Lien direct entre le temps supplémentaire obligatoire et les congés maladie

Les infirmières (31,7 %), les préposés aux bénéficiaires (20,6 %) et les infirmières auxiliaires (10,3 %) effectuent au total 62,6 % du temps supplémentaire travaillé au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Sans surprise, ces trois catégories d’emploi représentent 47,7 % des employés qui touchent en ce moment de l’assurance-salaire (congé maladie).

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS travaille d’arrache-pied pour diminuer le temps supplémentaire, particulièrement le temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui fait très mal aux employés et à l’organisation en général.

« Ce qui nous fait mal comme organisation, c’est quand on demande du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Le TSO n’offre pas de compatibilité avec notre vie personnelle. Ça ne crée pas des milieux de travail intéressants. Chaque fois que l’on doit imposer un TSO, on met une personne à risque de briser son équilibre et ça augmente les risques qu’il ait besoin de l’assurance-salaire », soutient Josée Paquette, directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Dans la complexité de nos systèmes, nous ne pouvons pas savoir où se passe le TSO exactement, dans quels établissements ou dans quels services. Mais à partir du 1er avril prochain, nous serons en mesure de le faire. Notre objectif est de le réduire, de l’éliminer si on est capables », ajoute Mme Paquette.

Le temps supplémentaire, lui, est là pour rester cependant.

« Le temps supplémentaire a toujours existé et il existera toujours. Il faut comprendre qu’il y a des gens qui choisissent d’en faire pour différentes raisons et que ça correspond à leurs besoins.

« Il ne faut pas oublier non plus que nous sommes dans un contexte où nous manquons de ressouces : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme! Alors quand nous voulons réduire nos listes d’attente ou ouvrir des lits de surcroît pour répondre aux besoins de la population, il faut le faire avec le personnel que nous avons déjà. Alors on demande s’il y a des gens qui veulent faire du temps supplémentaire et il y en a qui lèvent la main et on s’en réjouit », dit-elle.

« Nous allons aussi suivre l’évolution du temps supplémentaire. Il n’est pas question qu’il explose. Mais c’est moins un enjeu de santé globale si les gens sont volontaires à le faire », ajoute Josée Paquette.

Le temps supplémentaire, qui est travaillé à taux et demi, a aussi un coût pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« C’est vrai, mais si nous avions accès à une grande quantité de personnel, il y aurait aussi des coûts reliés au fait d’avoir des employés qui ne peuvent pas travailler suffisamment », renchérit-elle.

Mme Paquette s’est particulièrement inquiétée pour ses infirmières, ses infirmières auxiliaires et ses préposés aux bénéficiaires, les trois principaux titres d’emploi au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et le principal personnel à travailler auprès des malades pour leur donner des soins et services.

« Selon nos données, 86,2 % des infirmières font deux quarts de travail ou moins de temps supplémentaire par mois », soutient Mme Paquette, rappelant qu’il est impossible de savoir s’il est obligatoire ou volontaire. 34 % des infirmières ne font aucun temps supplémentaire.

Certaines infirmières en font plus cependant : 6,6 % font en 15 et 22 heures, 3,2 % entre 22,5 et 30 heures et 4 % font plus de 30 heures.

Même chose du côté des infirmières auxiliaires qui sont 89 % à faire moins de 15 heures de temps supplémentaire par mois, pendant que d’autres en font beaucoup plus : 5,4 % en font en 15 et 22 heures, 2,6 % entre 22,5 et 30 heures et 3 % font plus de 30 heures. 40,9 % n’en font pas du tout.

Les préposés aux bénéficiaires (PAB) sont 87,4 % à faire moins de 15 heures de temps supplémentaire par mois, alors que 5,2 % en font en 15 et 22 heures, 2,7 % entre 22,5 et 30 heures et 4,6 % font plus de 30 heures. 51 % n’en font pas du tout.

Dans quels établissements ou dans quels départements plus précisément travaillent les employés qui multiplient les heures supplémentaires? Impossible de le savoir pour le moment.

« Notre organisation progresse. À partir du 1er avril, nous serons en mesure d’avoir un portrait plus détaillé des endroits où il y a plus de temps supplémentaire qui se fait », soutient Josée Paquette.