George Floyd
George Floyd

Manifestation en soutien à George Floyd : la FCCE appelle les Sherbrookois à se mobiliser

SHERBROOKE — Le racisme existe en Estrie. Mais des marches comme celle de dimanche en soutien à George Floyd ont le pouvoir de changer les choses, estime la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, qui espère voir une foule immense prendre le départ du Marché de la gare et défiler dans les rues de Sherbrooke.

La FCCE voit d’un bon œil la manifestation qui se mettra en branle à 10 h.

« Pour nous, cette manifestation est une façon de démontrer notre solidarité envers la communauté afro-américaine par rapport à ce qui est arrivé à George Floyd. Mais c’est aussi une occasion de dénoncer les actes de racisme dont fait l’objet la communauté noire ici à Sherbrooke et ailleurs au Canada », précise Emmanuel Kambi, porte-parole de la FCCE et membre du comité jeunesse.

Car le racisme existe bel et bien à Sherbrooke, souligne M. Kambi. « Je pense que oui. Ce n’est peut-être pas dans la même proportion qu’aux États-Unis, mais il y a des actes haineux dont font l’objet certaines personnes immigrantes, ici à Sherbrooke, encore aujourd’hui ». 

Il rappelle qu’en 2017, Statistique Canada avait classé Sherbrooke au 12e rang parmi les villes canadiennes ayant enregistré le plus haut taux de crimes haineux, tout juste derrière Montréal. Trois ans plus tôt, en 2014, Sherbrooke occupait le 6e rang de ce palmarès. 

Au Québec, comme ailleurs au Canada, le racisme a fait l’objet de nombreux rapports d’enquête qui ont démontré un racisme systémique à l’égard de certaines communautés.

M. Kambi reconnaît que, globalement, les relations se sont améliorées ces dernières années entre la population immigrante et la communauté d’accueil. C’est le cas aussi avec les différents corps policiers de la région, dont le dialogue, amorcé au milieu des années 1990, se poursuit encore aujourd’hui.

« On a remarqué une amélioration. Il y a aujourd’hui plus d’ouverture et de tolérance. Mais le travail est encore immense. Il faut continuer à faire des efforts. Je ne pense pas qu’on en arrivera un jour à dire qu’il y a zéro racisme.

Et pour que les choses changent durablement, il faut commencer par nommer le racisme par ses différentes manifestations que sont la discrimination, le profilage racial et les actes haineux. « Cela fait partie de la réalité ».

Et à ce chapitre, l’adoption de nouvelles lois ne peut suffire, dit-il. « La responsabilité n’incombe pas seulement au gouvernement. La responsabilité incombe à chaque citoyen. Cela doit être un effort collectif qui nous pousse à mettre en place des actions préventives. »

Avec un taux d’accueil de réfugiés parmi les plus élevés au Canada, Sherbrooke est une ville « qui a ouvert ses bras à l’immigration », reconnaît M. Kambi. 

« Mais il y a toujours une frange de la population qui n’a pas encore compris que l’immigration n’est pas une menace, mais bien une richesse pour la société. Et c’est contre cette frange, aussi petite soit-elle, qu’il faut continuer à se mobiliser. Jusqu’au jour où le vivre-ensemble ne sera plus un slogan, mais une réalité. »

Et la manifestation de dimanche en soutien à George Floyd est un exemple.

« Mon souhait, c’est que (cette manifestation) ne soit pas juste une initiative isolée. Il faut qu’il y ait une continuité dans le temps. »