Le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke explorera une nouvelle solution pour dénouer l’impasse avec des propriétaires du chemin Laliberté, qui menacent de bloquer le sentier de motoneige passant sur leur terrain.

Motoneiges: une solution soumise au comité exécutif

Le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke explorera une nouvelle solution pour dénouer l’impasse avec des propriétaires du chemin Laliberté, qui menacent de bloquer le sentier de motoneige passant sur leur terrain. Le conseiller Pierre Tremblay suggère d’offrir un crédit de taxes aux propriétaires qui accordent des droits de passage aux motoneiges et aux quads.

Le vice-président au développement des sentiers du Club de motoneige Harfang de l’Estrie, Marc Lachance, a déposé une lettre d’appui de la Fédération des motoneigistes du Québec au conseil municipal, lundi. Il a interpellé les élus, leur rappelant l’importance de l’industrie de la motoneige au Québec et en région.

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« En Estrie, nous avons 1900 kilomètres de sentier, 4500 membres et 6016 plaques d’immatriculation en 2018. Les retombées sont de 27 M$ », a plaidé M. Lachance.

Rappelons que la Ville a rejeté une demande de changement de zonage visant à ramener l’usage commercial sur des terrains du chemin Labonté désormais à usage rural. Accéder à une telle demande aurait nécessité une modification au schéma d’aménagement. Les propriétaires menacent de retirer les accès aux motoneiges et aux quads si leur demande est refusée.

« J’aimerais qu’un seul conseiller puisse se mettre dans la peau d’un propriétaire et me dise qu’ils n’auraient pas fait la même chose. Pourquoi ne pas réévaluer l’évaluation des terrains pour qu’ils paient le juste prix », a entre autres demandé Marc Lachance, rappelant que le sentier Trans-Québec de motoneige est en péril.

Anne-Marie Leclerc, présidente du Club quad Arc-en-ciel de l’Estrie, estime quant à elle que les quadistes se retrouveront enclavés à Sherbrooke si le sentier Trans-Québec n’est pas ouvert. C’est qu’un autre accès est bloqué dans le secteur de Lennoxville. « Nous sommes un carrefour giratoire entre Brompton et Magog. Nous ne pouvons donc plus sortir de notre territoire. Au lieu d’avoir 41 km, les gens en ont maintenant 15. Nous vivons de subventions et de membres. Nous avons un projet de sentier permanent d’ici quatre ans le long de l’autoroute, mais si je perds mes membres, je n’aurai plus d’argent, donc pas de sentier permanent. »

Le maire Steve Lussier dit avoir reçu une lettre de BRP également, qui lui rappelait l’importance économique des motoneiges. « On se tourne vers de nouvelles façons de faire. J’interpellerai le comité exécutif demain [mardi]. La Ville de Saguenay est une des rares qui ont mis un plan en force avec les associations de motoneige. »

Il a réitéré que la décision reviendrait néanmoins au conseil municipal et a rappelé qu’il a présenté le dossier à l’Union des municipalités du Québec pour la création de sentiers permanents.

Pierre Tremblay y est allé d’une suggestion concrète. « Je verrais très bien d’avoir un crédit de taxation pour les propriétaires [accordant des droits de passage]. Ça pourrait leur donner un petit baume et vous pourriez avoir une meilleure relation avec eux. »

Il demande aux propriétaires de faire preuve d’ouverture en attendant de trouver une solution applicable pour 2020.

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, a rappelé qu’il a beaucoup d’empathie pour les propriétaires et les motoneigistes, mais que pour la cohérence du développement de la ville, il n’était pas logique de redonner les usages initiaux. « Nous ne pouvons pas avec des menaces de citoyens prendre des décisions émotives. Si nous cédons aux menaces, nous ne servirons pas les citoyens… Urbanistiquement parlant, je ne recommanderai pas de revoir cette décision. »

Pierre Vaillancourt, propriétaire d’un des terrains concernés, estime que sa propriété a perdu 75 % de sa valeur depuis le changement d’usage. Il se défend de vouloir prendre les motoneigistes en otage. « Nous ne voulons nuire à personne. C’est la seule façon de nous faire entendre. »