Les 3000 panneaux solaires instrumentés généreront une foule de données qui pourront servir à la recherche.

L’UdeS et Hydro-Québec font alliance avec le soleil

Le « plus grand parc solaire dédié à la recherche appliquée au Canada », comme le qualifie l’Université de Sherbrooke, a officiellement été inauguré, jeudi, au parc Innovation-ACELP. L’institution a du même coup annoncé une entente avec Hydro-Québec.

En plus de produire de l’énergie solaire qui peut servir au réseau de l’institution, le parc solaire est une vitrine technologique qui permettra de développer un « savoir-faire exportable » ayant un impact sur la réduction des gaz à effet de serre (GES).

Les 3000 panneaux solaires instrumentés généreront une foule de données qui pourront servir à la recherche. La puissance totale du parc est de près d’un mégawatt, soit approximativement 15 % de la pointe de consommation du campus principal de l’UdeS. 

« Il sera vraiment possible de placer l’économie au cœur de l’environnement pour lutter efficacement contre les GES à l’échelle internationale... L’idée est de développer un savoir-faire exportable, qui aura un impact sur la réduction des GES, pas seulement au Québec, mais partout sur la planète (...) Ce projet comprend aussi un volet important, le stockage. Pour les énergies renouvelables, il y a beaucoup de progrès, mais la question est de voir comment peut-on gérer l’énergie dans le temps, et le stockage est vraiment un élément-clé pour l’ensemble des énergies renouvelables », explique Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats de l’UdeS.

L’énergie qui n’est pas consommée sur le campus peut être réinjectée dans le réseau d’Hydro-Sherbrooke. 

L’inauguration a eu lieu jeudi, mais l’UdeS avait annoncé le déploiement du parc en novembre dernier. 

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada, Marie-Claude Bibeau, a salué l’initiative en soulignant que les projets d’économies d’énergie de l’institution entraînent des économies d’environ 150 000 $ et évitent la production de près de 800 tonnes de CO2 annuellement.  

Parmi les partenaires, on retrouve les entreprises Canam, Rackam et Stace.

L’aménagement du parc a nécessité un investissement de 5,9 M$ financé à 65 % par les gouvernements fédéral et provincial. L’établissement universitaire a assumé le reste.

Échanges de données

Le parc compte une centrale solaire thermique intelligente sur le toit de la centrale thermique de l’UdeS, de même qu’une centrale avec stockage thermique. Il regroupe aussi des panneaux solaires sur le toit du Centre sportif Yvon-Lamarche et celui du Centre de mise à l’échelle, de même qu’une vingtaine de traqueurs solaires sur le campus principal et au parc Innovation-ACELP.

L’UdeS a signé une entente avec Hydro-Québec qui permettra d’évaluer les impacts de l’introduction de l’énergie solaire sur le réseau d’Hydro-Québec. Cette entente intervient alors que la société d’État prévoit l’aménagement d’un parc solaire de 10 mégawatts; l’organisation n’a pas voulu donner plus de détails en raison du lancement des appels d’offres. 

« On veut échanger nos données pour être en mesure de bien comprendre comment les parcs solaires peuvent s’intégrer dans le réseau d’Hydro-Québec », résume Gaétan Lantagne, directeur Projets stratégiques et transverses chez Hydro-Québec. 

Cette entente permettra à l’UdeS et à Hydro-Québec d’échanger des données et devrait mener à la conclusion de projets de recherche. Elle permettra aussi le développement de personnel hautement qualifié. 

M. Aimez a tenu à saluer l’ancien vice-recteur au développement durable, Alain Webster, qui avait déposé le projet sous l’administration de la rectrice Luce Samoisette.

Le ministre des Transports François Bonnardel, également ministre de la région de l’Estrie, a aussi assisté à la conférence de presse, aux côtés du maire de Sherbrooke Steve Lussier.