Les conseillers cumulant plusieurs mandats au conseil municipal de Sherbrooke n'ont pas l'intention de suivre les traces de leur collègue Jean-François Rouleau pour laisser leur place à des plus jeunes.

Les vétérans ne céderont pas leur siège

Les conseillers cumulant plusieurs mandats au conseil municipal de Sherbrooke n'ont pas l'intention de suivre les traces de leur collègue Jean-François Rouleau pour laisser leur place à des plus jeunes. Si M. Rouleau a invité ces élus à réfléchir à leur avenir et à céder leur place, aucun n'a l'intention de revenir sur sa décision de solliciter un nouveau mandat.
Nicole Bergeron
Nicole Bergeron, qui a été pointée directement par le conseiller à se retirer, s'est dite blessée. « Ça ne fait pas 27 ans comme vous que je suis élue. Si je me fie à vos propos, comme j'ai 18 ans de vie politique active, ça voudrait dire que vous n'auriez pas dû faire les neuf dernières années. Vous êtes qui, vous, pour évaluer la pertinence et la motivation de chacun d'entre nous pour décider qui devrait représenter à nouveau ses concitoyens? [...] Je trouve ça blessant. »
M. Rouleau a rétorqué par une question : « Qu'allez-vous faire de plus que nous n'avez pas déjà fait? »
Diane Délisle ne souhaitait pas commenter directement les propos de Jean-François Rouleau. « Je me sens encore tout à fait apte à mener un mandat de quatre ans. Hillary Clinton était beaucoup plus âgée que moi et elle se sentait capable de diriger un pays. Je m'en inspire. »
Mme Délisle admet qu'elle a songé au climat au conseil municipal avant de prendre une décision finale. « M. Rouleau n'a pas tort quand il dit que ça prend du sang neuf au conseil, mais dans un conseil équilibré, il faut aussi des gens avec de l'expérience. J'ai hésité à revenir pour les mêmes raisons que lui. Je ne me cacherai pas pour dire que les quatre dernières années ont été pénibles, mais je ne chercherai pas de coupable. Je me suis demandé si j'avais envie de revivre ce climat-là, et ma réponse était non. Mais l'atmosphère sera forcément différente avec 14 élus et de nouveaux visages. »
Julien Lachance ne s'est pas senti visé. « Ça ne fait pas aussi longtemps que M. Rouleau que je suis en politique », dit celui qui termine son quatrième mandat. « J'aime encore le travail de conseiller. Avoir des indépendants au conseil est important et la meilleure façon de défendre cette idée est d'être candidat. »
Pierre Tardif
Chantal L'Espérance ne changera pas d'idée non plus, elle qui compte 19 ans d'expérience à l'hôtel de ville. « Il ne faut pas juste des jeunes. Il faut un équilibre et j'ai encore la passion et l'énergie pour faire ce travail. Je ne suis pas écoeurée du climat, même s'il n'est pas le même qu'on a connu dans le passé. Si les gens n'aiment pas les décisions qui sont prises et veulent de la nouveauté, ils pourront faire leur choix le 5 novembre. Moi, j'ai encore des dossiers à surveiller. Je n'ai pas été aussi atteinte que M. Rouleau, peut-être parce que j'ai un pouvoir d'influence sur les décisions au comité exécutif. »
Pierre Tardif ne croit pas que le message de son collègue s'adressait à lui. « Je pense qu'il parlait à ceux qui ont fait plus de deux mandats. Ma décision de revenir était prise avant son annonce et elle ne changera pas. Je suis un retraité du monde de l'éducation et je peux vivre sans le salaire provenant du conseil. Je ne suis pas là pour une question monétaire. »
À 56 ans, Marc Denault s'estime comme le conseiller médian en âge et en expérience. « Les défis sont immenses dans mon district et je veux m'assurer que les indépendants aient plus de sièges que les partis. S'il y a un nouveau maire, il sera content qu'il y ait de l'expérience autour de la table. »
M. Denault ne cache pas qu'il ne fera pas campagne pour le maire sortant, Bernard Sévigny. « Ça fait 16 ans que la ville est fusionnée et si on demande aux gens s'ils préfèrent les années Perrault ou les années Sévigny, je pense qu'ils préfèrent les huit premières années. »
Bernard Sévigny a refusé de commenter les déclarations de Jean-François Rouleau.