Le salon de tatouage Nephtys Tattoo déménagera cet été dans de nouveaux locaux. Le contexte du centre-ville ne convenait plus au commerce, selon la propriétaire et artiste-tatoueuse Nathalie Duquette.
Le salon de tatouage Nephtys Tattoo déménagera cet été dans de nouveaux locaux. Le contexte du centre-ville ne convenait plus au commerce, selon la propriétaire et artiste-tatoueuse Nathalie Duquette.

Nephtys Tattoo quitte la Wellington

Sherbrooke — Alors que la crise laisse présager une difficile relance pour certaines entreprises, la propriétaire de Nephtys Tattoo, Nathalie Duquette, concrétise le rêve de voir son salon de tatouage passer à une nouvelle étape. 

Cet été, le salon du 61 Wellington Nord à Sherbrooke migrera vers un bâtiment dont Mme Duquette vient de faire l’acquisition, au 170 de la rue Queen, dans le secteur de Lennoxville. L’une des principales raisons qui l’ont poussée à faire le saut : une envie de changer de quartier. 

« Avec le stationnement au centre-ville, c’est n’est pas super pratique pour les clients, témoigne Mme Duquette. Aussi, j’ai toujours été au centre-ville, mais je ne trouve pas qu’il s’en va en s’améliorant, malheureusement. Je sais qu’ils ont des beaux projets qui s’en viennent et je suis très d’accord avec ça, mais je sais aussi qu’il y a de grosses rénovations qui s’en viennent, et ça va nuire énormément aux commerçants de la Wellington. J’ai juste vécu l’expérience de la rue fermée pendant un mois quand ils ont fait des rénovations dans le stationnement, et c’était l’enfer. »

Plusieurs autres éléments ont motivé cette grande décision, explique celle qui tatoue depuis 28 ans, mais qui avait toujours été locataire. 

« Je voulais vraiment avoir ma place à moi. Je ne me vois pas tatouer jusqu’à 70 ans, et j’aimerais avoir quelque chose à léguer à un artiste qui va m’avoir suivi. Ça va me permettre de prendre ma retraite, en quelques sortes. Et en ayant l’édifice à moi, je vais pouvoir faire beaucoup plus ce que je veux. » 

Abritant ses six tatoueurs au premier étage, et le perceur Samuel Simard au deuxième étage, le nouveau Nephtys promet une autre ambiance. Un « retour aux sources », même. 

« Je m’ennuie du temps où j’ai commencé, raconte Mme Duquette. Le tatouage est devenu de plus en plus à la mode et est devenu accessible pour tous, ce qui est une bonne chose. En même temps, il y a énormément de tatoueurs à Sherbrooke. Malheureusement, il y a une certaine quantité de clients qui magasinent leurs tatouages par prix, sans avoir idée de ce qu’est un bon tatoueur. Ça cause aussi une espèce d’ambiance d’entrées et sorties brèves des clients. Quand j’ai commencé, tu entrais dans le salon, et tu étais dans un environnement complètement différent, où tous les gens qui étaient là avaient un sentiment d’appartenance à l’endroit. J’ai envie que les gens rentrent chez nous, qu’ils deviennent de bonnes connaissances, et qu’ils reviennent prendre un café. » 

L’entrepreneure a d’ailleurs de nombreuses idées pour animer les lieux en permanence et alimenter le partage artistique, comme une galerie d’art, un atelier de peinture et peut-être même une grande terrasse pour y tenir diverses festivités. Des agrandissements pourraient être dans sa mire à cet effet. 

« Un après-midi d’été, on pourrait faire un événement artistique et servir des hot-dogs, par exemple », dit celle qui se réjouit d’avoir enfin une cour arrière.

Le déménagement devrait être terminé pour le 1er juillet ou le 1er août, dépendamment du déroulement des travaux à réaliser, évalue l’artiste.  


L’édifice dans lequel s’installera le Nephtys Tattoo dès cet été, situé au 170, rue Queen dans le secteur de Lennoxville.

Contexte particulier

C’est un projet qui mijotait depuis longtemps, mais qui finalement se matérialise en pleine crise sanitaire, alors que le salon ne reçoit plus de clients depuis un mois et demi. Y a-t-il de l’inquiétude dans l’air ? « Pas du tout. Je pense que dans la vie, tout dépend de comment tu penses quand tu te lèves le matin », répond Mme Duquette, qui a été chercher l’aide ou le sursis qui lui étaient disponibles pour la majorité de ses paiements importants.     

Nephtys Tattoo et ses travailleurs, qu’ils soient employés ou travailleurs autonomes, bénéficient tous d’une forme d’aide gouvernementale actuellement. Cependant, Mme Duquette a bien hâte de reprendre les activités, question de renflouer un peu les coffres en prévision du déménagement et de payer les comptes. 

Bien qu’elle croit que les tatoueurs seront les « derniers à rouvrir » dans le plan de déconfinement, elle assure que la certification sanitaire qu’ils obtiennent et appliquent déjà dans le cadre de leur travail est un gage de sécurité. 

« On est tellement habitués, on est à l’extrême. Tous nos gestes sont faits en fonction d’éviter la contamination croisée. On a déjà ces réflexes-là, juste dans la façon d’enlever nos gants, par exemple », plaide-t-elle.