Neuf employés du CIUSSS de l’Estrie, dont trois médecins, auraient contracté la COVID-19 selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), l’un des quatre syndicats qui représentent les employées du CIUSSS en Estrie.

Neuf employés du CIUSSS de l’Estrie seraient infectés

Neuf employés du CIUSSS de l’Estrie, dont trois médecins, auraient contracté la COVID-19 selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), l’un des quatre syndicats qui représentent les employées du CIUSSS en Estrie.

L’APTS ne pouvait pas préciser mercredi en soirée dans quel secteur ou département ces personnes se retrouvent. Et même si l’APTS critique fortement les mesures de protection mises en place, elle refusait de spéculer sur les raisons de la contamination.

À LIRE AUSSI: Un premier décès en Estrie

« Je ne sais pas si ce chiffre-là est directement lié au manque de consigne sur le terrain ou si c'est simplement des gens qui revenaient de voyage, admet Marc Richard, représentant national de l’APTS. Je ne peux pas spéculer là-dessus, mais ce que je sais c’est que ce nombre va augmenter si des mesures concrètes et rapides ne sont pas défendues sur le terrain. »

« Les gens ne sont pas fous, ils écoutent le point de presse de Legault tous les jours et les mesures qui sont défendues n’arrivent jamais sur le terrain, notamment au niveau du télétravail ou des équipements de protections individuelles, poursuit-il. Il y a comme un goulot d’étranglement au niveau de la direction du CIUSSS. On a encore des gens qui sont appelés à se déplacer à domicile et ils n’ont pas d’équipements de protection individuelle. »

Gestion serrée

Du côté du CIUSSS, on admet faire une gestion «serrée» des équipements de protection et on mentionne suivre à la lettre les recommandations de la Santé publique.

« Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS compte 20 000 employés ou médecins, peut-on lire dans une réponse acheminée par courriel en fin de soirée mercredi. Il était prévisible que des membres de l'organisation soient infectées et cette situation nous préoccupe. Nous mettons tout en oeuvre pour offrir des milieux sécuritaires tant pour nos employés que pour les usagers de nos services.»

« Notre défi est de trouver l'équilibre entre les risques de contamination à la COVID-19 et les bris de service. La réponse passe beaucoup par le port d'équipements de protection individuelle lorsque cela est requis et en fonction des recommandations de nos équipes d'infectiologues et médecins de santé publique. La gestion rigoureuse des équipements de protection individuels demeure toutefois essentielle dans un contexte où l'on compte déjà 11 hospitalisations de cas confirmés sur notre territoire.»

« Faut-il un mort dans le réseau ? »

Dans un communiqué envoyé mercredi l’APTS s’est dite « sidérée » de constater que les consignes pour favoriser la distanciation sociale et le télétravail, ou pour délester le personnel des visites considérées comme non essentielles, ne sont pas appliquées.

« La transmission dans le milieu communautaire est confirmée, y rappelait la présidente de l’APTS, Andrée Poirier. Les employés du réseau sont de plus en plus en contact avec des personnes infectées. On pourrait prendre l’initiative de retirer préventivement les femmes enceintes et les personnes immunosupprimées. Mais non, les dirigeants s’entêtent à les maintenir dans les établissements et à mettre leur santé en danger. C’est complètement insensé »

« Notre patience a atteint ses limites, a-t-elle ajouté. Ça fait près de 12 jours que le gouvernement Legault a décrété l’état d’urgence sanitaire et rien n’est fait pour assurer la sécurité de nos membres sur le terrain. Les établissements se fichent éperdument des consignes de la ministre McCann et du directeur national de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda. Attendons-nous qu’il y ait un mort dans le réseau ? »