Martine Ouellet s’est rendue à Sherbrooke et a participé à la vigile en soutien au prisonnier d’opinion à la demande d’Ensaf Haidar, la conjointe de Raif Badawi.

Martine Ouellet joint sa voix pour Raif

« J’ai vu dernièrement Justin Trudeau aller parader à l’international, mais les relations internationales, ce n’est pas des parades. Les relations internationales, c’est d’aller libérer Raif Badawi et c’est simplement de l’humanité. »

Martine Ouellet n’y est pas allée par quatre chemins, vendredi, lors de la 167e vigile en soutien au prisonnier d’opinion Raif Badawi. La chef du Bloc québécois y a interpellé Justin Trudeau à de nombreuses reprises.

« Au Québec on a fait toutes les démarches possibles pour qu’il obtienne sa citoyenneté, mais tant que le Québec est dans le Canada, ça prend une citoyenneté canadienne, déplore-t-elle. Maintenant que Raif Badawi a été ajouté à la liste de pardon du prince, il est temps de se réactiver. Justin Trudeau a dit en décembre 2015 qu’il voulait tout faire et qu’il voulait que ça se fasse rapidement. Ça fait plus de trois ans et on n’a toujours pas de résultat. Ce serait le temps qu’il octroie la citoyenneté canadienne à Raif Badawi et qu’on se déplace en Arabie Saoudite pour aller le chercher. »

Martine Ouellet estime également que le travail du Canada ne se limite pas à simplement faire libérer le blogueur.

« Ce que me dit sa femme, c’est qu’à sa sortie de prison, la vie de Raif sera en danger parce que des gens ne partagent pas ses opinions. Il faut le protéger. C’est la responsabilité du Gouvernement canadien de le ramener auprès de sa famille qui a choisi de s’établir ici à Sherbrooke. Je ne vois aucune raison qui explique pourquoi le gouvernement n’agit pas. Il y a eu plein de belles paroles, mais il n’y a pas de résultats. Ça fait presque six ans qu’il est emprisonné dans des conditions inhumaines. Sa vie est en danger. »

À la demande d’Ensaf

Mme Ouellet s’est rendue à Sherbrooke et a participé à la vigile à la demande d’Ensaf Haidar, la conjointe de Raif Badawi, qui l’a contacté par l’entremise de Djemila Benhabib, écrivaine et militante indépendantiste, qui était également présente devant l’hôtel de ville.

« Elle a demandé à me rencontrer. C’était prévu la semaine dernière, mais en raison des événements qu’on connaît on a reporté cette semaine », explique Martine Ouellet.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, était également sur place tout comme les trois enfants de Raif Badawi. En tout, une trentaine de personnes se sont déplacées.

Crise au Bloc Québécois : régler la question une fois pour toute

Martine Ouellet a profité de son passage à Sherbrooke pour aborder la crise qui secoue son parti depuis le départ de sept de ses dix députés il y a un peu plus d’une semaine. Elle explique vouloir tenir un référendum pour régler la question une fois pour toutes.

« C’est la plus large consultation possible et la plus large démocratie possible au sein du Bloc, explique-t-elle. Les membres du Bloc québécois ont décidé de faire évoluer la mission du parti. C’est la démocratie. Mais on vient de voir sept députés ne pas respecter la démocratie, ne pas travailler à l’intérieur des instances et faire des déclarations dignes de la calomnie. Ça nuit au Bloc québécois, ça nuit à l’ensemble du mouvement souverainiste indépendantiste. »

« Il y a un grand appui des membres, poursuit-elle. Ce qui est surréaliste, c’est que des députés démissionnaires qui ne sont pas content parce qu’ils disent que je parle trop d’indépendance. Le Bloc québécois est un parti indépendantiste. C’est comme si on disait à la chef du parti vert qu’elle parlait trop d’environnement. »

Le bureau national du parti a soumis, jeudi, une proposition en trois temps : devancer le prochain conseil général, proposer aux délégués un référendum pour consulter l’ensemble des 20 000 membres du parti et réitérer l’offre de médiation aux sept députés dissidents.

Le bureau national, qui a offert son « appui indéfectible » à Mme Ouellet, tiendra une réunion samedi pour déterminer les modalités de ce référendum. Cette proposition sera ensuite soumise aux délégués lors du prochain conseil général qui sera devancé d’un mois à la mi-avril. Quoi qu’il arrive, la chef promet qu’elle respectera la majorité absolue, soit 50 pour cent des voix plus une.

Martine Ouellet s’est défendue en entrevue avec La Presse canadienne de vouloir organiser un référendum pour éviter un vote de confiance hâtif. « On ne règle pas une question de mission par un vote de confiance », a-t-elle dit.

La chef bloquiste soutient que la crise trouve plutôt son origine dans l’affrontement entre deux visions sur le rôle du Bloc québécois, comme véhicule de promotion et de préparation de l’indépendance ou comme défenseur des intérêts du Québec. Martine Ouellet maintient que le parti peut faire les deux tout en mettant l’accent sur la première approche.  -  Avec La Presse canadienne