Valérie Leclair a offert un rein à son conjoint pour lui permettre de retrouver la santé. Près d’un an après l’intervention, tous les deux vont très bien et la dialyse ne fait plus partie de leur vie familiale.

Offrir un rein de son vivant

Une cinquantaine de Québécois font un don d’organes de leur vivant chaque année. La plupart offrent un de leurs deux reins; quelques-uns donnent un des lobes de leur foie. C’est notamment le cas de Valérie Leclair, une jeune mère de famille qui, il y a un an presque jour pour jour, a fait le don d’un rein à son conjoint.

« Mon conjoint a la maladie de Berger. Il y a quelques années, il devait commencer à faire de la dialyse. Nous avons deux enfants de 10 ans et 14 ans maintenant. Alors nous avons décidé de faire les tests et nous étions parfaitement compatibles. Nous voulions qu’il puisse être avec nous, plutôt que d’être en dialyse à l’hôpital », souligne la jeune agricultrice de Sherrington en Montérégie.

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Aujourd’hui, son conjoint va bien. Valérie Leclair aussi.

« Mon conjoint pète le feu! Moi aussi je vais bien. Je me suis complètement remise. C’est derrière nous, maintenant », a-t-elle lancé, complètement sereine mais quand même ravie d’avoir été nommée « grande samaritaine » pour son don d’organe de son vivant.

Pour un proche... mais pas toujours

Louis Beaulieu, directeur général de Québec Transplant, souligne que ce sont souvent des proches qui donnent un rein à leur enfant, à leur frère ou sœur ou encore à leur conjoint ou bien encore à un ami ou un collègue de travail. Mais parfois aussi, ce sont des parfaits inconnus qui, par le fruit du hasard, donnent un de leurs organes.

C’est notamment le cas de Marie-Ève Cronin, une physiothérapeute de Sherbrooke qui a fait le don d’un de ses reins à Janie Boulianne-Gref, qui était en attente d’un don d’organe depuis deux ans et demi. Mme Cronin suivait le blogue de « Mademoiselle Gref » où elle parlait de son combat contre la maladie et la trouvait inspirante. Lorsque les deux femmes se sont croisées par hasard dans un bal, Marie-Ève Cronin lui avait dit qu’elle lui donnerait son rein sans hésiter si elle le pouvait. Ce qui fut finalement chose faite. En effet, près d’un an plus tard, les deux femmes ont été opérées en simultané et Janie Boulianne-Gref vit maintenant sans dialyse grâce au rein de celle qui est devenue « comme sa sœur ».

« Mon intervention s’est super bien passée. J’ai eu de la fatigue, moi qui suis pourtant super énergique, mais ça s’est replacé. Mes cinq enfants (les siens et ceux de son conjoint) m’ont supportée là-dedans. Les petits inconforts que j’ai vécus ne sont pas suffisants pour regretter, bien au contraire. Je le ferais à 100 miles à l’heure si j’avais d’autres reins à donner », souligne une Marie-Ève Cronin pleine de son énergie retrouvée.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé, en août dernier, la création du premier Programme québécois de don vivant de rein. Ce nouveau programme bénéficie d’un financement récurrent de 1,5 M$ par année.

« L’argent est là, le programme va se déployer. J’ai hâte de voir quels seront les impacts sur le nombre de transplantations qui auront lieu », précise Louis Beaulieu de Québec Transplant.

L’Association canadienne des dons d'organes rend hommage aux donneurs d’organes et aux bénévoles

25 ans de reconnaissance

Il s’agissait vendredi de la 25e cérémonie de l’Association canadienne du don d’organes et de tissus (ACDO) à se tenir à la basilique-cathédrale de Sherbrooke;

Belle nouveauté cette année : les chiens de soutien émotionnel Kanak, du Service de police de Sherbrooke, et Kevlar, de la Sûreté du Québec, étaient présents pour les gens qui venaient chercher des récompenses au nom de leurs proches décédés. Les chiens ont été maintes fois cajolés, embrassés et ont contribué à apporter de nombreux sourires aux proches fort émotifs;

182 personnes ont fait don de leurs organes ou de leurs tissus en 2017, une augmentation de 50 % par
rapport à 2012;

510 personnes ont été transplantées en 2017, soit 30 personnes
de plus qu’en 2016;

Près de 2000 policiers bénévoles effectuent des transports d’organes et d’équipes médicales de façon urgente et sécuritaire chaque année. Depuis 1987, ils ont ainsi parcouru 1 829 739 km, soit 45 fois le tour de la Terre;

En date de vendredi, 786 personnes étaient en attente d’une transplantation au Québec. Ce nombre s’élevait à 1264 en 2017, soit une diminution de
près de 500 personnes sur la liste d’attente;

L’âge n’est pas un frein au don
d’organes. Une personne de 76 ans a déjà sauvé cinq vies;

Le donneur d’organes le plus âgé
au Québec avait 92 ans et il avait fait don de son foie;

Une Québécoise, qui est décédée en Floride où elle vivait, a fait un don d’organes dans son pays d’adoption. Elle a néanmoins été honorée vendredi lors de la cérémonie à Sherbrooke où sa famille était présente;

De nombreux policiers ont été honorés vendredi pour souligner leur grand engagement envers la cause du don d’organes. C’était la première fois que des bénévoles recevaient le titre de « grands samaritains »;

L’ACDO a été fondée à Sherbrooke en 1983 par Richard Tremblay, un ancien policier de Lennoxville et Rock Forest. C’est pour cette raison que c’est à Sherbrooke que se tient chaque année la cérémonie de l’ACDO;

C’est au parc Jacob-Nicol, à l’intersection des boulevards de Portland et Jacques-Cartier, que se dresse l’unique cénotaphe en hommage aux donneurs d’organes au Canada.