Le maire Steve Lussier continue d’affirmer que les données changent trop rapidement pour que la Ville de Sherbrooke puisse dresser le portrait de ses finances en temps de crise.
Le maire Steve Lussier continue d’affirmer que les données changent trop rapidement pour que la Ville de Sherbrooke puisse dresser le portrait de ses finances en temps de crise.

Lussier refuse toujours de chiffrer les répercussions de la COVID-19

Le maire Steve Lussier maintient le cap et refuse toujours de chiffrer les impacts de la COVID-19 sur le budget de la Ville de Sherbrooke. Il ne dévoilera aucun chiffre tant que la situation ne sera pas plus stable. La chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, demande quant à elle une séance de travail publique pour exposer la situation financière de la Ville. 

Mme Beaudin rappelle que le report des paiements de taxes, l’annulation des frais de retard pour les factures d’Hydro-Sherbrooke et les baisses de revenus auront des impacts importants. « C’est sûr que c’est difficile à chiffrer, mais le service des finances travaille très fort pour le faire. Il arrive à de bonnes estimations. En temps de crise, il faut informer la population sur l’état des finances municipales. Ils doivent être informés des dilemmes et des défis auxquels nous sommes confrontés comme élus, parce que c’est quand même leur argent qu’on gère. »

La conseillère a donc demandé un état public de la situation. 

Plus tôt dans le conseil, la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, avait déjà précisé que les élus s’intéressent non seulement au budget 2020 qui devra être révisé, mais aussi aux projections pour 2021. « On a une idée du déficit qui devra être comblé, mais tout ça est évolutif. Les annonces que font les différents ministres nous amènent à nous réajuster. À partir du 4 mai, nous aurons à réviser ce que nous avions prévu, parce que la situation est exceptionnelle. »

Steve Lussier ajoute lui aussi que les chiffres bougent énormément. « Je ne sortirai pas des chiffres aléatoires tant que le compte ne sera pas final. »

Comme il l’avait fait la semaine dernière, M. Lussier a évoqué un fonds d’urgence que la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, pourrait mettre sur pied pour aider les municipalités.

« Il est légitime de poser des questions, mais arriver avec des réponses exactes, c’est difficile au moment où on se parle », a ajouté Nicole Bergeron. 

Évelyne Beaudin a rétorqué que les services municipaux étaient « favorables à ce qu’on commence à informer davantage la population sur la situation financière de la Ville pour que les employés soient eux aussi tenus au courant de la situation dans laquelle [la Ville] se trouve. »

Nicole Bergeron a martelé que la situation financière devra être présentée aux élus avant d’être rendue publique. 

Le directeur général, Daniel Picard, a précisé qu’un exercice de raffinement des chiffres était nécessaire avant de les communiquer. « Nous sommes à regarder comment nous pouvons réduire les dépenses au-delà de la COVID. »

En exemple, le maire Steve Lussier cite le télétravail, qui pourrait être plus répandu après la pandémie et générer des économies. Il ajoute n’avoir jamais entendu les services de la Ville prêcher pour une présentation publique des chiffres à ce moment-ci. « Je suis resté surpris des propos de Mme Beaudin. »

Évelyne Beaudin rejette l’argument selon lequel les chiffres bougent constamment. « Ça dénote peut-être une mauvaise compréhension de la réalité de gestion d’une ville. Même en dehors des situations de crise, les chiffres bougent toujours. Un budget, c’est fondamentalement des prévisions. Même si les chiffres bougent plus que d’habitude, ce n’est pas une excuse pour maintenir la population dans l’ignorance. »