Selon les dires de son propriétaire, le restaurant O Chevreuil, taverne américaine, ne ferait pas partie de l’oasis urbaine qui devrait être présentée au conseil municipal de lundi.
Selon les dires de son propriétaire, le restaurant O Chevreuil, taverne américaine, ne ferait pas partie de l’oasis urbaine qui devrait être présentée au conseil municipal de lundi.

Oasis urbaine : O Chevreuil se sent mis de côté

Le projet d’oasis urbaine, qui serait déposé lundi au conseil municipal, ne fait pas l’unanimité. Même s'il le voit d’un bon œil, Maxime Saumier Demers, copropriétaire d’O Chevreuil, taverne américaine, pense que la Ville aurait pu viser plus haut.

« C’est un beau projet! dit d’entrée de jeu M. Saumier Demers. Mais ce n’est pas ce qui nous était présenté au début, c’est pourquoi je suis un peu déçu. Ça se limite à une simple partie de la rue, mais pas toute la Wellington Nord. J’ai l’impression qu’ils ont peur d’y aller trop gros. C’est la couleur de la Ville depuis longtemps... »

La Tribune révélait vendredi que la Ville de Sherbrooke songe à ériger une oasis urbaine pour que les Sherbrookois puissent encourager leurs restaurateurs locaux et consommer nourriture et alcool légalement à l’extérieur dans la rue Wellington Nord. Ce projet devrait être présenté lundi aux conseillers municipaux. 

Or selon les informations qu’a obtenues La Tribune vendredi, le projet ne comporterait pas de piétonnisation complète. Le but est donc de conserver une circulation véhiculaire en tout temps sur cette rue.

Changements

Maxime Saumier Demers précise que deux projets étaient dans les cartons au début : celui de prendre la partie de la rue Wellington située entre la ruelle Albert et la rue King Ouest pour créer l’oasis urbaine ou celui de fermer la rue Wellington Nord au complet à temps partiel. C’est finalement entre les rues Meadow et Albert que l’oasis serait placée, selon M. Saumier Demers, une information que La Tribune n’a pu se faire confirmer par la Ville.

« Pour le restaurant, on n’aime pas ça, car ça va augmenter le trafic près de notre terrasse, analyse le restaurateur. Comme on ne sera pas dans l’oasis, on se sent mis à l’écart. Il va falloir doublement travailler fort pour aller chercher notre part de marché. »

M. Saumier Demers assure cependant qu’il croit au projet. « Mais il est pensé à moitié et il n’est pas visionnaire. On a entendu toutes les villes. [...] Nous, on est encore à le présenter aux élus », dit celui qui a partagé son mécontentement avec des conseillers municipaux. 

« Je suis content de voir que [la Ville] fait quelque chose, mais je trouve qu’elle pourrait faire tellement mieux, poursuit le copropriétaire du restaurant. On est dans une situation où on doit faire mieux. L’été va quand même être crucial pour nous. On estime que ce n’est pas assez », dit M. Saumier Demers, qui était prêt à acheter plus de mobilier et même à engager un DJ pour animer la rue. 

« Projet évolutif »

De son côté, la copropriétaire du Liverpool, Annie Faucher, n’est pas contre la vertu. « Comme on parle d’une rue partagée et pas d’une fermeture complète, ce qui va permettre aux gens de continuer à y aller avec leur véhicule et repartir, ça va être aussi utile », analyse-t-elle, ajoutant que le projet pourrait également profiter aux restaurateurs qui n’offriront pas de terrasse cette année.

« Le dossier va cheminer, exprime-t-elle. C’est un projet qui va être évolutif, selon moi. On jette les bases cet été. Est-ce qu’il y aura une continuité l’été prochain? Je pense qu’on doit saisir la balle au bond. [...] Le jour où tout le centre-ville sera rénové, il sera intéressant d’y marcher et de pouvoir envahir la rue. C’est un départ. »

Le copropriétaire de la Buvette du Centro, Charles Picard-Duquette, ne pense pas que ce projet affecterait son commerce. « On a notre terrasse en arrière. Mais ça donnerait un excellent coup de main à plusieurs collègues de l’industrie. Je pense que c’est une bonne idée. Je trouve ça bien que la Ville réagisse et trouve des solutions. Clairement, je trouve ça positif. »