction soit positive à ce point-là et on n’a pas été déçu! On l’apprenait beaucoup aux gens, la présence de ce parc-là. Quelques-uns en avaient entendu parler dans les médias, mais ils ne savaient pas où c’était. Ils étaient contents d’apprendre qu’ils avaient un accès à la rivière! »

Rappelons que la Ville de Sherbrooke justifie la vente du terrain en évoquant que la somme obtenue pourra être réinvestie dans les autres parcs du district, tout en insistant sur la faible utilisation du parc Willie-Bourassa-Auger — un argument qui ne tient pas la route selon Mme Desgagné. « S’il était identifié et aménagé, les gens iraient! Quand on arrive là, on a l’impression que c’est le terrain du voisin qui se poursuit », affirme-t-elle. Elle dénonce aussi la disparition de structures auparavant en place ainsi que le manque général d’entretien de l’endroit qui compliqueraient grandement l’accès à l’eau.

Acheteurs non fautifs

Plus tôt cette semaine, les acheteurs du terrain témoignaient se sentir dépassés par la controverse, mais ils indiquaient être en quelque sorte pris dans la situation puisqu’ils perdraient leur mise de fonds en se retirant.

À ce sujet, Mme Desgagné a indiqué avoir de la sympathie pour eux, en soulignant qu’ils ne pas responsables de la situation. « Les seules personnes qu’on vise et qu’on blâme, c’est les décideurs à la Ville qui ont décidé de vendre un parc! On n’a rien contre les acheteurs, nous, c’est le processus de départ qu’on remet en question, et c’est la ville qui est responsable là-dedans — et Hydro-Québec! » lance-t-elle.

En effet, la citoyenne affirme que la société d’État se serait engagée par le passé à veiller à l’entretien de l’espace vert avec le district de Brompton en échange de l’utilisation du terrain. Or, toujours selon Mme Desgagné, l’entente n’aurait pas été honorée, ce qui aurait causé la dégradation du parc et, par conséquent, la diminution de son utilisation.

La semaine prochaine

Les citoyens ont jusqu’à jeudi prochain pour déposer les signatures recueillies afin de demander l’ouverture d’un registre.

En date de vendredi, 195 personnes avaient signé dans le cadre de l’opération de porte-à-porte, alors qu’une douzaine de signataires seulement était nécessaire pour la demande.

Le groupe de citoyens mobilisés songe néanmoins à aller chercher quelques signatures supplémentaires à la suite de la longue fin de semaine, puisqu’une petite portion du secteur concerné n’aurait pas encore été rencontrée.