Les ambulanciers paramédicaux dénoncent l’inaction du gouvernement en ce qui concerne le manque de personnel et la conversion des horaires de faction en horaire à l’heure. Sur la photo, Lucie Longchamps, vice-présidente des secteurs privés de la FSSS-CSN, Jean Gagnon, président du secteur préhospitalier de la FSSS-CSN, et Christian Beaudin, président du syndicat des paramédics de l’Estrie.

L’impatience gagne les paramédics

Deux ans après la dernière négociation des conventions collectives dans le secteur préhospitalier du Québec, les ambulanciers paramédicaux sont toujours en colère. Ils déplorent l’inaction du ministère de la Santé concernant les horaires de faction et le manque de personnel.

L’horaire de faction oblige le travailleur à être de garde en tout temps, sept jours consécutifs. À Coaticook et à Weedon, la cible fixée par le ministère de la Santé a été atteinte. 

Les travailleurs veulent convertir l’horaire de faction en horaire à l’heure. Québec tarde, se plaignent les syndiqués.

« En urgence, chaque minute compte. Ce qu’on demande, c’est d’avoir la possibilité de sauver des vies. Et ça, ça passe par la modification des horaires de faction pour les horaires à l’heure », affirme Christian Beaudin, président du Syndicat des paramédics de l’Estrie. 

Pour ce qui est de Sherbrooke, on déplore un manque important d’employés. Selon M. Beaudin il n’est pas rare que certains travailleurs doivent rentrer au travail en heures supplémentaires en renfort.

« Au moment où l’on exerçait la grève. J’ai tenu des rencontres avec le ministère qui on abouti sur une lettre du sous-ministre de l’époque dans lequel il s’est engagé à fournir des données probantes sur les activités des ambulances », affirme le président du secteur préhospitalier de la FSSS-CSN Jean Gagnon en précisant que ces données serviront à prouver leur point auprès du gouvernement. Ainsi, à l’aide de ces données, le gouvernement devait faire les modifications nécessaires. 

Deux ans plus tard, le syndicat n’a reçu aucune réaction à ces données.

Les syndiqués avaient, à l’époque, accepté les termes de la convention collective à la suite de l’engagement du sous-ministre.  

À bout de souffle

« Avec les horaires de faction, il y a un enjeu de sécurité, pour le public et pour le travailleur. On fait beaucoup de campagnes pour la sensibilisation de l’alcool au volant, mais la fatigue au volant, c’est tout aussi grave. Les paramédics en surcharge de travail en horaire de faction ne réussissent pas à avoir du temps de repos. Ils travaillent avec leurs facultés affaiblies. C’est important. Aujourd’hui, il y a des gens qui vivent avec des séquelles permanentes parce qu’on ne réussit pas à se rendre à temps au chevet de nos patients », déclare M. Beaudin.

Par ailleurs, il précise qu’une journée de travail pour un paramédic tourne autour de 12 heures avec une pause d’environ 45 minutes pour manger. Et ce, malgré l’ajout de véhicules. 

Les travailleurs insistent aussi sur l’inutilité de donner des formations et de nouveaux équipements s’ils n’ont pas le temps de mettre en application ce qu’ils apprennent, en raison des conditions de travail.

En conférence de presse, Lucie Longchamp, vice-présidente des secteurs privés de la FSSS-CSN, souligne la lourdeur du métier. Selon elle, un ambulancier paramédical vit une lourdeur non seulement physiologique, mais également psychologique.