Guillaume Paquette

L'interdiction du vélo au Mont J.S.-Bourque dérange

SHERBROOKE — L’idée de fermer les sentiers informels de vélo de montagne sur le mont J.S.-Bourque ne passe pas comme une lettre à la poste. Plusieurs citoyens se sont présentés au conseil municipal lundi pour demander de ralentir le processus de désignation du mont J.S.-Bourque à titre de réserve naturelle.

Représentant le groupe Dalbix, Guillaume Paquette a mentionné que l’organisation s’efforce de construire des pistes qui se drainent bien et qui s’érodent peu. « Il y a aussi un code chez les cyclistes. On ne roule pas dans les sentiers quand il pleut, parce que ça les endommage et qu’on risque aussi de briser nos montures. »

Lire aussi: Une pétition pour permettre les vélos au mont J.S.-Bourque

M. Paquette reconnaît que le vélo de montagne est interdit depuis plusieurs années déjà sur le mont J.S.-Bourque. « Ce sport est toutefois devenu très populaire, notamment à la suite de l’aménagement de pistes au mont Bellevue pour les Jeux du Canada en 2013. Nous avons senti un engouement pour le sport, si bien que nous avons même réparti nos entraînements sur quatre jours. Mais la montagne est pleine. Les gens vont donc vers le mont J.S.-Bourque. Il y a un besoin. »

Dans le même sens, Guillaume Paquette confirme que le nombre de pistes est trop élevé. « Les cyclistes aussi sont en faveur de réduire le nombre de sentiers, mais il faut les mettre dans le coup. »

M. Paquette a demandé à ce que les études d’impact sur la présence des vélos au mont J.S.-Bourque soient rendues publiques. Il semble toutefois qu’aucune étude n’ait été réalisée selon la directrice générale adjointe Marie-France Delage.

« Pouvons-nous ralentir le processus de création d’une réserve naturelle, parce que nous avons l’impression que tout est déjà décidé? »

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a mentionné que la séance d’information prévue jeudi, à 19 h, à l’hôtel de ville, sert véritablement à entendre les citoyens. « Nous prendrons le temps de vous écouter et de considérer ce qui sera dit. »

David Nault

David Nault, qui représentait un regroupement de citoyens, indiquait pour sa part qu’une pétition compte déjà près de 2200 noms pour permettre des sentiers dans la montagne. « Je ne comprends pas pourquoi le seul sport qui sera refusé dans la montagne sera le vélo de montagne. Plusieurs études démontrent que son impact écologique n’est pas plus grand que celui de la randonnée pédestre. Nous proposons donc qu’il y ait un encadrement du sport, notamment avec de la signalisation, pour limiter les impacts. »

Ce citoyen espérait aussi que le processus soit ralenti.

« Il n’y a pas de date butoir pour déposer le projet. Nous prendrons donc le temps qu’il faut pour faire les bonnes analyses », répond Nicole Bergeron.

Jean-François Deshaies

Jean-François Deshaies, de Sentiers Sherbrooke, a voulu savoir ce que la Ville compte faire pour développer le vélo de montagne sur son territoire et s’est interrogé sur la possibilité de faire de Sherbrooke une destination récréotouristique pour le vélo de montagne. Il a aussi invité les élus à constater le faible impact du sport sur la montagne.

Il a ajouté que le vélo de montagne avait un impact bien plus faible que le développement résidentiel sur la nature.

Mentionnons que la séance d’information sur le projet de réserve naturelle, prévue le jeudi 8 novembre, à 19 h, est déplacée à l’hôtel de ville pour des raisons logistiques. Ironiquement, elle se tient en même temps que le premier café du maire, celui-là dans le district de Brompton. Steve Lussier assure qu’il se rendra à l’hôtel de ville dès sa rencontre avec les citoyens terminée.

Le conseiller Paul Gingues souhaiterait entendre l’opinion de toute la population, non seulement des cyclistes, mais aussi notamment des randonneurs et des fondeurs.