Louis-Karl Lambert affirme vivre une stigmatisation après avoir été trouvé coupable de divers crimes à caractère sexuel sur une adolescente.

Louis-Karl Lambert: «J’aurais dû avoir plus de jugement»

Si l’impact pour la victime est certain à un point qu’elle a préféré s’abstenir de venir témoigner au tribunal, l’accusé Louis-Karl Lambert affirme vivre une stigmatisation après avoir été trouvé coupable de divers crimes à caractère sexuel sur une adolescente.

En attente de sa peine depuis décembre 2017, moment où il a été trouvé coupable, Louis-Karl Lambert s’est adressé, jeudi, à la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec lors des observations sur la peine dans son dossier.

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L’homme qui avait 29 ans lorsqu’il a commis ces gestes avec une adolescente de 15 ans affirme regretter les événements.

« Je compatis avec la victime. Elle ne doit pas avoir trouvé agréable le processus judiciaire. J’aurais dû avoir plus de jugement que ça. Le gros problème, c’est que cette loi-là, je ne la connaissais pas. Je n’avais jamais entendu parler de la loi sur le consentement où une fille de moins de 16 ans ne peut consentir à avoir des relations sexuelles. Pendant les gestes commis, j’étais dans une grande solitude. Je ne voyais pas le mal que je faisais en ayant une conversation avec elle et en allant la rencontrer », explique Louis-Karl Lambert.

En décembre 2017, la juge Fabi l’a reconnu coupable de leurre informatique d’une adolescente de moins de 16 ans dans le but de commettre une infraction à caractère sexuel, de leurre informatique d’une personne de moins de 18 ans pour exploitation sexuelle, d’incitation à des contacts sexuels, d’attouchements sexuels et d’agression sexuelle.

« Les accusations ont complètement paralysé ma vie. J’ai trouvé la médiatisation très difficile. Je n’ai plus de vie sociale et je suis bloqué de ne pas avoir accès à Internet pour faire des démarches d’emploi », indique Louis-Karl Lambert.

Peine

La procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre demande au tribunal d’imposer de 30 à 36 mois de pénitencier et une inscription à vie du nom de Louis-Karl Lambert au Registre des délinquants sexuels.

« La victime a subi des impacts des gestes », plaide Me Saint-Pierre.

À la lumière du témoignage de Lambert, elle soutient que l’accusé n’est pas encore, aujourd’hui, capable de percevoir le non-consentement de la victime au moment des gestes.

« Il ne démontre aucune empathie envers la victime. Il est centré envers les conséquences qu’il subit, mais aucune introspection vis-à-vis ce que la victime a vécu en raison des gestes qu’il a commis », remarque Me Saint-Pierre.

L’avocate de la défense Me Christine Nasraoui conteste la peine minimale de détention dans cette affaire et croit que la peine appropriée serait de sept mois de détention.

« Les crimes sexuels pour lesquels il a été reconnu coupable ne sont pas en haut de l’échelle de la gravité des gestes sexuels. Pour le leurre, il n’y avait pas de conversation à connotation sexuelle. Il n’y a eu aucune contrainte ou contention a l’endroit de la victime », plaide Me Nasraoui, qui rappelle qu’il n’y a eu qu’un seul événement isolé à caractère sexuel.

Son avocate plaide le manque de jugement de Lambert qui n’avait pas d’antécédent judiciaire.

« Il a compris ce qu’il a fait de faux. Il a des regrets et des remords. Il était dépressif en 2015 au moment des infractions », signale son avocate, qui demande au tribunal d’aider Louis-Karl Lambert « à s’en sortir ».

La juge Fabi imposera la peine le 24 mai.

Victime de 15 ans

Activement à la recherche d’une conjointe sur la page « Spotted célibataire », Lambert a repéré l’adolescente de 15 ans en octobre 2015. Deux semaines après les premières conversations sur les réseaux sociaux, l’homme de 29 ans a attiré la victime chez lui pour commettre plusieurs gestes à caractère sexuel.

Il a entretenu des conversations avec elle pendant deux semaines, malgré la différence d’âge de 14 ans qui rendait illégal le consentement sexuel de la part de l’adolescente. Le 15 novembre 2015, il a réussi à la convaincre qu’ils se rencontrent. Au lieu d’aller faire une promenade en voiture, il l’a emmenée chez lui.

C’est à cet endroit qu’il l’embrasse, tente des rapprochements et contacts sur le divan avant de la conduire dans sa chambre à coucher. Il l’incite alors à des contacts sexuels et l’agresse sexuellement en la touchant à ses parties intimes.

La victime réussit ensuite à se débarrasser de Lambert en lui assénant un coup de coude dans le ventre.