Journaliste pendant près de 40 ans à La Tribune et véritable amant de la région, Gilles Dallaire s'est éteint pendant son sommeil mercredi dernier. Il était âgé de 76 ans.

L'ex-journaliste Gilles Dallaire s'éteint

Les Cantons-de-l'Est ont perdu l'un de leurs commentateurs les plus éclairés lorsque l'ancien journaliste Gilles Dallaire s'est éteint.
Celui qui a oeuvré pendant près de 40 ans à La Tribune a succombé paisiblement des suites d'une insuffisance cardiaque mercredi durant sa sieste de l'après-midi, explique sa fille Martine Dallaire. Il était âgé de 76 ans.
« Il faisait son somme habituel avant de faire son souper et on pense qu'il est décédé à ce moment. Les personnes de la résidence l'ont trouvé couché sur le lit, par dessus les couvertes et tout habillé. Le médecin a confirmé qu'il serait mort plutôt sereinement, puisqu'il n'était pas crispé. Il ne s'en est probablement pas rendu compte et n'a pas souffert. Pour nous, c'est réconfortant. »
Même si Gilles Dallaire avait été affaibli par la maladie au cours des dernières années et qu'il ne pesait pas plus de 88 livres au moment de son décès, sa famille a tout de même été surprise par celui-ci.
« Ça faisait quatre ans et demi qu'il avait un stimulateur cardiaque (pacemaker) et il en a arraché à quelques reprises. On a eu peur de le perdre le 1er janvier quand il a été hospitalisé et intubé après un choc septique et une pneumonie, mais il avait eu son congé le 6 janvier et il allait mieux. Il avait une bonne voix, il avait un bon appétit et il avait repris du poids. On a été vraiment pris par surprise », souligne Mme Dallaire.
« C'était un battant et il avait de la résilience, ajoute-t-elle. Je ne sais pas combien de fois on nous a appelés pour nous dire qu'il n'en avait plus pour longtemps, mais il reprenait toujours le dessus. »
Gilles Dallaire a amorcé sa carrière de journaliste à La Tribune en 1963 au bureau de Lac-Mégantic avant de passer au bureau de Sherbrooke en 1969, où il a travaillé jusqu'en 1990. Il s'est ensuite déplacé au bureau de Magog, où il y a couvert l'actualité jusqu'à sa retraite, en 2002.
« C'était un gars du peuple qui avait des contacts incroyables », se souvient l'ancien journaliste François Gougeon, qui n'hésite pas à qualifier Gilles Dallaire de mentor. « Il m'épatait chaque fois et je n'ai jamais vraiment su comment il avait obtenu certaines informations. C'était un homme très curieux et très acharné, un bourreau de travail. »
En plus de sa profession de journaliste, pour laquelle il a été récompensé du prix François-Gaudet-Smet de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke en 1990, Gille Dallaire a oeuvré comme chargé de cours en communication à l'Université de Sherbrooke au cours des années 1990 et comme enseignant de français pour les adultes pendant les années 1980 à la polyvalente Montignac, à Lac-Mégantic.
Il a aussi participé à la publication de nombreux ouvrages, dont Les chemins des Cantons, publié en 2007 et coécrit avec Richard Séguin.
« C'est un gars qui connaissait la région comme le fond de sa poche. Il n'y avait pas meilleur guide pour se retrouver dans le coin. Il connaissait tout le monde, ses subtilités. C'était la bible des Cantons-de-l'Est, de Lac-Mégantic à Bromont », renchérit François Gougeon.
Journaliste jusqu'à la fin
L'ancien préfet de la MRC de Memphrémagog et ancien maire d'Austin, Roger Nicolet, se dit attristé du départ d'un homme « qu'il respectait » et qui « était sans pitié pour les gens qui manquaient de conviction ou de vision ».
« J'ai eu affaire à lui régulièrement et j'ai toujours jugé qu'il prenait la peine de réfléchir et d'approfondir les dossiers pour comprendre les enjeux. Il approfondissait les dossiers et il n'était jamais indifférent à une réflexion plus serrée sur les enjeux et l'avenir de la région. Il attendait donc des acteurs publics un certain leadership et il n'avait pas beaucoup de patience pour ceux qui niaisaient. »
Gilles Dallaire aura été un journaliste jusqu'à la fin, résume Martine Dallaire. En plus de collaborer parfois à l'hebdomadaire le Reflet du lac, à Magog, Gilles Dallaire réalisait jusqu'à tout récemment des entrevues pour alimenter le mensuel de la résidence le Havre des cantons, où il habitait depuis plusieurs années.
« C'était un grand amoureux de la langue française et il l'a toujours démontré, tant à l'écrit que par la lecture. C'était un passionné d'histoire qui avait une mémoire d'éléphant. »
En plus de sa fille aînée Martine, Gilles Dallaire laisse notamment dans le deuil ses deux autres filles, Caroline et Cynthia, ainsi que trois petits-fils et une petit-fille. Ceux qui le souhaitent pourront rendre un ultime hommage à M. Dallaire le samedi 4 février, de 11 h à 15 h, à la résidence funéraire Ledoux, à Magog.