La ministre du Développement économique et des Langues officielles Mélanie Joly
La ministre du Développement économique et des Langues officielles Mélanie Joly

Ottawa vient en aide au secteur touristique

Le gouvernement fédéral offre plus de 30 M$ pour aider les entreprises et les organismes du secteur touristique à s’adapter aux nouvelles circonstances économiques à la suite de la crise de la COVID-19. Ce soutien permettra aux PME touristiques de financer les améliorations locatives de leurs infrastructures et l’acquisition d’équipements de protection afin de respecter les règles de la santé publique.

C’est la ministre Mélanie Joly qui en a fait l’annonce à Sherbrooke mardi, via Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC).

Environ 20 millions $ avaient été alloués dans le budget fédéral, tandis qu’environ 10 millions $ viennent de nouveaux fonds annoncés en mai.

Le secteur du tourisme est un moteur économique important à travers les régions du Québec et c’est aussi l’un des secteurs les plus durement touchés par la COVID-19. Les impacts risquent de perdurer durant plusieurs mois, a fait remarquer Mme Joly.

On estime que 30 % des travailleurs de ce domaine ont perdu leur emploi dans les dernières semaines. 

Selon Jean-Michel Ryan, président de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, il faudra de 24 à 48 mois pour reprendre le rythme des dernières années. 

De ces 30 M$ annoncés mardi, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec pourra compter sur un appui de 13,5 M$ pour offrir un soutien financier aux PME touristiques du Québec qui leur permettra de mettre en œuvre des mesures d’adaptation en conformité avec les nouvelles normes sanitaires et des campagnes de promotion ciblées. Dans le cadre de ce projet, l’Alliance octroiera des contributions non remboursables aux PME touristiques issues principalement des secteurs de l’hébergement, des attraits et des services touristiques. 

« Si par exemple une entreprise de location de vélos doit réaménager ses locaux et installer des plexiglas, elle pourra faire une demande d’aide financière », a illustré la ministre du Développement économique et des Langues officielles.

Les nombreuses mesures sanitaires, incluant les restrictions telles que la fermeture des frontières et de certaines régions, ont entraîné des conséquences importantes et beaucoup d’incertitude dans l’industrie touristique qui emploie au Canada 1,8 million de personnes. 

À plusieurs reprises pendant la conférence, la ministre Joly a encouragé les Québécois à découvrir leur province.

Une campagne publicitaire a d’ailleurs été dévoilée mardi à cet effet sous la signature « Bonjour Québec », narrée par le Sherbrookois poète et auteur David Goudreault. 

Une aide mal ciblée?

Le plan de 30 M$ annoncé mardi par Ottawa s’ajoute aux mesures du Plan d’intervention économique du Canada ainsi qu’au plan de relance du secteur touristique du Québec, qui prévoit des dépenses de 753 millions $ sur deux ans.

S’il se dit globalement satisfait de ces mesures, le président de Tourisme Cantons-de-l’Est (TCE) Benoit Sirard questionne tout de même l’aide apportée par les deux paliers de gouvernement.

Le président de Tourisme Cantons-de-l’Est (TCE) Benoit Sirard

« La question des coûts fixes est toujours aussi importante et c’est un enjeu auquel les gouvernements ne s’occupent pas. On attend encore des annonces de ce côté », explique M. Sirard, rencontré en marge de la conférence. 

Bien des acteurs du monde touristique étant propriétaires de leur local ou résidence, ils ne sont pas éligibles à la subvention pour les loyers commerciaux. Même chose du côté des subventions salariales alors que la période de référence pour calculer les pertes est le printemps 2019 ou dans certains cas les mois de janvier et février 2020 : les entreprises saisonnières étant souvent fermées à ces moments, elles ne peuvent pas déclaré de perte. L'aide de Québec et Ottawa ne répond donc pas aux véritables défis de l'industrie, estime M. Sirard. 

« Un propriétaire d’attrait touristique ou d’hôtel doit faire dans une année du 5 ou 10 % de profit. Avec les mois qui passent, il est déjà à terre. Il faut donc aller l’aider dans les coûts fixes et pas seulement faire des prêts. Mais c’est pourtant ce qu’on nous offre comme aide », déplore le président de TCE qui garde espoir que les gouvernements ajustent le tir dans les semaines à venir. 

« Il n’est pas minuit moins une, il est minuit et cinq! » illustre-t-il.