Patrice Clémenti souhaite une bande tampon entre son terrain et celui à construire derrière chez lui.

Non à un accommodement pour le Carré Belvédère

Un citoyen de la rue du Fort-Chambly, dans le secteur Ascot, juge inéquitable un amendement au règlement de zonage qui permettra le développement du projet résidentiel Carré Belvédère. Patrice Clémenti a interpellé les élus la semaine dernière pour exiger une zone tampon entre les terrains de sa rue et ceux à construire dans le Carré Belvédère. La Ville n’accèdera toutefois pas à sa demande.

« J’ai une pétition qui a été signée par cinq propriétaires de la rue du Fort-Chambly. Nous demandons de jouir d’une zone tampon d’au moins six mètres derrière nos résidences tel que promis aux propriétaires de la rue Aline et de Beaupré. Nous jugeons inéquitable la proposition du promoteur et de la Ville. Nous demandons de modifier le règlement pour ajouter une zone tampon de 6 m et d’imposer un moratoire sur les travaux en cours derrière nos résidences, d’exiger du promoteur de protéger les quelques arbres encore debout dans cette zone tampon et de planter des arbres matures derrière le 2270, rue du Fort-Chambly, où les arbres ont été rasés pour une servitude d’aqueduc », a déclaré M. Clémenti.

Le Carré Belvédère soulève les passions depuis plusieurs mois. La protection de milieux écologiques, comme une prucheraie centenaire, figure au centre des combats des citoyens.

Le règlement de zonage contesté par les citoyens de la rue du Fort-Chambly permet d’ajouter une bande tampon derrière les résidences des rues Aline, de Beaupré et Belmont.

« La Ville ne demande pas la présence d’une zone tampon dans le démarchage avec le promoteur. C’est dans le cours des événements que la zone tampon est apparue. À un certain moment, il était question d’aménager un parc qui impliquait une bandelette, qui a été transformée en zone tampon », explique Yves Tremblay, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable à la Ville de Sherbrooke.

La présidente de l’arrondissement 4, Chantal L’Espérance, mentionne que les zones tampons sont nécessaires seulement pour séparer des zones aux usages différents, par exemple des commerces et des résidences, ou des industries et des commerces. « Pour des résidences à peu près similaires, on ne le fait pas en général. »

Mme L’Espérance ajoute que la présence d’une ligne électrique au fond du terrain fait déjà en sorte qu’il est impossible de construire dans une bande de six mètres. « Je comprends que ça ne peut pas être boisé, mais il peut tout de même y avoir des aménagements. »

Forcer l’ajout d’une bande tampon « décalerait le développement vers la prucheraie alors qu’on s’est tant battu pour la préserver. On ne peut donc pas donner aux résidants de la rue du Fort-Chambly ce qu’ils demandent », dit encore Chantal L’Espérance.

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, abondait dans le même sens. « Le propriétaire voulait que les zones tampons soient incluses dans la zone de parc et on a dit non. Le promoteur a donc donné trois autres terrains qui ont été annexés à la prucheraie. C’est triste d’avoir des voisins à l’arrière de sa maison. C’est ça vivre en ville. C’est plate quand ça fait des années qu’on s’approprie une propriété qui n’est pas la nôtre. On parle d’un projet de 1700 unités contre cinq maisons. On se doit d’aller de l’avant. »

La conseillère du district d’Ascot, Karine Godbout, a été la seule à inscrire sa dissidence pour la poursuite du projet tel qu’il a été déposé. « J’accueille votre pétition. Je comprends votre sentiment d’iniquité par rapport au regard global. Le projet de développement du Carré Belvédère, des fois j’ai l’impression que c’est comme une boîte à surprises. Il y a une longue histoire de négociations entre les citoyens, la Ville et le promoteur », a-t-elle lancé à l’intention de M. Clémenti.

« Je ne suis pas contre le projet ni contre l’agrandissement du parc. Je ne suis pas à l’aise avec le processus. J’aurais trouvé pertinent qu’on puisse reporter ce point pour bien répondre aux questions des citoyens. À la consultation publique il a été plus difficile de répondre à des questions spécifiques par rapport à cette bande tampon. »