Optimisation: la Ville atteint 9,7 M$ d'économies

La Ville de Sherbrooke a atteint 89 % de son objectif d'optimisation, qui vise à générer des économies récurrentes de 11 M$ dans les dépenses de fonctionnement d'ici la fin de 2017. Le directeur général Yves Vermette estime même qu'à la fin de l'exercice, qui s'est tenu sur trois ans, les économies atteindront 105 % de l'objectif.
Yves Vermette
En date du 4 juillet 2017, les économies réalisées atteignaient 9 792 158 $ et les projets en cours permettent d'estimer des réductions additionnelles de 1,7 M$ d'ici le début de 2018. Parmi les réductions attendues, des départs à la retraite, entre autres, et les impacts de l'obligation de diffuser les avis publics dans les journaux.
« Nous nous étions donné une petite marge de manoeuvre, parce qu'avec la loi 15, plusieurs employés hésitaient à partir à la retraite. Nous sommes en processus de négociation pour essayer de régler la question des régimes de retraite. On pense que plusieurs prendront leur décision en 2018 », dit M. Vermette.
Rappelons que la nécessité de réduire les dépenses de fonctionnement était apparue en 2014 alors qu'on annonçait la modification des tarifs d'Hydro-Québec, qui aurait un impact de 6,5 M$, et que le pacte fiscal coûtait près de 4 M$ à la Ville de Sherbrooke. Le retour de TVQ était aussi moins important de 3,6 M$. « En faisant toute cette analyse, nous arrivions à la conclusion que les revenus ne seraient pas au rendez-vous et qu'il fallait compenser par des coupes budgétaires. Quand les revenus sont toujours à la hausse, on revoit moins nos dépenses. »
Chacun des directeurs de service avait des cibles de réduction à atteindre, par attrition ou en revoyant les façons de faire.
Depuis le début de l'exercice, 91 postes ont été abolis. M. Vermette avance la création de 79 postes pendant la période visée par l'optimisation, dont 36 sans coût additionnel. « Beaucoup de cols bleus étaient déjà à temps plein. Nous leur avons donné une permanence, mais il n'y a pas d'impact sur les coûts. » Des cols blancs ont aussi été embauchés à l'évaluation pour réduire les coûts des services habituellement retenus à l'externe.
« La Ville compte 3300 ménages de plus qu'il y a trois ans. Il faut leur offrir des services. C'est une pression naturelle qu'il y a déjà sur l'appareil municipal. Malgré cela, il y a une culture qui se développe, une culture de remise en question, de lean management. Oui, il y a eu des coupures, mais je pense que la qualité des services a été maintenue à des standards très élevés. Nous avons réussi à briser la courbe des postes permanents. Il y a des signaux extrêmement intéressants pour les contribuables là-dedans », a réagi le maire Bernard Sévigny.
« Je n'ai pas vu de baisse dans la qualité des services, mais parfois, c'est dans la rapidité à répondre qu'il y a une conséquence. Ça peut être pervers. Ce sera au prochain conseil d'évaluer jusqu'où on peut aller là-dedans. Si le service d'urbanisme prend plus de temps à faire aboutir des projets qui amènent de l'argent à la Ville, on se tire dans le pied. Il faut être capable d'offrir les services dans des délais raisonnables », a insisté Nicole Bergeron.
«Malgré les attritions, on ne sentirait pas d'essoufflement chez les employés. Le paradigme, c'est qu'on pense que les services sont améliorés. Chaque fois qu'on faisait une révision, les employés étaient inclus dans les chantiers de renouveau. Ce qu'on a perçu, c'est que les gens aiment être consultés, être écoutés et pouvoir participer », mentionne Yves Vermette.
L'économie liée à la réduction du nombre d'élus, soit environ 600 000 $, ne viendra qu'en 2018. Elle n'est donc pas incluse dans le montant avancé jusqu'à maintenant.
Julien Lachance a noté une augmentation du budget de 4 % malgré ces économies générées et souhaiterait voir les dépenses diminuer. Dans le même sens, Hélène Dauphinais s'est inquiétée qu'on « dépense rapidement les économies » réalisées.