La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et Bernard Sévigny.
La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et Bernard Sévigny.

L'ex-maire Sévigny pilotera une réflexion sur l'avenir des corps policiers

QUÉBEC - Le temps est venu de réfléchir à la qualité des services offerts par la police au Québec, selon le gouvernement Legault.

Tel qu'annoncé au début de l'automne, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a lancé mercredi une vaste réflexion sur l'avenir des corps policiers, remettant en question leur mandat, leurs pratiques et leur culture.
Il faut renouer le lien de confiance entre la population et sa police, selon la ministre, qui a rendu public mercredi, en conférence de presse, un livre vert qui servira de point de départ à cette réflexion.
Le document d'une cinquantaine de pages, intitulé «Réalité policière au Québec: modernité, confiance et efficience», dresse une liste d'enjeux reliés à la prestation des services policiers en cette ère de transformation technologique, tout en faisant état des préoccupations des citoyens envers la police.
Cette réflexion sera pilotée par un comité consultatif de cinq personnes formé de l'ex-maire de Sherbrooke Bernard Sévigny, qui agira comme coordonnateur du groupe, entouré de la juge à la retraite Nicole Gibeault, de l'ancienne députée fédérale Marlene Jennings, d'Alexandre Matte et de Louis Côté.
D'ici l'automne 2020, ce comité sera chargé de produire un rapport assorti de recommandations au gouvernement visant à «moderniser» les services policiers.
Par la suite, en 2021, il faut s'attendre à voir la ministre déposer un projet de loi, qui s'inspirera des recommandations du groupe.
«Je vais voir un peu les orientations à prendre ou les gestes à poser concrètement pour donner suite à ce rapport-là. Je pense qu'il pourrait y avoir des modifications législatives», a dit la ministre Guilbault, qui promet de «prendre le temps de bien faire les choses» pour proposer à la population un nouveau modèle de police «cohérent, moderne, en phase avec les nouvelles réalités».
Le Québec compte de nombreux corps policiers: la Sûreté du Québec et 30 corps de police municipaux, plus 22 corps de police autochtones.
L'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui fait les manchettes régulièrement en raison de fuites dans les médias, de guerres de clans et d'enquêtes jamais abouties, de même que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) seront aussi sous la loupe du comité, qui disposera d'un budget d'un million de dollars.
La consultation sera publique, a assuré M. Sévigny.
Le thème de la confiance brisée entre la population et la police est récurrent dans le document.
«Au cours des dernières années, une succession d'événements est venue fragiliser la confiance de la population à l'endroit de la police, laquelle repose sur un équilibre délicat qui ne peut être tenu pour acquis», affirme le ministère dans son document de réflexion.
Cet enjeu est tributaire de quelques principes, peut-on lire dans le document, soit la compétence, l'intégrité, l'impartialité, l'indépendance et l'imputabilité.
«Les mécanismes de reddition de comptes et de contrôle applicables aux policiers, aux corps de police et à leurs dirigeants, qu'ils soient autochtones, municipaux ou provinciaux, contribuent-ils adéquatement au maintien de la confiance de la population?», s'interroge-t-on au ministère de la Sécurité publique.
On note aussi qu'au cours des deux dernières décennies, les technologies de l'information ont connu un essor phénoménal ayant eu pour effet de transformer le travail policier. Qu'on pense par exemple aux cellulaires avec caméras et aux radars photo.
«Leur développement rapide, jumelé à l'omniprésence des médias sociaux, a changé la manière dont les policiers travaillent au quotidien. Ces nouvelles technologies facilitent les interventions policières ou les enquêtes, tant pour la recherche de personnes disparues que pour le suivi de certaines cibles d'enquêtes», indique-t-on.