La Ville de Sherbrooke consultera la population pour l’élaboration de sa Politique de gestion des stationnements.

Les stationnements du centre-ville sous la loupe

Le centre-ville dispose-t-il d’un nombre suffisant de places de stationnement? Doit-on en ajouter, les déplacer, changer leur tarification? Les citoyens seront appelés à se prononcer à l’occasion d’une séance de consultation et d’idéation le mercredi 10 avril à 18 h 30, à la Capsule bistro cinéma. La Ville espère en dégager sa Politique de gestion des stationnements, un document qui devrait être adopté au printemps.

La présidente du comité de revitalisation du centre-ville, Chantal L’Espérance, explique que les perceptions concernant le centre-ville varient énormément. « Certains pensent qu’il n’y a pas assez de stationnements, d’autres pensent qu’il y en a trop. Certains pensent que c’est trop cher, d’autres que ce n’est pas suffisant. On ne se rend pas compte que la destination la plus courue est le centre-ville. Beaucoup de gens y travaillent, y étudient, et retournent chez eux ensuite. Il y a donc beaucoup de demande sur les heures de bureau et particulièrement les jours ouvrables. »

La Ville s’est inspirée de l’enquête Origine-destination 2013, des informations fournies par les horodateurs et de relevés sur le terrain pour dégager certains constats, notamment que le centre-ville est majoritairement fréquenté par des automobilistes qui n’habitent pas ce secteur. Les grands parcs de stationnement sont surtout utilisés les jours ouvrables et pendant les heures de bureau.

On note par exemple que les stationnements sont moins achalandés en début d’année et pendant les vacances estivales. La situation est complètement opposée en mars et en automne. Les revenus les plus importants sont générés les jeudis et vendredis et la pointe est enregistrée à l’heure du dîner.

2,4 M$ de profits

Du point de vue des statistiques, les revenus générés par les stationnements du centre-ville en 2017 ont atteint 2,6 M$ alors qu’ils ont entraîné des dépenses de fonctionnement de 200 000 $. Le coût de construction d’une place de stationnement s’élève à 13 100 $. On constate par ailleurs un manque de cohérence dans les tarifs des différentes institutions. Au centre-ville, une heure de stationnement coûte 1,25 $. 

« Le 10 avril, nous donnerons l’information que nous aurons, pour faire un portrait de la situation, et ensuite, ce sera une soirée de consultation et d’idéation. La politique influencera la gestion du stationnement pour l’ensemble de la ville par la suite. On commence par le centre-ville parce que c’est là que les besoins sont les plus criants et nous savons que nous devrons investir de façon substantielle pour mettre de nouvelles structures en place et surtout pour voir où on les met. Il n’est pas souhaitable d’avoir un stationnement en surface, alors nous pouvons profiter de la topographie, des dénivelés, pour avoir un centre-ville beaucoup plus rentable, beaucoup plus valorisé. »

Paradoxe

Le conseiller Paul Gingues a soulevé le paradoxe des voies de circulation de la rue des Grandes-Fourches, qui passeront de deux dans chaque direction à une, et l’ajout potentiel de places de stationnement.

Le stationnement est essentiel à l’activité économique du centre-ville et est intimement lié à son développement, lit-on dans les documents municipaux. « Quand une institution veut s’installer au centre-ville, une des premières questions qu’elle nous pose c’est de combien d’espaces de stationnement elle disposera », confirme Chantal L’Espérance. 

La conseillère admet qu’il y a néanmoins des défis de signalisation. « Il y a beaucoup de visiteurs qui ne savent pas où sont les stationnements. Il y a aussi beaucoup d’espaces, autant du domaine public que privé. Il pourrait être possible de prendre des ententes monnayables avec les propriétaires privés pour profiter de l’offre. »

Évelyne Beaudin a demandé que la Ville arrive avec des propositions, le 10 avril, pour que la population puisse en débattre. Mme L’Espérance confirme qu’il y aura « des prémisses de départ que nous voudrons mettre d’entrée de jeu ». 

