Jérôme Fortin et Marco Poulin agissent à titre de coporte-paroles de la 18e Nuit des sans-abri de Sherbrooke.

L'itinérance vue de plus près

À Sherbrooke, plus de 6000 personnes bénéficient des services offerts par les organismes membres de la Table itinérance de Sherbrooke (TIS). De ce nombre, 1300 profitent d’un hébergement. Pour changer le regard sur la pauvreté, pour favoriser une plus grande inclusion, la 18e Nuit des sans-abri de Sherbrooke se tiendra le vendredi 18 octobre à partir de 17 h, au Marché de la gare.

La soirée, sous le thème « Citoyens et citoyennes même dans la rue », commencera avec un cours de l’Université populaire (UPOPS) portant sur les relations interpersonnelles. Les personnes présentes pourront aussi manger du chili, profiter des prestations musicales de Kyra Shaughnessy, Marie-Eve Bruneau et Vincent Poirier, Accords d’âmes et SOULY ou participer au concours d’abris de fortune.

« Chaque année, il s’agit d’un événement important pour sensibiliser les gens à savoir que personne n’est à l’abri de l’itinérance », lance le psychoéducateur en santé mentale Jérôme Fortin, coporte-parole.

« Les épreuves de la vie peuvent nous mener vers un parcours imprévu, qu’il s’agisse d’une perte d’emploi, d’une maladie, d’un deuil. Il faut changer notre regard face à la pauvreté parce que tout le monde peut participer à sa collectivité. Je m’implique parce que je crois en l’importance de l’inclusion, d’inclure tout le monde. La journée de vendredi sera très festive et je la souhaite intergénérationnelle. »

Nancy Mongeau, coreprésentante de la TIS, martèle que tous ont une valeur, peu importe leur revenu. « L’indifférence, les gens de la rue la vivent. D’ailleurs, on ne parle jamais assez de la pauvreté. Dans la campagne électorale, on a parlé du black face, mais peu de la pauvreté. Nous arrivons donc avec nos revendications, soit que le partage bienveillant de l’espace public est nécessaire, que tous partagent une volonté d’inclusion et que la politique nationale de lutte contre la pauvreté, qui a été adoptée en 2014, doit être respectée pour offrir des solutions concrètes aux personnes vivant en situation d’itinérance. »

Marco Poulin, aujourd’hui coordonnateur et intervenant au Partage Saint-François, a déjà vécu l’itinérance. Il agit lui aussi à titre de coporte-parole. « La route a été longue pour moi, mais beaucoup de gens ont fait la différence. Des fois, juste de l’écoute, sans jugement, ça permet de cheminer. J’ai ouvert beaucoup de portes et c’est pourquoi j’ai toujours un porte-clés avec moi. Même si plusieurs d’entre elles ne servent plus, je sais qu’elles m’ont été utiles dans mon cheminement. »

Les citoyens qui voudraient participer sont invités, s’ils le souhaitent, à cuisiner des desserts en portions individuelles et à les apporter à l’accueil. Ils peuvent aussi contribuer en apportant des vêtements chauds, des sacs réutilisables et des gourdes qui seront redistribués.