Cynthia Tellier-Champagne, propriétaire du Studio d’art Shuffle, a fondé une entreprise vendant des fournitures artistiques écologiques et qui offrira bientôt un espace d’apprentissage et de création artistique dans ce même esprit.

«Mosaïque d’idées» pour prendre soin de la planète [PHOTOS]

Il ne faut pas attendre la solution parfaite pour changer ses habitudes, croit la scientifique Lyne Morrisette de l’organisme Mission 100 tonnes. En conférence au Salon de la famille écoresponsable, où les propositions fourmillent, la spécialiste du ramassage de déchets au bord des cours d’eau invitait plutôt les gens à « accepter l’imperfection » et à collectivement former une « mosaïque d’idées » pour faire une différence.

« Il faut parler d’espoir plutôt que de problème », a partagé celle qui, même en matière de nettoyage des berges, insiste pour mettre le ludisme de l’avant. 

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Un enthousiasme et un désir de solution qui est assurément partagé par les plus de 40 exposants venus dévoiler leurs entreprises écoresponsables samedi et dimanche chez Sercovie, en ce deuxième Salon de la famille écoresponsable. 

Restauration, vêtements, cosmétiques ; une panoplie de domaines sont propices aux solutions. C’est d’ailleurs en s’interrogeant sur l’impact du matériel artistique que Cynthia Tellier-Champagne a démarré la seule boutique de fournitures artistiques écologiques au Canada, le Studio d’art Shuffle. Basée sur une ferme à Sawyerville, la jeune entrepreneure a commencé, il y a un an, la vente en ligne de divers produits comme des crayons de couleur en cèdre recyclé et des peintures à base de pigments naturels. 

« Je me suis mise à faire des recherches sur les techniques de grand-mères pour réapprendre à créer des matériaux, explique-t-elle. Par exemple, avec un œuf, on peut faire un bon vernis ; avec son jaune, on peut faire un liant à peinture et avec la coquille, à l’aide d’un long procédé de cinq semaines, on peut faire un pigment blanc pour la peinture. Avec des glands, on peut faire une encre noire de grande qualité. » 

Bientôt, elle recevra les clients une fois par semaine dans sa nouvelle boutique studio, où elle prévoit également recevoir des artistes en résidence. En plus d’animer des ateliers dédiés à la fabrication de matériel, elle continuera d’offrir son service de rachat ou d’échange de matériel de seconde main. 

Benoit Lacroix a voulu offrir aux hommes un gamme de produits de toilette naturels qui les appelle : les produits PUR OM. Tout ça avec la collaboration de deux entreprises de la région.

Séduire les hommes 

Benoit Lacroix, propriétaire de PUR OM à L’Ange-Gardien, voyait pour sa part un problème dans le marchandisage de produits de toilette naturels pour homme. « Même s’ils étaient indiqués pour hommes, c’était des formats, des couleurs ou des odeurs pour femmes. Ce n’était pas des produits qui m’appelaient personnellement », dit-il. 

Ayant largement plus d’expertise en administration qu’en fabrication de savon, il a donc approché la Savonnerie des Diligences, « une sommité du domaine », afin de confectionner des barres de savons, de shampoings revitalisants et de crèmes à raser à l’apparence plus sobre et organique. « Ils sont fabriqués avec des huiles essentielles qui ont été choisies pour leurs propriétés particulières en fonction du produit », précise M. Lacroix.  

Pour la confection de porte-savons, de blaireaux et de rasoirs de sûreté (un produit qu’il a lancé samedi), il fait appel à l’expertise de l’entreprise de la région Créations Gaston. 

L’entreprise, qui fêtera sa première année d’existence en novembre, est déjà présente dans une quarantaine de points de vente.

Chrystelle Lapratte s’est lancée dans la confection de films alimentaires « zéro déchet » avec son entreprise La P’tite Fabrique, il y a un peu plus d’un an. Les affaires vont tellement bien qu’elle ouvre sa propre boutique à Donnacona.

Étape à franchir 

« On est rendus là », raconte Chrystelle Lapratte pour expliquer ce qui l’a motivée à se lancer dans la confection de films alimentaires « zéro déchet » avec son entreprise La P’tite Fabrique, il y a un peu plus d’un an. En visite à Sherbrooke pour présenter son entreprise originaire de Donnacona, la jeune entrepreneure ne préservait aucun secret sur la fabrication de ses tissus imbibés : de la cire d’abeille d’un apiculteur de sa région (pour ses propriétés antibactériennes), de l’huile de noix de coco (pour la souplesse) et de la résine de pin (pour une bonne adhésion). Le résultat est un produit complètement biodégradable, réutilisable et d’une durée de vie d’environ un an qui permet de recouvrir divers contenants ou d’envelopper directement des aliments. 

Et les affaires vont bien : La P’tite Fabrique, qui a fait ses premiers pas sur Etsy pour ensuite fouler les tablettes d’une quarantaine de commerces, possède maintenant une boutique physique. « Je pense que j’ai commencé au bon moment. Ça n’existait presque pas sur le marché quand j’ai commencé. » 

Pour plus d’information : 

Salon de la famille écoresponsable
Mission 100 tonnes
Studio d'art Shuffle 
PUR OM
La P'tit Fabrique

Plus de 40 exposants seront venus à la rencontre des citoyens durant les deux jours du Salon de la famille écoresponsable, les 19 et 20 octobre.