Matières compostables : les sacs passent le test

BURY — La grande majorité des sacs compostables vendus à Sherbrooke rencontrent les normes pour se décomposer dans les délais souhaités.

Si dans un monde idéal les matières organiques devraient être déposées librement dans le bac brun, les Sherbrookois peuvent utiliser des sacs compostables afin de les acheminer au site de l’entreprise Englobe à Bury.

Sur les 30 000 tonnes de matière organique que Englobe traite à son site de Bury, plus de 15 000 tonnes proviennent des bacs bruns que les Sherbrookois déposent au bord de la rue chaque semaine.

Sherbrooke n’est pas soumis aux nouvelles normes qui interdisent l’utilisation de sacs compostables pour les matières organiques.

« L’idéal demeure de mettre les matières dans un papier journal, du carton non ciré ou des sacs en papier afin de recueillir les matières organiques en vrac », explique le directeur du développement des affaires et des nouveaux produits chez Englobe, Serge Loubier.

Les sacs compostables, qui sont très populaires auprès des citoyens pour éviter certains inconvénients dont les odeurs et les vers blancs, doivent être certifiés compostables par le Bureau de la normalisation du Québec – BNQ. Le logo en ce sens doit apparaître sur la pellicule qui sert de sacs pour les matières compostables.

« Nous ne devrions même pas appeler ça un sac, mais une membrane. Elle est conçue pour se désintégrer rapidement », rappelle M. Loubier.

La Tribune a réalisé une tournée de différents bannières et endroits où il est possible de se procurer des sacs compostables à Sherbrooke.

Selon l’analyse de Serge Loubier d’Englobe, qui traite les matières organiques des Sherbrookois à son site de Bury, seuls les sacs de marques « Hercules » ne correspondent pas à la norme acceptable même s’il y est mention de la norme BPI et qu’il est spécifié qu’ils sont compostables.

Les ustensiles et autres récipients compostables sont aussi intégrés au processus de compostage de Englobe.

« Les bioplastiques ne sont pas compostés à 100 pour cent dans notre processus qui prend environ de 15 à 18 mois. Ce qu’il reste est retiré lors des opérations de tamisage. Le nœud du sac compostable peut aussi prendre un peu plus de temps à se désintégrer », indique Serge Loubier.

On trouve de tout!

Des fours micro-ondes, des boules de quilles, des toiles, même des vibrateurs, mais surtout beaucoup de sacs de plastique se retrouvent à travers les matières organiques qui sont déposées dans les bacs bruns.« 

La pire chose demeure le verre qui peut contaminer plusieurs tonnes de compost parce qu’il est difficile à retirer lors du tamisage. Les cornichons pourris doivent être retirés de leur pot ou les fleurs retirées du pot en céramique avant de placer le contenu au compost », souligne Serge Loubier.

Des 30 000 tonnes de matière qui sont traitées annuellement à Bury, seulement 3 pour cent sont détournés vers le site d’enfouissement parce qu’elles ne sont pas compostables.

« Il faut payer pour enfouir ces matières qui ne devraient pas se retrouver dans le bac brun. Sans ces matières indésirables, la qualité pourrait être encore meilleure », explique le directeur général d’Englobe pour l’Estrie au centre de traitement de sol et de la biomasse, Olivier Sylvestre.