Pendant qu'une majorité d'élus ont exprimé leur inconfort devant la controverse provoquée par la murale illustrant deux femmes nues au parc Victoria, la Ville tire des leçons de la situation hautement médiatisée

Murale controversée: « Pas une décision de la Ville »

Pendant qu'une majorité d'élus ont exprimé leur inconfort devant la controverse provoquée par la murale illustrant deux femmes nues au parc Victoria, la Ville tire des leçons de la situation hautement médiatisée
« Il n'y a jamais eu de problèmes avec des projets du comité Tags et graffitis, même pour les oeuvres faites en direct. C'était la première fois qu'il y avait un tel imbroglio », dit la conseillère Chantal L'Espérance. « Il pourrait y avoir une explication de l'oeuvre et tout le monde comprendrait. »
Rappelons qu'une murale de l'artiste Olivier Bonnard, illustrant deux femmes nues et inspirée d'une oeuvre de Matisse, a dû être modifiée la semaine dernière pour rhabiller les deux femmes. Cette décision a largement fait réagir la population.
« Cette controverse nécessite une analyse et aussi des recommandations pour que cette situation ne se reproduise plus », commente Jean-Yves La Rougery, directeur du Service des sports, de la culture et de la vie communautaire à la Ville de Sherbrooke.
Dans une chronologie des événements, le chef de division Fabien Dubois mentionne que la responsable du festival a posé la question sur l'approbation de la murale. Une agente professionnelle de la Division de la culture a répondu qu'il n'était pas nécessaire de fournir un croquis pour une oeuvre qui vivra moins de cinq ans. Or, tout projet artistique sur un bâtiment public doit être soumis à la Commission des arts visuels. Un croquis doit donc être soumis.
Devant le malaise exprimé par l'agente professionnelle sur la question de la nudité, trois options sont envisagées le 13 septembre, soit de modifier ou d'effacer l'oeuvre, ou de la laisser telle quelle. Plusieurs échanges de courriels plus tard, une demande est passée le 14 septembre par la Division des loisirs et de la vie communautaire pour effacer l'oeuvre. En soirée, le créateur de l'oeuvre mandate plutôt un artiste pour modifier la murale.
« Les procédures étaient imprécises. La communication avec le Festival Bohémia n'a pas été claire. La controverse aurait dû susciter une prudence chez tous les acteurs. Il aurait été plus sage pour les fonctionnaires de porter la réflexion auprès de la direction du service afin de pouvoir l'apporter rapidement à la direction générale et à la mairie », tranche M. La Rougery.
« La moindre des choses, c'est de tirer des enseignements. J'ai pris connaissance de la situation jeudi soir. Ça m'a étonné, même renversé de savoir qu'on invitait à la censure. L'oeuvre était tout à fait correcte », réagit le maire Bernard Sévigny.
« Le lendemain matin, j'ai demandé à ce qu'on intervienne pour qu'il n'y ait pas de retouches et il était trop tard. Là où il y a eu un problème, c'est que ce n'est jamais monté, ni sur le plan politique ni sur le plan administratif jusqu'au comité exécutif, à la mairie ou à la direction générale. Ce n'est pas une décision de la Ville parce que l'information n'est jamais montée. »
« Il n'y a jamais eu de problèmes avec des projets du comité Tags et graffitis, même pour les oeuvres faites en direct. C'était la première fois qu'il y avait un tel imbroglio », dit la conseillère Chantal L'Espérance. « Il pourrait y avoir une explication de l'oeuvre et tout le monde comprendrait. »
Serge Paquin en a rajouté. « Sur le dessin, j'ai énormément de difficulté à trouver quelque chose de sexiste. Ce sont des dessins qui ne sont pas très définis. Pourquoi n'offririons-nous pas à M. Bonnard de réaliser une oeuvre dans un lieu public pour mettre fin à ce dossier de manière positive? »
Danielle Berthold semblait outrée. « Je trouve qu'on a déclenché la gâchette pas mal vite. Ce n'est pas un graffiti. C'est une oeuvre. Il est déplorable de retourner dans la Grande Noirceur à Sherbrooke. Il est inadmissible de demander à l'artiste de corriger son oeuvre. J'aimerais entendre la position du président du comité de la culture. »
Celui-ci, Pierre Tardif, ne voyait rien d'immoral dans l'oeuvre de M. Bonnard. « Moi non plus je ne veux pas revenir dans les années 1800. »
Selon Denis Gélinas, directeur du Bureau des projets majeurs à la Ville de Sherbrooke, le site de Bury peut permettre l'enfouissement pour encore deux ans ou deux ans et demi, en tenant compte de l'arrêt des lignes de tri résidentiel et ICI chez Valoris. Le chantier de construction est pourtant prévu au printemps 2021.
