Lorsque la salle d’urgence de l’Hôtel-Dieu déborde de façon trop importante, l’ancien département de chirurgie au 3eA de l’Hôtel-Dieu est rouvert afin de servir d’unité de débordement.

L’Hôtel-Dieu relâche de la pression

Une unité de débordement vient de fermer ses portes à l’Hôtel-Dieu du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) après avoir été ouverte pendant deux mois consécutifs. Cette fermeture représente la première étape de la préparation des deux hôpitaux du CHUS à l’arrivée de la période des Fêtes, où le volume des activités est généralement moins élevé.

Le « 3eA » était à l’origine un département de chirurgie, mais ce département de 29 lits est fermé depuis février 2014 en raison de la pénurie de personnel infirmier notamment. Depuis, le département sert d’unité de débordement lorsque la situation l’exige dans les salles d’urgence.

« La situation dans les salles urgences est suivie de façon très serrée au quotidien par la direction du CIUSSS. Il est 11 h et depuis ce matin, j’ai déjà reçu trois courriels à ce propos. Quand la situation est trop problématique à l’urgence, nous ouvrons le 3eA pour que le séjour sur civière de nos patients ne soit pas trop long », explique Stéphane Tremblay, directeur adjoint aux programmes de santé physique généraux et spécialisés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Vous savez, le problème n’est pas à l’urgence. Le problème est ailleurs dans le système de santé, et l’engorgement dans les urgences est le symptôme de ce problème. Nous travaillons sur plusieurs fronts en même temps pour régler ces problèmes », explique-t-il.

L’ouverture des lits de débordement à l’Hôtel-Dieu crée toutefois une pression importante sur le personnel de l’hôpital parce qu’il n’y a pas de personnel rattaché à ce département. « En conséquence, quand nous l’ouvrons, nous devons aller chercher les ressources sur nos listes de rappel ou en temps supplémentaire. C’est la réalité », explique le Dr Tremblay.

L’imposition du temps supplémentaire est aussi utilisée de façon régulière, notamment pour les infirmières.

« Les deux tiers du temps, nous réussissons à avoir assez de personnel en temps régulier. Le reste du temps, nous offrons du temps supplémentaire, et le temps supplémentaire imposé est notre dernier recours. Quand les patients sont là, nous n’avons pas le choix de trouver les ressources pour assurer la qualité des soins et services », explique pour sa part Sacha Cardinal, directrice adjointe aux ressources humaines au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Cette pression sur le personnel donne lieu parfois à de belles histoires de collaboration entre professionnels de la santé. « Il y a quelques jours, tout le monde rushait en fin d’après-midi. On nous a annoncé qu’il y aurait une imposition. Il y a deux médecins qui se sont retournés et qui nous ont proposé de remplir des papiers médicaux pour sauver les infirmières de l’imposition... », raconte une infirmière qui souhaite conserver son anonymat.

L’avenir du 3eA est toujours incertain, même si des projets sont sur la table pour cette unité de 29 lits. En mai dernier, le Dr Tremblay expliquait à La Tribune qu’il espérait que le département ouvrirait avant la fin de 2017 avec une autre vocation. « Ce qui nous freine, c’est la difficulté d’embaucher du personnel », ajoute le pédiatre.

Temps des Fêtes au ralenti

La décision de fermer cette unité de débordement vendredi dernier à l’Hôtel-Dieu s’inscrit dans le plan d’action relié au ralentissement des activités prévu pour la période des Fêtes qui est à nos portes.

En effet, il y aura une baisse d’environ 10 % du nombre de lits disponibles dans les deux hôpitaux du CHUS pendant la période des Fêtes. Les salles d’opération tourneront au ralenti pendant la période des Fêtes sur l’ensemble du territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Nous serons toujours en mesure de répondre aux urgences dans tous les blocs opératoires de tous les hôpitaux », rassure le Dr Stéphane Tremblay.

« On maintient nos services à un plus haut niveau, surtout pour les journées qui ne sont pas fériées », conclut le directeur général adjoint au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« La modulation de nos activités permet de répondre aux besoins différents de la population pendant le temps des Fêtes, et aussi de permettre un peu de repos à notre personnel et à nos médecins », conclut Dr Tremblay, qui souhaite également remercier tout le personnel du CIUSSS et les médecins qui, quotidiennement, fournissent de grands efforts afin de livrer une bonne qualité de soins et de services à ses patients.