Les tenanciers de bar ont quelques solutions dans la mire pour continuer à fonctionner durant la zone rouge.
Les tenanciers de bar ont quelques solutions dans la mire pour continuer à fonctionner durant la zone rouge.

Les propriétaires de bars en quête de solutions

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les tenanciers de bar ont quelques solutions dans la mire pour continuer à fonctionner durant la zone rouge. En plus de demander au gouvernement d’accélérer le processus dans le projet de loi 72, qui permettrait aux bars de vendre de l’alcool avec un repas à emporter, ils sollicitent également les Sherbrookois d’acheter des chèques-cadeaux pour remplacer une partie des revenus perdus.

Ces initiatives ont été discutées dans le cadre d’une cellule de réflexion organisée par Pro-Gestion Estrie, cette semaine, où près d’une dizaine de tenanciers se sont réunis. 

« Étant donné la nature de ces établissements, les alternatives aux ventes effectuées sur les lieux ne sont peu nombreuses ni suffisamment lucratives, a affirmé le directeur général de Pro-Gestion Estrie et de Commerce Sherbrooke, Charles-Olivier Mercier, dans un courriel destiné à La Tribune. La fermeture de leur salle décrétée lors du passage en zone rouge entrave donc sérieusement leur rentabilité. Certes, quelques mesures de soutien financier déployées par les gouvernements peuvent encore les aider, mais plusieurs entreprises ont déjà épuisé ces options et leurs propriétaires se sentent démunis. »

C’est le cas de Stéphane Goulet, propriétaire du Bar du Chat noir, une boîte de nuit, et du resto-bar Le Figaro. « Avant la zone rouge, le Figaro allait bien. Ce sont des travailleurs qui viennent prendre une bière. Ça allait bien avant la zone rouge », explique-t-il, demandant cependant que l’autorisation de fermer les bars à minuit lorsque l’Estrie reviendra en zone orange. 

« De 23 h à minuit, il y a toute une différence », estime-t-il. 

Volonté politique

Charles Picard-Duquette, propriétaire de la Buvette du centro, est également d’avis que la fermeture des bars à minuit en zone orange ferait une différence. Il pense également que la livraison et les commandes pour emporter pourraient l’aider. « Les bars n’ont pas le droit de vendre de l'alcool à emporter, contrairement aux restaurants. C’est comme si la volonté politique n’était pas là. Ça nous fait quand même mal, car les bars font une meilleure marge sur l’alcool que sur la nourriture. Notre but est d’offrir un repas pas trop cher aux clients pour accompagner ce qu’ils boivent »

« On n’est pas dans une situation de désespoir, précise M. Picard-Duquette. Mais on aimerait être rentables, tant qu’à être ouverts. Ça ne le sera jamais autant que lorsqu’il y a des gens sur place, mais au moins, on ne ferait pas ça pour rien. »

Une lettre a également été envoyée aux députées de l’Estrie. 

Stéphane Goulet, lui, ne pense pas nécessairement que le projet de loi 72 l’aiderait. « La nourriture représente moins de 30 % du chiffre d’affaires. C’est un menu adapté à une taverne ou une brasserie. L’adaptation de la loi 72 va aider mes confrères qui sont plus en restauration, mais il n’y a rien de magique », exprime-t-il, ajoutant que les gens se sont habitués aux mesures sanitaires, ce qui facilitera le retour en zone orange, lorsqu’il aura lieu.

Boîte de nuit

La situation des boîtes de nuit est loin d’être facile, déclare M. Goulet. « Au Chat noir, je suis aussi bien d’être fermé. C’est un environnement où les gens venaient danser. C’est le modèle d’affaires. Le Chat noir était sur le respirateur artificiel, mais quand on nous a mis les restrictions à 23 h, c’était encore pire », dit celui qui pense que les boîtes de nuit ont été laissées pour compte. 

« Pour le Chat noir, j’ai peur, avoue-t-il, mentionnant qu’il perd encore plus d’argent lorsqu’il ouvre ses portes lorsqu’il le peut. Juste en logement, on frôle le 9000 $, plus les frais fixes. On oscille entre les 10 000 et 12 000 $ par mois juste pour rester ouverts. »