Une Chaire de recherche industrielle sur les technologies agricoles est en train de voir le jour à l’Université de Sherbrooke.
Une Chaire de recherche industrielle sur les technologies agricoles est en train de voir le jour à l’Université de Sherbrooke.

L’UdeS veut mieux équiper l’industrie acéricole

Sherbrooke — Le goût du sirop d’érable peut-il être caractéristique de sa région d’origine? Comment peut-on réduire l’impact environnemental d’une cabane à sucre tout en améliorant son rendement? Les propriétaires d’érablières bénéficieront bientôt de l’expertise d’une équipe de scientifiques de l’Université de Sherbrooke spécifiquement dédiée à répondre à ce type de questions de l’industrie, avec la création de la nouvelle Chaire de recherche industrielle sur les technologies acéricoles. 

Le titulaire de cette chaire, le professeur Jean-Michel Lavoie, affirme que celle-ci tentera de rendre la tâche plus facile à ces producteurs, notamment en leur fournissant de nouvelles technologies qui optimiseront la production en la rendant plus constante et reproductible.

« On veut amener des technologies pour notamment automatiser ou être capable de voir les défauts de saveur plus rapidement dans la chaîne. Il y a aussi toute la question des nouvelles normes dans le monde de l’érable, qu’on appelle les normes californiennes. Le taux de plomb est important, et c’est lié jusqu’à un certain point à la machinerie et aux appareils. Un autre exemple est aussi celui des bouilleuses. On veut en amener avec des cycles de recyclage de chaleur et des nouvelles de type hybride pour les petits producteurs. »

Possédant une expertise professionnelle dans le domaine des biocarburants ainsi qu’un héritage familial de connaissances en acériculture, c’est pour « joindre l’utile à l’agréable » que le professeur à la faculté de génie entend transposer les connaissances de l’équipe du laboratoire des technologies de la biomasse vers une « industrie de l’érable 2.0 ». 

« Au cours des dix dernières années, on a monté un laboratoire assez compétitif dans le monde de l’énergie, et dans le domaine des énergies renouvelables principalement, explique M. Lavoie

On a travaillé beaucoup avec l’industrie et mis en place beaucoup d’infrastructures et d’analyses. On a des super beaux jouets dans notre laboratoire et ce que les gens font dans le monde acéricole, ça ressemble beaucoup à certains dossiers qu’on a réalisés dans le domaine de l’énergie. On va prendre les sucres d’une plante et on va concentrer ces sucres-là. Souvent, on fermentait ça pour faire de l’éthanol pour les voitures. Là, on a une autre vocation pour ces sucres-là, mais ça se ressemble pas mal. » 

Autrement, les acériculteurs, qui se partageaient des recettes de 465 millions de dollars entre 11 300 producteurs en 2019 selon les chiffres de leur association, n’auraient peut-être pas accès à ce type de technologie vu l’échelle de leurs productions, fait remarquer le chercheur. 

La nouvelle chaire de recherche, qu’il espère voir démarrer cet automne si les circonstances le veulent bien, permettra la création d’une équipe pluridisciplinaire d’une trentaine de personnes, dont la majorité sera étudiante. Un financement de 550 000 $ sur trois ans lui vient d’ailleurs de lui être octroyé par le Fonds d’appui au rayonnement des régions pour sa concrétisation. 

Des mandats ont directement été confiés par des partenaires, dont font pour l’instant partie Les Équipements Lapierre, le comité de développement de Saint-Romain, la Distillerie du Granit et Aménagement forestier coopératif des Appalaches. 

« On veut s’occuper des vraies problématiques vécues sur le terrain, comme les problèmes de filtration à un certain moment de l’année ou les économies d’énergie, remarque-t-il. On a également toute une portion chimie de la saveur du sirop en elle-même. Les gens sont de plus en plus intéressés à attribuer une saveur à une région de sirop d’érable. On va essayer de contribuer à mettre ça en place. »