« Contrairement à ce que les gens peuvent penser, nos services ont fait des études qui prouvent que les maisons avoisinantes ne seront pas dévaluées », assure la conseillère Danielle Berthold.

Minimaisons: un pas en avant pour le Petit Quartier

Le projet du Petit Quartier, composé de 73 minimaisons, a franchi une étape importante en obtenant une première approbation du conseil municipal de Sherbrooke mardi soir. Le processus pour l'adoption d'un projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble est enclenché pour que le projet de coopérative voie le jour dans le prolongement de la rue des Semailles, dans l'arrondissement de Fleurimont.
Ayant porté le projet depuis le début, Richard Painchaud se disait fier de voir une résolution enfin adoptée. « Notre très grand souci de l'environnement fait en sorte que pratiquement 60 % de tout notre site sera préservé en zone de conservation naturelle, assurant ainsi aux résidants du secteur Virginie-Laflamme que jamais ils n'auront de voisins derrière chez eux. Des clôtures végétales assureront aussi la quiétude des résidants du chemin Duplessis », assure-t-il.
Concrètement, le projet consiste à construire 73 habitations unifamiliales en quatre « pochettes ». Toutes seront construites sur des dalles de béton et auront une superficie de 44,59 mètres carrés. Elles pourront avoir un ou deux étages. Une aire d'agrément est prévue avec un bâtiment communautaire et une piscine extérieure. Une rue principale traversera le projet alors que de sentiers donneront accès aux maisons.
« N'achète pas qui veut une maison du Petit Quartier. Une enquête de vérification des antécédents criminels a été effectuée sur chacun des résidants. Nous avons déjà 71 acheteurs qualifiés. Près de 30 % sont des retraités et il y a à peu près la même proportion de jeunes familles. Un autre 40 % est composé de couples et de personnes seules. Le profil de nos résidants est plus éduqué que la moyenne. Une bonne part travaille dans le domaine de la santé », mentionne M. Painchaud.
« C'est un projet qui a été réalisé sans profit, sans salaire et qui a permis à plusieurs personnes de se qualifier pour l'achat d'une première maison. »
Unique au Canada
Richard Painchaud avance qu'une telle coopérative de minimaisons en milieu urbain est unique au Canada, et peut-être même en Amérique du Nord.
Le terrain visé dispose d'une topographie accidentée et est traversé par trois cours d'eau, dont le ruisseau Dorman. 8,59 hectares seraient protégés, mais 0,42 hectare de milieux humides devraient être détruits.
« Contrairement à ce que les gens peuvent penser, nos services ont fait des études qui prouvent que les maisons avoisinantes ne seront pas dévaluées », assure la conseillère Danielle Berthold. « La plus proche maison sur la rue Virginie-Laflamme sera à 50 mètres du quartier. Le concept de minimaison nous permettra d'utiliser le terrain de façon intelligente et à son maximum. Si on avait un fait un développement standard, il aurait été difficile de rentabiliser l'espace. »
Une séance d'information est d'ailleurs prévue pour les résidants de la rue Virginie-Laflamme le 12 septembre. « La philosophie est de rencontrer les gens pour répondre aux questions avant d'arriver en consultation publique. Avant de s'opposer, il faut être au courant du projet et poser toutes les questions au promoteur. »
Une consultation officielle se tiendra le 25 septembre à 19 h, au bureau d'arrondissement de Fleurimont.
Selon Danielle Berthold, la valeur des maisons construites variera entre 101 000 et 150 000 $. « Ce ne sont pas des roulottes. Il faut bien le comprendre. Et comme il s'agira d'une coopérative, la communauté ne laissera jamais le terrain aller à l'abandon. Je ne peux pas voir comment on pourrait être contre un aussi beau projet. »
La Fédération des coopératives d'habitation de l'Estrie tiendra quant à elle une séance d'information le 19 septembre à 19 h, à la bibliothèque Eva-Senécal, où elle présentera trois projets, dont celui du Petit Quartier.