Personne à la Ville de Sherbrooke ne semblait connaître les détails du projet de construction d’une communauté protégée autour du Club de golf Longchamp.
Personne à la Ville de Sherbrooke ne semblait connaître les détails du projet de construction d’une communauté protégée autour du Club de golf Longchamp.

Longchamp: aucun projet déposé à la Ville

SHERBROOKE — Le projet domiciliaire haut de gamme que souhaitent construire les propriétaires du Club de golf Longchamp sur les terrains adjacents au parcours de golf n’a pas encore été déposé à la Ville de Sherbrooke. Élus et fonctionnaires rapportent en avoir eu vent pour la première fois à la lecture de La Tribune lundi matin. 

Invité à commenter le dossier de ce projet de communauté protégée, avec une guérite comme seul point d’accès, le président du comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke, Vincent Boutin, avouait ne pas en connaître les détails. « Personne ne semble au courant du projet à la Ville. J’invite les promoteurs à discuter avec nos services. Les terrains visés sont à l’extérieur du périmètre urbain alors que nous tentons d’éviter l’étalement urbain. J’aurais beaucoup de misère à le commenter. »

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Dans la zone du terrain de golf lui-même, les habitations sont permises sur des terrains d’un minimum de 100 000 m2. Sur le lot adjacent, où le projet pourrait se concrétiser, les terrains doivent avoir un minimum de 1500 m2.

Nicole Bergeron, la conseillère du district de Brompton, où se situe le Club de golf Longchamp, n’a pas entendu parler du projet non plus. « S’ils déposent un projet à la division du territoire, on va le regarder. Nous sommes tous surpris. Nous ne sommes pas très familiers avec ce concept de communauté protégée. Je n’ai pas vraiment d’opinion pour le moment, d’autant qu’il resterait beaucoup d’étapes à franchir. Il faudrait que nous soyons alimentés correctement pour prendre une bonne décision. »

Mme Bergeron aimerait donc savoir s’il existe des projets comme ceux-là ailleurs et savoir comment ils traversent le temps. « Il faudra aussi regarder toute la notion de sécurité. »

Nicole Bergeron

Selon Marc Viens, un des propriétaires du terrain de golf, des pourparlers avec la Ville ont bel et bien eu lieu pour connaître les démarches à suivre avant de déposer un projet. 

« Nous avons fait nos devoirs. L’information n’aurait pas dû sortir tout de suite. La Ville nous avait expliqué qu’il fallait embaucher une firme en environnement s’il y avait des milieux humides sur notre terrain, ce que nous avons fait. Notre projet aurait trois phases. La première est un développement immobilier le long du trou numéro un. On ferait ensuite un projet commercial autour du champ de pratique et d’autres maisons, près des trous cinq et six. »

L’objectif d’un tel projet serait de constituer une communauté de golfeurs qui pourraient partir de leur domicile en voiturette de golf pour aller pratiquer leur sport favori.

Les limites du périmètre urbain semblent moins préoccuper M. Viens que l’accès au site du projet pour les services d’urgence. « Il faudrait s’assurer que les pompiers puissent entrer et sortir de façon sécuritaire s’il n’y a qu’un accès. »

Aucune consultation n’est encore prévue concernant ce projet. « Il n’y a personne autour. On a fait tous nos devoirs et nous souhaitons donner un coup de main aux constructeurs. S’il doit y avoir une consultation, ça nous fera plaisir. Le financement est réglé. Nous avons tous les documents et nous avons confiance en la Ville. Nous ne voulons brimer ou offenser personne. » 

Marc Viens estime que la première phase de construction pourrait être lancée d’ici deux ans. Le dépôt d’un projet à la Ville serait imminent.