Le 30 octobre dernier, les fédérations du secteur public de la CSN, qui représentent 4000 personnes en Estrie, ont déposé leurs demandes communes auprès du Conseil du trésor.

Négociations: «Les surplus ne sont pas pour la CAQ», lance la CSN

Les travailleurs du secteur public de l’Estrie abordent les négociations 2020 avec le gouvernement de la CAQ en ayant en tête les restrictions budgétaires des dernières années et la pénurie de main-d’œuvre qui sévit.

Le 30 octobre dernier, les fédérations du secteur public de la CSN, qui représentent 150 000 personnes travaillant dans les réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation ainsi que dans les organismes gouvernementaux ont déposé leurs demandes communes auprès du Conseil du trésor.

Pour la région de l’Estrie, c’est plus de 4000 employés qui négocieront leurs conditions de travail et salariales avec le gouvernement au cours des prochains mois.   

La négociation 2020 s’inscrit dans «une conjoncture unique de crise sans précédent» dans les réseaux, «après des années de compressions massives» et d’une importante rareté de main-d’œuvre, fait remarquer la  CSN.  Le gouvernement, avec des surplus budgétaires historiques, a pleinement les moyens de changer la donne en investissant substantiellement dans les services à la population, assure-t-on. 

« Les surplus ne sont pas pour la CAQ. Ils doivent servir à améliorer la vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois, dont font partie les 500 000 travailleuses et travailleurs des services publics qui ont subi de plein fouet, et subissent encore, les conséquences désastreuses des mesures d’austérité des dernières années », affirme Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).   

« La pénurie est bien réelle et elle ne touche pas seulement deux ou trois titres d’emploi, comme le prétend M. Legault. On a de la difficulté à recruter du personnel dans les écoles, les cégeps, les centres de santé et de services sociaux, les centres administratifs, les organismes gouvernementaux. Il manque de monde dans tous les secteurs», ajoute M. Beaudin. 

La CSN revendique 3 $ l’heure dès la première année de la convention collective, pour l’ensemble des travailleurs des réseaux. Ce montant fixe représente une augmentation significative pour toutes et tous, tout en ayant un plus grand impact pour ceux qui gagnent le moins dans le secteur public, soit parce qu’ils sont dans des emplois moins bien rémunérés, soit parce qu’ils sont en début de carrière et donc au bas de leur échelle salariale, note le syndicat dans un communiqué de presse. 

Pour la deuxième et la troisième année de la convention collective, la CSN revendique une augmentation de 1 $ l’heure ou de 3 %, selon ce qui est le plus avantageux pour chaque salarié. La revendication salariale de la CSN inclut aussi une clause de protection contre l’inflation. 

« Plus jamais personne ne doit s’appauvrir en travaillant pour la population québécoise », poursuit M. Beaudin.

« La surcharge est maintenant la norme pour le personnel des services publics. La situation est devenue insoutenable dans tous les secteurs. On le voit par l’explosion des coûts liés à l’assurance-salaire ». 

Pour remédier à cette situation de crise, la CSN a choisi d’inclure une revendication sur les conditions de travail dans son cahier de table centrale, et ce, même si ces enjeux se négocieront généralement aux tables sectorielles.