Monique Lortitch a été élue le 26 août à la tête du Syndicat des cols bleus de Sherbrooke.
Monique Lortitch a été élue le 26 août à la tête du Syndicat des cols bleus de Sherbrooke.

Monique Lortitch : femme de tête et de bras

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Pour la première fois de son histoire, le Syndicat des cols bleus de Sherbrooke sera dirigé par une femme, Monique Lortitch. Après avoir fait de l’asphaltage, du béton, du déneigement, de la tourbe et de l’entretien ménager, celle-ci se dit prête à relever le défi.

« Les choses ont bien évolué », fait remarquer celle qui travaille pour la Ville de Sherbrooke depuis 13 ans. « À l’époque, nous étions deux femmes sur une cinquantaine d’employés à la voirie. Aujourd’hui, sur un total d’environ 500 cols bleus, on doit compter 100 femmes », estime Mme Lortitch. 

Bien qu’on soit encore loin d’une parité homme-femme dans ce secteur d’emploi, la nouvelle présidente perçoit sa nomination comme une belle preuve de confiance et d’ouverture de la part de ses collègues.

« De par le vote, sans nommer les chiffres, on voit qu’il y a un réel changement dans les mentalités. Toutefois, il reste encore du travail à faire », mentionne celle qui vient d’avoir 53 ans. 

« Il y a quelques années, alors que je faisais partie d’une équipe composée d’hommes, mon supérieur immédiat avait dit au contremaître du chantier qu’une femme, "ça ralentissait le travail sur le terrain". Ça m’avait complètement fait sortir de mes gonds », raconte Mme Lortitch, qui précise être très active et se garder en forme quotidiennement.

Elle ajoute que cet événement l’a particulièrement marquée puisque l’homme en question avait une femme et une jeune fille. « On est bien loin de l’ancienne génération où les hommes travaillaient des heures de fous pendant que les femmes restaient à la maison pour élever les enfants. Ce n’est plus ça », déplore celle qui s’était fait un plaisir de remettre l’individu à sa place.

« J’ai aussi une fille et une petite-fille et c’est pour elles que je défends la place des femmes dans la société. J’ai toujours été fonceuse et un peu hors-norme. Si je peux leur ouvrir des portes pour l’avenir, c’est sûr que je vais de l’avant », confie-t-elle.

Une approche différente

Bien que l’emphase soit mise sur le fait qu’elle soit la première femme à obtenir le titre de présidente du Syndicat des cols bleus de Sherbrooke, Mme Lortitch rappelle avoir de l’expérience dans le milieu syndical.

« Je n’arrive pas là par hasard. J’étais déjà assise autour de la table de négociations, précise-t-elle. Nous avons une belle équipe et même si je sais que ce ne sera pas facile de représenter 500 personnes de secteurs disparates et qui, en plus, ne sont pas toutes dans la même bâtisse, j’ai vraiment confiance. »

D’ailleurs, les rencontres concernant la convention collective échue depuis décembre devraient reprendre vers la fin du mois de septembre. « Les femmes amènent d’autres idées et ont d’autres façons de voir les choses. Je souhaite miser sur une approche différente, plus axée sur l’humain. Je ne dis pas que l’on sera toujours en accord, mais ce sera assurément intéressant », affirme Mme Lortitch.

« Les barrières, c’est nous qui nous les mettons. Il n’y a rien de facile, mais tout est possible », conclut-elle.