Le propriétaire du terrain Ronald Dubé et la présidente du conseil d’administration du Club Quad Arc-en-ciel de l’Estrie Anne-Marie Leclerc présentent le nouveau sentier.
Le propriétaire du terrain Ronald Dubé et la présidente du conseil d’administration du Club Quad Arc-en-ciel de l’Estrie Anne-Marie Leclerc présentent le nouveau sentier.

Nouveau sentier pour les quadistes sherbrookois

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Le Club Quad Arc-en-ciel de l’Estrie a trouvé une solution pour contourner les terrains des propriétaires qui bloquent leurs accès pour faire pression sur la Ville de Sherbrooke. Dès samedi, les quadistes pourront emprunter un nouveau sentier sur la terre de Ronald Dubé, qui est située près du chemin Hamel.

Cette nouvelle piste aura coûté entre 5000 et 10 000 $.

Depuis trois ans, le Club avait de la difficulté à négocier avec le propriétaire bloquant ses terrains, ce qui l’a poussé à trouver un nouvel arrangement. « La première fois, le sentier s’est débouché en décembre et l’an dernier, en janvier, rappelle la présidente du conseil d’administration du Club, Anne-Marie Leclerc. Cette année, on ne passe pas encore et nous sommes le 24 janvier. Ça devient un problème récurant », dit-elle, ajoutant que ce sentier deviendra permanent, peu importe si l’autre propriétaire décide de redonner ou non l’accès à son terrain. 

Avant de défricher ce chemin, les quadistes de ce secteur n’avaient accès qu’à 14 des 42 kilomètres qu’offre habituellement l’organisation. « Ça enlève beaucoup de pression sur notre club. J’ai eu peur, car lorsqu’on ne peut pas offrir plus que 14 km et que les gens doivent prendre leur remorque puisqu’ils ne peuvent pas partir de chez eux, un moment donné, ils peuvent se dire “tant qu’à ne plus être capables, je ne prendrai plus ma passe” », estime Mme Leclerc, qui ajoute que cette nouvelle entente permet aux quadistes d’aller jusque dans la MRC du Val-Saint-François. 

Pourquoi ne pas avoir négocié cette piste plus tôt? « [M. Dubé] nous en avait déjà parlé, mais en voyant que l’autre propriétaire nous laissait déjà passer, on se disait qu’on n’en avait pas besoin tout de suite », répond Mme Leclerc.  

Neuf résidants du secteur sur dix ont voté en faveur de donner le droit de passage sur le chemin public aux quadistes. Ils pourront emprunter le chemin Hamel sur 920 mètres et se promèneront sur le terrain de M. Dubé sur environ un kilomètre. « Pour accéder au chemin public, la Ville exige que 90 % des résidants concernés signent. C’est une grosse journée de porte-à-porte. On explique aux citoyens qu’on ne veut pas les déranger. Après, ce sont des journées à bûcher. Après, il faut faire entrer un excavateur et ce sont des sous », poursuit la présidente du CA du Club, se réjouissant que neuf personnes sur dix aient accepté. 

Nouvelle entente

Permettre l’accès à environ un kilomètre de son terrain semble faire plaisir à Ronald Dubé, qui considère « qu’il faut partager de temps en temps ».

Le propriétaire a mis la main à la pâte. « On a été quatre jours avec une chargeuse et il y a eu deux pelles mécaniques durant deux jours. Disons que ç’a donné à mon terrain une allure d’autoroute! On a élargi le chemin que j’avais déjà et les pelles ont travaillé pour faire un beau chemin avec de petits fossés des deux côtés », raconte-t-il.

M. Dubé, qui est également président régional de l’Association quad, pourra profiter des nouvelles installations. « Ça va me débloquer, je vais pouvoir sortir avec ma machine. Avant, j’allais débarquer à l’Aéroport de Sherbrooke, à environ 40 kilomètres de chez moi. Ça n’avait pas de bon sens, alors je laissais mon quad dans le garage. La semaine prochaine, ce sera un départ! »

Le conseiller municipal du secteur, Julien Lachance, se ravit de l’issue de l’histoire. « Je sais que ce n’est pas facile pour les membres des clubs, puisque ici, ce ne sont pas de grands terrains : ça fait plusieurs demandes de droit de passage à faire. Ce n’est pas un travail facile. Ils travaillent fort pour trouver des ententes. Tant mieux qu’ils aient dénoué l’impasse », soutient-il. 

Si les quads peuvent éviter le terrain bloqué, les motoneigistes, eux, n’auront pas accès à la nouvelle piste. « Au moins, on peut passer par Saint-François pour aller au lac Brompton, exprime le président du club de motoneige Harfang de l’Estrie, Daniel Beaudette. Ça prend environ 30 minutes de plus. Il y a certains motoneigistes qui n’aiment pas ça. Pour d’autres, ça ne leur dérange pas. »