Linda Dion

Linda Dion reconnaît une fraude contre l’entreprise de sa belle-sœur

Linda Dion a reconnu, lundi, une fraude de plus de 5000 $ commise contre l’agence Party-Time de Magog, l’entreprise de sa belle-sœur, puis condamnée à une peine de prison à purger dans la collectivité.

S’il n’est pas possible de fixer le montant exact, cette fraude a eu un grand impact sur la propriétaire Francine Poulin.

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Elle fraude son employeur pour plus de 85 000 $

« Depuis juin 2013, je n’ai plus confiance en personne et je ne me reconnais plus. J’ai perdu la passion et la foi en ce que je pensais juste. J’ai été humiliée et attristée par les événements », a expliqué Francine Poulin devant le tribunal.

Elle a travaillé plus de 1200 heures pour retrouver les preuves de la fraude faite par Linda Dion entre 2009 et 2013.

La femme de 56 ans de Sainte-Catherine-de-Hatley a été condamnée à une peine de neuf mois de détention à purger dans la collectivité par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Un interdit de contact a été émis contre Linda Dion. Elle devra verser 3000$ à Francine Poulin dans la cadre de la peine imposée par la juge Desgens à la suite d’une suggestion commune des avocats au dossier.

« Je trouve la suggestion de peine clémente. Elle n’est pas déraisonnable. Vous en êtes à votre deuxième épisode. Vous avez récidivé à l’intérieur de votre propre famille. Il est difficile d’aller plus bas que de flouer son employeur qui est sa propre famille », a soulevé la juge Desgens en imposant la peine.

C’est la propriétaire de l’entreprise qui a été flouée dans cette affaire qui a fait une enquête à l’interne avant de porter plainte à la Régie de police Memphrémagog qui a obtenu l’aide de la Sûreté du Québec.

Cette entreprise se spécialise dans l’organisation d’événements étudiants comme les bals.

Linda Dion était responsable de la comptabilité de l’entreprise. Sur trois ans elle a fait divers virements bancaires.

« Elle se versait de l’argent et faisait transiter de l’argent via d’autres comptes. On arrive à plus de 5000$ de virement qui ne pouvaient être expliqués. C’était une comptabilité peu orthodoxe. Un juricomptable a travaillé dans le dossier. C’était un peu un fouillis. Il y aurait eu un procès de très longue haleine», a expliqué l’avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l’aide juridique.

La victime Francine Poulin a témoigné lors des observations sur la peine.

« On se sent coupable d’avoir fait confiance quand on se fait trahir de la sorte. Je ne crois pas être remise émotionnellement de cette affaire. Je pleure sans arrêt que mon ex-belle-sœur a pu me trahir impunément et froidement. Elle avait mon amitié et ma confiance », signale Francine Poulin.

La victime estime que Linda Dion représente un danger pour les petites entreprises.

« Une fraude de cette ampleur fait plus de dommages que le montant qui est chiffré sans compter de tous les dommages émotifs et psychologiques », estime Francine Poulin.

La juge Desgens a entendu le message livré par la victime.

« C’est très éloquent ce que vous avez livré comme témoignage sur les séquelles que vous avez subies. Ce que vous avez dit ne tombe pas dans le vide. On ignore les séquelles de crimes économiques. Vous avez été entendue », assure le juge Desgens.

Francine Poulin de l’Agence Party Time estime la fraude à plus de 70 000 $ même si devant le tribunal, aucun montant précis n’a pu être spécifié.

« Les répercussions émotives ont été grandes. J’ai perdu des clients à chercher les preuves de cette fraude. Mon entreprise a été mise en péril », indique Francine Poulin.

Linda Dion a démontré peu d’empathie devant le tribunal en plaidant coupable.

« C’est une histoire de famille. Je ne pensais pas que Francine était aussi affectée que ça. Moi aussi je suis affectée. Je reconnais que c’est difficile pour elle. Je ne suis pas détachée. Je comprends tout ça. Je ne peux plus rien y faire. Je le regrette. On aurait dû se parler au début, on n’en serait pas là », a témoigné Linda Dion après avoir entendu le témoignage de son ancienne belle-sœur.

Linda Dion a fait une thérapie.

« Ç’a été difficile pour moi et Mme Poulin. Ça n’a pas de sens de faire un procès. Je prends ma part de responsabilité », a mentionné Linda Dion en plaidant coupable.

La fraudeuse travaille encore comme commis comptable dans certaines entreprises de Magog, mais ses employeurs sont au courant de sa situation.

Linda Dion possède des antécédents judiciaires en 2014. Elle effectuait des dédommagements de plus de 20 000 $ dans le cadre de cette peine.

« Le ministère public était préoccupé par ce fait. Elle a l’obligation de déclarer ses antécédents judiciaires », a mentionné la procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté.