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Les élus ont donné leur aval pour contingenter le projet du Domaine de la vallée d’Orford à 21 lots.
Les élus ont donné leur aval pour contingenter le projet du Domaine de la vallée d’Orford à 21 lots.

Les promoteurs du chemin Rhéaume pourront développer 21 terrains

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Le projet du Domaine de la vallée d’Orford, en bordure du chemin Rhéaume, sera finalement contingenté à 21 terrains. La Ville de Sherbrooke a adopté un projet de règlement mardi pour établir cette limite en attendant le dépôt officiel d’un nouveau plan du promoteur. Le maire Steve Lussier et la présidente du conseil, Nicole Bergeron, ont inscrit leur dissidence.

C’est la conseillère Évelyne Beaudin, à l’origine contre le projet, qui a proposé la résolution. 

Rappelons que le projet a fait grand bruit l’an dernier alors que les promoteurs proposaient 50 lots dans une zone à fort potentiel écologique située à l’extérieur du périmètre urbain. Ils s’engageaient à protéger 98 % des milieux humides de la propriété. À la Commission municipale du Québec, un groupe de citoyens encouragé par la conseillère Beaudin a obtenu un jugement selon lequel le règlement de la Ville, donc le projet de 50 maisons, ne respectait pas l’esprit du schéma d’aménagement, où 18 lots seulement étaient permis. 

« Ce qui est proposé c’est de modifier le zonage à 21 lots, ce qui représente plus ou moins 18 lots, pour le rendre conforme au schéma d’aménagement. Le promoteur pourra travailler avec ces paramètres. Si d’autres modifications ou dérogations sont nécessaires, nous les traiterons le moment venu. Ce qui a milité pour notre décision, c’est que nous voulions honorer de façon plus stricte l’interprétation de 18 lots et on pense qu’on va être capables de protéger l’équivalent de ce qu’on protégeait dans l’ancien projet. Il y avait à l’époque une servitude de conservation qui ne sera pas appliquée pour le moment », explique Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme.

« Tout reste encore à faire. Les promoteurs auront des calculs à faire pour le tracé de la rue et la disposition des terrains. Après, le projet sera déposé à la Ville. Ce n’est pas dit qu’on arrivera au même niveau de protection qu’avant, mais déboiser et détruire des milieux humides, ça coûte cher. »

M. Boutin rappelle que seules des maisons unifamiliales seront permises sur les terrains du Domaine de la vallée d’Orford. « Les préoccupations qu’on avait à l’époque restent les mêmes. »

Julien Lachance a d’ailleurs formulé des réserves. « Je comprends que politiquement, on veuille respecter l’avis d’un juge. On avait un beau gain d’aller chercher 70 acres sans frais. Dans le nouveau projet, je ne vois pas comment on va aller chercher cet élément. »

Steve Lussier a indiqué que le nouveau projet de règlement ne lui suffisait pas. « On avait 98,4 % de protection des milieux humides l’an dernier. On aurait pu s’entendre pour que les promoteurs préservent une plus grande partie des lots. On n’a aucune garantie s’ils développeront les 21 lots sur l’entièreté. Sachant que je n’ai aucune garantie de ce qui sera préservé, je vais enregistrer ma dissidence. »

Indiquant que cette décision pourrait coûter extrêmement cher à la Ville, Nicole Bergeron a aussi inscrit sa dissidence pour être cohérente avec ses positions passées. 

Chantal L’Espérance ne s’est pas opposée simplement parce que le nouveau projet de règlement est conforme au schéma d’aménagement. « On va souhaiter que tout ce qui est forêt soit préservé. On comprend que la protection sera détenue par les 21 propriétaires. Le projet de 50 lots ne détruisait pas les milieux humides et la forêt. » 

Évelyne Beaudin s’est montrée surprise de la réaction de ses collègues. « Ce qu’on prend comme décision, c’est uniquement un contingentement qui sert à faire que notre schéma d’aménagement est conforme à notre règlement d’urbanisme. Il n’y a pas de gain ni de perte pour les milieux naturels. Aucun projet n’a été déposé par les promoteurs. »

Elle est revenue sur le sujet dans son message de conseillère. « Je suis inquiète d’entendre comment ça se passe. On a entendu le promoteur dire à la radio qu’il a travaillé avec les services pour un nouveau plan de lotissement. Les services n’avaient jamais reçu le mandat de travailler sur un nouveau projet. J’ai l’impression qu’il y a des forces qui poussent pour un développement immobilier à tout prix », a-t-elle dit en invitant les citoyens à « ne pas baisser la garde ».

Vincent Boutin a défendu le travail des fonctionnaires, mentionnant qu’ils travaillent « dans l’intérêt du plus grand nombre ».