Marc Denault a rappelé que la construction de stationnements peut faire partie de la solution, mais que le transport durable peut aussi être mis à profit.

Les citoyens pourraient être invités, sur une base volontaire, à louer leur stationnement privé, en journée, pour désengorger les voies publiques.

Vers la location d’entrées de cour ?

Les citoyens pourraient être invités, sur une base volontaire, à louer leur stationnement privé, en journée, pour désengorger les voies publiques. L’idée vient de la conseillère Annie Godbout, qui cherche des solutions à l’engorgement des rues aux abords des écoles, garderies et hôpitaux.

« La problématique du stationnement autour des écoles, des hôpitaux, des garderies et de certains commerces est un enjeu parce qu’il touche la quiétude des citoyens et la sécurité des jeunes. S’ajoute l’hiver le problème de l’étroitesse des rues qui rend la collecte des matières résiduelles difficile et ralentit le déneigement durant le jour. Les rues sont des espaces publics et n’appartiennent pas qu’aux seules personnes qui les habitent », fait valoir la conseillère du district de Rock Forest.

« Dans mon secteur, j’ai reçu des plaintes de citoyens mécontents en raison du personnel de l’école de la Maisonnée qui se stationne entre autres sur la rue Mâcon. Depuis quelques années, je travaille avec la direction de l’école pour que les autos n’utilisent qu’un seul côté de la rue pour faciliter la circulation automobile. L’école Beaulieu subit un problème inverse, parce que la Ville y a tellement mis de pancartes d’interdiction de stationnement que les employés ne savent plus où se stationner. »

Mme Godbout suggère donc d’étudier la possibilité de choisir une application de gestion et de partage des stationnements privés. 

« Cette application permettrait aux citoyens de louer leur entrée de garage aux employés sectoriels et de libérer la voie publique. Les entrées de garage sont souvent inoccupées durant le jour. Ce gaspillage d’espace pourrait rapidement apporter une solution à la surcharge des stationnements de rue. »

Annie Godbout

Problèmes semblables dans d’autres secteurs

L’idée a plu à sa collègue Karine Godbout, du district d’Ascot. 

« Dans mon secteur, je vis aussi des problématiques avec deux écoles et aussi l’hôpital d’Youville où les gens se stationnent dans la rue. J’ai des citoyens de la rue Bienville qui sont bien mobilisés. Je reçois aussi des appels des citoyens de la rue Craig qui disent que ça crée une étroitesse particulière. Je trouve bien intéressant d’étudier ces possibilités. »

Rémi Demers convient que les problèmes de stationnement dans les rues sont fréquents partout autour de l’Hôtel-Dieu. « Il y avait une pratique dans le passé où le comité de stationnement impliquait les élus des secteurs où les problématiques sont vécues. On a mis des solutions en place, mais on doit constamment s’ajuster. Je formule le souhait que nous soyons interpellés dans l’analyse des requêtes quand il y a des problématiques dans nos secteurs. »

Un stationnement municipal du centre-ville fermé pour trois mois

Un stationnement municipal du centre-ville de Sherbrooke sera inaccessible pour une durée d’environ trois mois.

Les 56 cases du stationnement Magog, adjacent à la rue des Abénaquis, seront occupées ce printemps par un entrepreneur effectuant d’importants travaux sur un immeuble à bureaux du secteur.

Pendant la fermeture du stationnement Magog, voisin de la Place Nikitotek, la clientèle ponctuelle est invitée à utiliser les espaces de stationnement avec panonceau de la rue Frontenac ou encore le stationnement municipal de la Grenouillère, précise un communiqué de presse de la Ville de Sherbrooke.

Les détenteurs de vignettes A et B doivent garer leur véhicule au niveau 0 du stationnement Webster, du côté de la voie ferrée.