Les Sherbrookois sont majoritairement favorables à la présence de partis politiques à Sherbrooke.

Les Sherbrookois majoritairement favorables à la présence de partis politiques

Les Sherbrookois sont majoritairement favorables à la présence de partis politiques à Sherbrooke. Si un débat fait rage depuis quatre ans entre les membres du Renouveau sherbrookois et les indépendants, les données du sondage de Segma Recherche démontrent que 68,1 % des répondants se disent totalement ou plutôt favorables aux partis politiques.

« Le clivage est très clair sur cette question. Les partisans de Bernard Sévigny sont majoritairement favorables aux partis alors que ceux de Steve Lussier sont plus opposés à leur existence », explique Raynald Harvey, président de Segma.

M. Lussier a effectivement mené sa campagne en vantant les vertus de l’indépendance alors que ses deux principaux adversaires, Bernard Sévigny et Hélène Pigot, sont à la tête d’un parti. En parallèle, au cours des quatre dernières années, ils ont été plusieurs, parmi les indépendants, à se rallier au Regroupement des élus indépendants municipaux (REMI).

« Ces résultats ferment un peu la porte que les indépendants ont essayé d’ouvrir. C’est surtout un débat d’initiés de s’intéresser à la pertinence des partis politiques. On ne peut pas faire du millage en décriant les partis politiques. Là-dessus, les résultats ne m’ont pas surpris parce qu’on pose souvent la question. »

M. Harvey révèle que c’est surtout la personnalité du maire qui incite les citoyens à voter pour le Renouveau sherbrookois. Plus que le concept du parti. « Ils votent pour Bernard Sévigny et son équipe. C’est ce qui ressort dans la tête des électeurs. » De là le pari qu’a pris le maire sortant en 2013, et à nouveau cet automne, de changer le nom de son parti pour Équipe Bernard Sévigny - Renouveau sherbrookois. Régis Labeaume fait la même chose à Québec. Et que dire de Denis Coderre... et son Équipe Denis Coderre pour Montréal.

Est-ce à dire que les candidats du Renouveau devraient faire leur campagne en misant tout sur la force de leur chef? Pas forcément. « Dans tous les cas, le maire ne transcende pas l’électorat. Si j’étais candidat conseiller dans un district, je miserais beaucoup plus sur moi, ma notoriété et ma capacité à régler des enjeux locaux, parce que les gens sont vraiment groundés sur les enjeux locaux. Même si le maire a 52 % d’appuis, je vois pas nécessairement son empreinte dans l’électorat aussi profonde qu’elle pourrait l’être. »

Pas d’effet « wow » pour Sévigny

La donnée la plus inquiétante pour le meneur de la course à la mairie, Bernard Sévigny, dans le sondage Segma Recherche, réside dans le taux de satisfaction de 63,2 % à l’endroit de son travail. Ils ne sont que 9,9 % à se dire très satisfaits du travail accompli dans le dernier mandat.

« Ce n’est pas un wow! Il y a des maires qui scorent plus que ça. On peut dire qu’il obtient la note de passage et que ça augure bien, mais sa victoire n’est pas assurée », commente le président de Segma, Raynald Harvey.

« Un maire populaire obtiendra entre 80 et 85 % de satisfaction. Yves Lévesque à Trois-Rivières frôle les 80 %. Ça commence à être inquiétant sous 60 % », ajoute-t-il.

Si 9,9 % des répondants se disent très satisfaits, ils sont majoritaires, à 53,3 %, à affirmer être assez satisfaits. « C’est plus élevé que la normale. Ça signifie que ces gens-là sont disponibles. S’ils entendent quelque chose qui leur plaît, ils peuvent changer d’avis. Ça explique la volatilité du vote. »

Dans le même sens, M. Harvey estime que le maire n’est pas parvenu à laisser une impression suffisamment forte pour cristalliser le vote. « Il n’a pas créé de wow suffisant pour avoir un noyau dur figé dans le temps. Normalement, un maire populaire devrait avoir entre 25 et 30 % de gens très satisfaits. Eux, ce sont des gens qui iraient certainement voter pour le maire. »

Est-ce à dire que Bernard Sévigny, avec un nombre égal de conseillers de son parti et d’indépendants, n’est pas parvenu à rallier à population à ses idées? « Il n’a pas scoré comme il aurait pu ou dû avec une majorité au conseil. Il a une bonne cote de satisfaction, mais on ne sent pas d’enthousiasme des Sherbrookois à l’égard de son travail. »

Ils sont 20,3 % à dire qu’ils sont peu satisfaits du travail du maire, contre 7,9 % qui ne sont pas du tout satisfaits. Le niveau de satisfaction est « assez uniforme d’un arrondissement à l’autre, et à travers tous les sous-groupes », qu’il s’agisse des hommes, des femmes, des propriétaires ou des locataires.