Le directeur de la Régie de police Memphrémagog Guy Roy et le directeur du Service de police de Sherbrooke Dany McConnell joignent leurs forces dans le cadre du programme Accès cannabis.

Lutte au cannabis : les policiers de Sherbrooke et Magog joignent leurs forces

Le Service de police de Sherbrooke et la Régie de police Memphrémagog joignent leurs forces pour l’application de la nouvelle loi sur le cannabis.

Si la possession simple de 30 grammes de cannabis et l’approvisionnement par la Société québécoise du cannabis seront légaux à partir du 17 octobre, les réseaux de vente et de production parallèles sont et resteront illégaux.

« Le but est de maximiser les effectifs dans la lutte aux infractions criminelles. Une pression constante sera exercée auprès des vendeurs et des producteurs des réseaux souterrains. Il est anticipé qu’un marché parallèle existera », signale le directeur du Service de police de Sherbrooke, Dany McConnell, appuyé par son homologue de la Régie de police Memphrémagog, Guy Roy.

Les deux corps policiers insistent sur le fait que la légalisation sur le plan des lois fédérales, provinciales et municipales représentera un défi important.

« L’implantation de cette légalisation est pancanadienne. Tout sera à évaluer », indique M. McConnell.

« Ce qui nous touche le plus demeure la criminalité de vente de stupéfiants au niveau des jeunes. Si l’on est capables de contrôler ce qui se vend de façon illégale, il risque d’y avoir moins de jeunes aux prises avec ce problème de consommation. Actuellement, le cannabis est illégal. À partir du moment où il est légal, il faut retravailler d’une autre façon pour protéger les personnes plus vulnérables », estime le directeur de la Régie de police Memphrémagog.

Cette coalition régionale entre deux corps de police municipaux est une première au Québec. Le programme Accès cannabis est inspiré du programme Accès tabac déjà en vigueur dans les corps de police.

« Nous sommes le seul groupe régional autorisé par le ministère de la Sécurité publique au Québec », signale Guy Roy.

Trois enquêteurs, deux de Sherbrooke et un de la Régie de police Memphrémagog, seront payés par un budget du ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP).

La Sûreté du Québec ne fait pas partie de cette alliance régionale.

« Présentement, la SQ le travaille de façon différente. Ils seront toujours les bienvenus s’ils veulent se joindre à notre équipe. Accès cannabis a été implanté au Québec par le ministère de la Sécurité publique avec un budget spécifique. Douze organisations policières dont la Sûreté du Québec peuvent en bénéficier. Le Service de police de Sherbrooke et la Régie de police Memphrémagog font partie de ces douze organisations. Nous sommes privilégiés de faire partie de ce groupe », indique Dany McConnell.

Il rappelle que le marché souterrain risque d’affecter à la baisse les recettes de l’État et de neutraliser les orientations de la loi qui autorise le cannabis.

« Nous allons continuer à avoir un œil sur les réseaux organisés qui font le trafic de stupéfiants », assure Dany McConnell.

Les corps policiers vont y aller une étape à la fois

« La légalisation du cannabis au Canada a généré un flou général pour les services de police et toutes les organisations. Ce flou-là persiste. Il faudra y aller une étape à la fois. »

Alors que le compte à rebours de la légalisation du cannabis est bien amorcé, le directeur du Service de police de Sherbrooke Dany McConnell est conscient que toutes les facettes ne seront pas précisées avant l’entrée en vigueur de la loi le 17 octobre.

« Tous les efforts au niveau de la formation et de la gestion sont présents. Ce n’est pas le 17 au matin que tout sera réglé, que tous nos policiers seront formés et que tout sera prêt à être appliqué. C’est certain que nous devrons travailler en collaboration avec le DPCP et les différentes instances. Cette légalisation représente un grand défi. C’était plus facile d’appliquer la loi quand le cannabis était complètement illégal au Code criminel. Maintenant, il faut l’appliquer en fonction de différentes compétences », signale le directeur du SPS.

L’entrée en vigueur de la loi arrive rapidement pour les corps de police.

Le directeur McConnell mentionne que les policiers suivent des formations en ligne de la part de l’École nationale de police du Québec.

« Il y a aussi des formations plus pointues dans chacune des organisations, mais je dois vous avouer que ce ne sera pas complété pour le 17 octobre prochain », mentionne le directeur du SPS.

Le directeur de la Régie de police Memphrémagog Guy Roy rappelle que ce corps policier travaille sur le territoire de quatre municipalités, dont trois où le règlement sur la consommation de cannabis dans les lieux publics est différents.

« Avant de l’appliquer, nous allons voir comment nous pouvons l’arrimer », indique Guy Roy.

« À Sherbrooke, la consommation est interdite sur les places publiques. Nous allons gérer cette règlementation avec discernement. Pour le moment, ce seront les débordements et les abus qui seront réprimandés », ajoute Dany McConnell.

Il rappelle que Sherbrooke reste en attente de la mise en place d’une succursale de la Société québécoise du cannabis.

« On s’attend à ce que le marché parallèle persiste. Il va nécessairement s’ajuster à la règlementation. Le marché noir ne sera pas enrayé. Nous attendons encore la mise en place d’une SQDC à Sherbrooke. Les gens n’ont pas encore de place pour s’approvisionner légalement à Sherbrooke. À partir du moment où le cannabis est timbré et acheté de façon légale, il sera possible de le consommer chez vous », signale Dany McConnell.

Les corps de police devront aussi s’ajuster sur le plan des mentalités

« C’est un gros changement dans la culture. Depuis notre entrée en service, nous avons toujours combattu la consommation de stupéfiants. Aujourd’hui, c’est autorisé. Il faudra adapter nos pratiques en fonction de ce qui a été légalisé », explique Guy Roy.

24 heures avant un quart de travail à la SQ

La Sûreté du Québec a par ailleurs précisé sa directive pour la consommation de ses policiers avant un quart de travail.

Le président de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec Pierre Veilleux explique que la directive se base sur celle en matière de consommation d’alcool.

« Il est fortement recommandé de ne pas consommer 24 heures avant un quart de travail. Les policiers doivent s’assurer de ne pas être sous l’influence d’une substance avant leur entrée au travail », indique M. Veilleux.