Le circuit des murales compte 17 œuvres et a nécessité des investissements de 2,8 M$ jusqu’à maintenant. Une entente avec MURIRS, pour la réalisation des deux autres « toiles » géantes, vient à échéance en 2020.

Oui au trompe-l'oeil, non aux murales historiques

Sherbrooke devrait délaisser le caractère historique de ses murales pour se concentrer sur leur particularité : le trompe-l’œil. C’est d’ailleurs le mandat qu’elle a confié à l’organisme MURIRS pour la murale à réaliser en 2019. Si la Ville possède le plus grand circuit de murales trompe-l’œil en Amérique du Nord, elle ne mise pas suffisamment sur cet argument pour promouvoir ses atouts.

Il s’agit d’un des constats émanant d’une réflexion sur l’avenir du circuit des murales. C’est la présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, qui est à l’origine de la démarche. La firme Raymond, Chabot, Grant, Thornton a animé un atelier avec des intervenants touristiques, culturels et socioéconomiques pour réfléchir à la direction à prendre avec ce produit touristique.

Le circuit des murales compte 17 œuvres et a nécessité des investissements de 2,8 M$ jusqu’à maintenant. Une entente avec MURIRS, pour la réalisation des deux autres « toiles » géantes, vient à échéance en 2020.

Parmi les constats dégagés de la réflexion, « l’expérience des murales est appréciée, mais demeure un secret bien gardé tant dans la région qu’auprès du marché touristique québécois ». On note aussi que la thématique historique est redondante, que le circuit ne constitue pas un produit d’appel majeur, mais plutôt un complément à l’offre touristique de Sherbrooke, et que la clientèle de 18-35 ans ne se reconnaît pas dans ce produit. Les enfants s’en désintéressent aussi rapidement. La concentration des murales au centre-ville est par ailleurs préférable.

Nouvelles idées

Un plan de développement pour les années 2021 à 2025 devrait permettre « d’élargir le spectre d’intervention », entre autres avec l’ajout d’un plus grand nombre de murales. Des suggestions, bien qu’au stade de l’idéation, ont déjà suscité de l’enthousiasme au sein du comité de réflexion. On songe notamment à densifier l’offre existante, à changer le style des œuvres en conservant la signature trompe-l’œil, à utiliser les technologies, par exemple le mapping et l’éclairage ludique, à produire des projections sur les murs ou sur des banderoles déployées sur les structures de la gorge de la rivière Magog ou à installer des éléments thématiques près des murales.

Parmi les exemples cités, il pourrait s’agir d’une caméra antique qui permet de visionner des extraits de films, près de la murale portant sur le cinéma, ou d’une réplique de la Foss mobile, la première voiture conçue à Sherbrooke, sur laquelle les visiteurs pourraient tourner une manivelle qui émettrait le bruit d’un moteur.

Annie Godbout trouve intéressant de poursuivre la réflexion en collaboration avec le comité de la culture. « On est vraiment en mode inspiration si jamais des citoyens ou des organismes sont inspirés. On pourrait tendre vers un musée du trompe-l’œil, de l’illusion ou de la magie. Il y a peut-être une thématique sherbrookoise qui pourrait être explorée davantage. »

« Il faut aussi penser à tout ce qui est animation autour des murales : nous avions demandé un budget cette année et malheureusement, ç’a été refusé. Nous souhaitons bâtir un plan stratégique plus structurant où on précisera davantage ce qu’on veut faire en termes d’animation et avoir un plan d’investissement qui ira avec cette thématique. L’art urbain a quelque chose d’intéressant qu’il faut exploiter davantage. »

Mme Godbout s’inspire des environnements originaux, inédits, avec une atmosphère magique, comme celui de Wynwood, le quartier des arts de Miami. « C’est fou les murales que j’y ai vues. Ça m’a fait vibrer. Je n’en ai pas dormi de la nuit. Je veux ça pour Sherbrooke. Il y avait une ambiance, avec des camions de rue et une offre alimentaire originale. »

Le plan stratégique pourrait être déposé l’an prochain.

Le coût des services de Raymond, Chabot, Grant, Thornton pour une journée s’élève à 5000 $.