Le site d'enfouissement de Valoris pourra être agrandi
La Ville de Sherbrooke donne son aval pour un emprunt de 901 160,21 $ de Valoris, qui doit effectuer des études avant d'agrandir le site d'enfouissement de Bury. Si la situation de Valoris continue d'inquiéter les élus, cette décision était incontournable et mènera à la construction d'une nouvelle cellule d'enfouissement évaluée à 2 M$.
Selon Denis Gélinas, directeur du Bureau des projets majeurs à la Ville de Sherbrooke, le site de Bury peut permettre l'enfouissement pour encore deux ans ou deux ans et demi, en tenant compte de l'arrêt des lignes de tri résidentiel et ICI chez Valoris. Le chantier de construction est pourtant prévu au printemps 2021.
« Nous n'avons pas le choix. L'activité principale de Valoris est l'enfouissement. L'insertion du centre de tri a été réfléchie pour intercepter les matières et diminuer les quantités enfouies. Nous avons identifié des contraintes que nous devrons améliorer, si bien que nous devançons de deux ans nos démarches. Nous voulons éviter d'avoir à transporter des matières résiduelles en dehors du site et devoir payer le transport. Nous accélérerons la démarche auprès des instances décisionnelles pour que les conclusions viennent le plus rapidement possible », explique-t-il.
Denis Gélinas estime qu'il faut généralement 36 mois pour compléter l'ensemble du processus, alors que les études qu'on s'apprête à lancer dureront un an.
Il n'est pas impossible que de l'opposition soit soulevée, généralement des voisins du site qui pourraient être incommodés par des odeurs ou par la circulation des camions, convient M. Gélinas. « Nous entendrons les préoccupations de la MRC et nous nous ajusterons. »
11 ans au lieu de 13
« Est-ce que l'agrandissement se fait en fonction du fait que Valoris redevienne fonctionnel », a interrogé Christine Ouellet.
« Ce qu'on cherche, c'est aller cherche une quantité de matière qu'on peut enfouir. Même si on ne l'enfouit pas aussi vite que prévu, le site durera plus longtemps. Le site était prévu pour 13 ans. Il aura duré 11 ans. C'est quand même bon, surtout que nous avons accusé des retards dans la construction du centre de tri », répond M. Gélinas.
On visera maintenant une durée de vie située entre 12 et 15 ans pour la nouvelle cellule.
« Nous venons d'aller en appel d'offres et une cellule d'enfouissement coûte environ 1,8 M$, donc nous nous attendons à des prix semblables. Dans trois ans, ce sera peut-être dans l'ordre de 2 M$. »
Les élus en ont profité pour revenir sur la situation générale de Valoris.
Fermeture de lignes
« Ce qu'on apprend au fur et à mesure dans ce dossier m'inquiète. La fermeture de lignes de tri est un effet collatéral de ce qui s'est passé auparavant. J'aimerais savoir s'il y aura d'autres surprises comme celles-là », interroge Bruno Vachon.
« L'agrandissement du site d'enfouissement avait été évoqué quand M. [Jean-François] Sornin (NDLR : directeur-général de Valoris) est venu il y a quelques semaines. Nous avons appris la fermeture des lignes de tri par la suite. Ce n'est pas quelque chose qui a été caché. Lors de la dernière séance du conseil d'administration, j'ai proposé qu'on revoie la gouvernance de Valoris, qu'on ajoute des experts en gestion des matières résiduelles », précise Annie Godbout.
« Il faudrait peut-être être prudent et laisser la chance à ceux impliqués dans le dossier de travailler. J'ai hautement confiance en nos hauts fonctionnaires et aux élus qui siègent à Valoris » a prévenu Jean-François Rouleau.