Michée Roy

Michée Roy recouvre sa liberté

Michée Roy, qui était détenu depuis la mort violente de son garçon de 3 mois en janvier 2015, a pu recouvrer sa liberté, mardi après-midi, en attendant la tenue de son nouveau procès.

Le juge Yves Tardif, de la Cour supérieure, a imposé à Roy une série de conditions, dont celles de ne pas avoir de contacts avec des enfants de moins de 16 ans et de respecter un couvre-feu de 22 h à 7 h. 

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Le juge lui a aussi ordonné de se trouver du travail rapidement. S’il le faut, Roy devra aller offrir ses services « dans tous les restaurants de Sherbrooke », quitte à y laver la vaisselle, lui a ordonné le juge.

Roy a été condamné, en mars 2017, à 12 ans de prison pour homicide involontaire coupable sur son bébé. Ce dernier a été admis à l’hôpital en janvier 2015 où il est resté jusqu’à son décès, six mois plus tard.

L’accusé, âgé de 38 ans, a toutefois obtenu le droit à un nouveau procès auprès de la Cour d’appel du Québec, à la suite du dépôt d’une nouvelle preuve médicale basée sur l’expertise d’un neurologiste ontarien.

L’avocat de Roy, Me Félix-Antoine Doyon, a rappelé au juge Tardif que cette nouvelle preuve pouvait amener « une nouvelle perspective » quant aux circonstances ayant entraîné la mort de l’enfant.

De plus, selon Me Doyon, le nouveau procès allait permettre de « faire le débat » sur les critères scientifiques et médicaux qui doivent entourer un procès dans le cas d’un bébé mort secoué, comme c’est le cas dans d’autres juridictions à travers la planète.

L’avocat de la défense a profité de cette audition pour dénoncer les barèmes de l’Aide juridique qui ne permettent pas actuellement de dédommager à leur juste valeur les experts appelés à témoigner ainsi que la somme de travail que requiert pour un avocat une cause comme celle de Michée Roy.

Il a indiqué avoir personnellement consacré plus de 250 heures à cette cause et que l’expert convoqué lors du procès a accepté de livrer son expertise « pro bono », c’est-à-dire pour le bien public.

« La loi ne permet pas à M. Roy d’avoir accès à des experts afin que j’assume sa défense, a déclaré Me Doyon. Je refuse de piloter ce dossier-là sur ces bases-là », s’est-il insurgé. 

Après avoir entendu les arguments des deux juristes, le juge Tardif a demandé aux gardiens d’amener l’accusé, pieds et poings menottés, dans le box des accusés.

Le juge lui a alors demandé ce qu’il entendait faire s’il était remis en liberté, ce à quoi Michée Roy a répondu qu’il avait l’intention de retourner vivre chez sa mère et de se trouver « un métier respectable », tout en s’occupant de son dossier.

« Actuellement, c’est difficile de m’occuper de mon dossier en étant en-dedans », a indiqué Roy au juge avant la pause du midi.

À la reprise, le juge Tardif a de nouveau fait venir l’accusé devant lui afin de lui expliquer les conditions « sévères » de sa remise en liberté. Il lui a alors demandé s’il avait des chances de se trouver du travail rapidement une fois sorti de prison. Ce à quoi Roy lui a répondu qu’il avait obtenu l’engagement d’un ancien employeur de lui offrir du travail dans le domaine de la construction. 

Or, le magistrat ne s’est pas contenté de cet « engagement ».   

« Je vais vous en trouver une job, moi. Si vous ne trouvez pas d’emploi dans la construction, écoutez bien ce que je vous dis, ce n’est pas une blague. Vous allez postuler dans tous les restaurants. Il y en a des emplois dans les restaurants, c’est à tour de bras. Même si vous n’êtes pas capable de faire des hot dogs ou des hamburgers, vous laverez la vaisselle… Vous devrez postuler dans tous les restaurants tant que vous ne serez pas capable de trouver un emploi. Est-ce que c’est clair? » a demandé le juge Tardif.

« Oui, c’est clair », a répondu Roy. 

Aucune date n’a encore été retenue pour la tenue du nouveau procès. Le juge a toutefois ordonné à Roy d’être présent à chacune des étapes menant au futur procès.