Le bilan régional des personnes infectées par le coronavirus a grimpé à 379 Estriens mercredi, en hausse de 14 cas par rapport à la veille.
Le bilan régional des personnes infectées par le coronavirus a grimpé à 379 Estriens mercredi, en hausse de 14 cas par rapport à la veille.

L’Estrie passe au 3e rang

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Le bilan régional des personnes infectées par le coronavirus a grimpé à 379 Estriens mercredi, en hausse de 14 cas par rapport à la veille.

Il s’agit d’une augmentation beaucoup moins marquée que dans les derniers jours, pendant qu’au Québec, on a enregistré une progression de 449 Québécois infectés pour atteindre 4611 cas au bilan de mercredi après-midi.

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« Ça faisait quelques jours qu’on n’avait pas de progrès importants. Est-ce que c’est le premier jour de quelque chose d’intéressant? J’espère », a réagi le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier. 

« On ne va pas applaudir tout de suite, il n’y a rien de gagné. Mais au moins ç’a ralenti. »

Alors qu’elle figurait généralement au deuxième rang des régions les plus touchées depuis qu’on dresse le bilan quotidien de la propagation de la COVID-19, l’Estrie est ainsi passée au troisième rang mercredi. La Montérégie a pris la deuxième place avec 422 cas, en hausse de 81 cas sur mardi. Et Laval se rapproche à 338 cas, ce qui laisse croire que l’Estrie pourrait retrouver un rang proportionnel à sa population, analyse le Dr Poirier.

« Peut-être que le boom du départ avec tous nos voyageurs qui revenaient de la semaine de relâche et les mesures qu’on a mises en place portent leurs fruits, ajoute-t-il. C’est aussi une médaille pour les Estriens parce qu’avec si peu de nouveaux cas, ça veut dire qu’ils respectent les consignes. »

Dans le bilan dressé mercredi par le premier ministre François Legault, le Québec déplore deux nouveaux décès, pour en porter le total à 33. Il n’y a pas de nouveaux décès liés à la COVID-19 en Estrie. La région déplore toujours trois victimes.

Pour ce qui est des 519 résidences pour personnes âgées qui confirment au moins un cas de COVID-19 entre leurs murs, comme le soulignait François Legault, le Dr Poirier assure que seule l’éclosion déjà connue à la Résidence Soleil Manoir Sherbrooke figure dans ces statistiques. Aucune autre résidence pour personnes âgées en Estrie ne serait touchée jusqu’ici et on recenserait un cas dans un CHSLD que le Dr Poirier a refusé d’identifier. 

« Compte tenu que nous on en a si peu, j’ai été étonné qu’il y ait 519 résidences dans tout le Québec. On se croise les doigts, parce qu’il ne faut pas que ça rentre dans les résidences pour personnes âgées. C’est vraiment eux en termes de complications, soins intensifs et décès, qui sont les plus à risques », martèle le Dr Poirier.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Dr Alain Poirier

Contrôles routiers

On apprenait par ailleurs mercredi que quatre autres régions du Québec seront dorénavant soumises à des contrôles routiers. La portion nord de territoires en Outaouais, dans les Laurentides, dans Lanaudière et en Mauricie et Centre-du-Québec viennent ainsi s’ajouter aux huit régions où de tels contrôles ont été instaurés la semaine dernière.  

Il s’agit d’une mesure mise en place pour éviter les déplacements non essentiels de la population et la propagation du virus du sud vers des régions moins infectées au nord.

« Ce sont des secteurs où il y a peu de densité urbaine et où c’est possible de limiter les déplacements, met en perspective le Dr Poirier. En Estrie, il n’y a pas de restrictions parce qu’on est en densité urbaine, il y a déjà des cas et les enclaver n’amènerait rien de plus. Contrôler les voyages, contrôler mieux les snowbirds, c’est une chose, mais quand je parle aux policiers, aux pompiers et aux maires des villes, les gens me disent que selon leurs observations, ils ne voient pas de délinquance chez les gens et ne suggèrent pas d’intervenir. J’ai le pouvoir comme DSP de le faire avec les services policiers, mais rien ne le recommande à ce moment-ci. »

Le bilan s’améliore à la DSP

Après avoir atteint un sommet de 40 employés infectés dans sa propre organisation, la Direction de la santé publique estrienne est en mesure de dire que la situation se résorbe. 

Les locaux ont été désinfectés au cours de la fin de la semaine et la DSP progresse dans la mise en place de mesures suffisantes pour assurer la sécurité de ses employés.

« On ne voit pas des malades, on voit des dossiers, on est en train de construire le travail à distance, mais ce n’est pas simple pour la confidentialité des dossiers et le travail en équipe. On s’organise mieux et on n’a plus aucun retard dans nos enquêtes », assure le Dr Alain Poirier.

Une de ces employés testée positive à la COVID-19 a été hospitalisée mercredi et devrait recevoir son congé de l’hôpital jeudi, rapporte Radio-Canada Estrie. D’autres ont fait appel à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail qui fera enquête.

Par RLS

Des 379 cas en Estrie, il y a 138 résidents de Sherbrooke affectés par la maladie. Les réseaux locaux de services (RLS) de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska, incluant les villes de Bromont et de Granby, cumulent 116 cas. Les RSL de Memphrémagog et du Val-Saint-François demeurent stables à 49 et 48 cas.