La résolution des conseillers Jean-François Rouleau et Pierre Tardif, qui proposait un moratoire sur les dépenses liées à la desserte d'un vol commercial à l'aéroport de Sherbrooke, a été défaite par un vote de 15 contre 4 lundi au conseil municipal.

Moratoire: la résolution de Rouleau et Tardif défaite à 15 contre 4

La résolution des conseillers Jean-François Rouleau et Pierre Tardif, qui proposait un moratoire sur les dépenses liées à la desserte d'un vol commercial à l'aéroport de Sherbrooke, a été défaite par un vote de 15 contre 4 lundi au conseil municipal. Hélène Dauphinais et Annie Godbout sont les seules à avoir soutenu leurs collègues.
Dans la résolution lue par M. Rouleau, il était demandé de mettre fin à l'appel d'offres en cours pour trouver un nouveau consultant au dossier, de faire un rapport public de toutes les démarches réalisées par Harvey International pour le développement de l'aéroport depuis 2012 et de déposer le libellé du mandat et de la description de tâche du directeur général de la Corporation de l'aéroport de Sherbrooke.
« Je ne suis pas contre le fait que nous investissions dans l'aéroport et que nous maintenions des services pour des vols nolisés. Mais un service aérien quotidien ne marchera jamais. C'est utopique de faire croire ça aux gens », a lancé M. Rouleau.
Le président du conseil, Serge Paquin, a rapidement mentionné qu'un état de la situation devait être présenté en atelier de travail le 10 avril.
« L'idée d'un moratoire est une très mauvaise idée. Il y a eu beaucoup de discussions et il y en a encore avec des compagnies aériennes. La première chose que nous faisons, c'est que nous signons une entente de confidentialité. Je comprends qu'il peut y avoir un peu de frustration quand on n'a pas toute l'information à mettre sur la place publique. Des enquêtes ont été menées sur les déplacements des gens d'affaires, et ce qu'ils veulent, c'est de l'efficacité. Dans la littérature, on note qu'il y a une relation entre la croissance économique et les services commerciaux », a commenté le maire Bernard Sévigny. Plusieurs ententes de confidentialité auraient été signées, signifiant que plusieurs transporteurs seraient en discussions avec la Ville.
Il a par ailleurs rappelé que l'aéroport coûte en ce moment 500 000 $ par année. « Je demande au conseil qu'on choisisse Sherbrooke. On peut bien envoyer la communauté d'affaires à l'extérieur et favoriser le développement autour de l'aéroport de Bromont et de Saint-Hubert... »
Pierre Tardif s'est interrogé à savoir pourquoi le contrat de 100 000 $ pour l'embauche d'un nouveau consultant devait être octroyé rapidement si le point doit être fait dans les prochaines semaines. L'appel d'offres en ce sens prend fin le 23 mars.
Partage de risques
Hélène Dauphinais suggère une approche en partage de risques avec les gens d'affaires, qui pourraient s'engager à acheter un certain nombre de billets chaque année. « Ça rassurerait la population. »
Nicole Bergeron dit qu'il est normal qu'on se pose des questions. « Je veux choisir Sherbrooke, mais est-ce que les autres paliers de gouvernement choisissent Sherbrooke? Si les autres n'embarquent pas, on a le droit de reconsidérer. »
Annie Godbout souhaite avoir une vue globale sur les coûts afférents au projet.
Le dernier atelier de travail complet sur le sujet s'est tenu en août 2015. « Il y a une portion de ce temps où on n'a pas fait de démarchage. Il n'est pas question de proposer un moratoire sur le développement économique de la ville. Mon message sera de convaincre mes collègues que c'est un outil de développement économique », résume le maire Sévigny.
L'ensemble des coûts ne pourra pas être présenté parce que c'est ce qui fait l'objet des négociations. « Quand nous aurons une entente, nous présenterons les chiffres au conseil. Nous avons pensé à plusieurs modèles de partage de risque comme le propose Mme Dauphinais, et quand ce sera mûr, ce sera présenté au conseil. »
Le comité exécutif doit se pencher mardi sur l'opportunité d'embaucher un consultant avant que les élus profitent d'une mise à jour. Le contrat porterait sur une banque d'heures de travail. « Nous en discuterons, mais je pense qu'à 15 contre 4, la volonté a été assez claire au conseil pour prendre une orientation. »