La CSRS a décerné le titre d’ambassadeurs au fondateur de l’Académie du Trésor Dominique Asselin, à la pédiatre Geneviève Beaulieu et au romancier et slameur David Goudreault.

Les petits miracles d’une pédiatre à l’école

Mercredi matin à l’école primaire Jean-XXIII, une école du secteur d’Ascot qui a des airs de mosaïque culturelle. La pédiatre Geneviève Beaulieu s’installe dans le local de l’orthopédagogue pour voir des enfants qui présentent différents troubles.

Depuis 2014, environ une fois par mois, la pédiatre et sa collègue Anne Graillon s’arrêtent dans le milieu scolaire, question de donner un coup de pouce aux enfants dont les besoins débordent parfois du cadre scolaire. Dre Beaulieu est en terrain connu, elle qui fait déjà de la pédiatrie sociale au local de quartier à Ascot. Sa présence a l’avantage de simplifier la vie des parents, notamment en leur évitant de se déplacer en milieu hospitalier. Dans cette école de la rue Thibault, plus de 27 % des élèves proviennent du Congo, de la Colombie, de l’Irak et du Bhoutan.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a nommé Dre Beaulieu ambassadrice de l’organisation, mercredi, lors de sa soirée annuelle de reconnaissance, pour souligner tous les « petits miracles » qu’elle réalise auprès des jeunes. Le romancier et slameur David Goudreault et Dominic Asselin, fondateur de l’Académie du Trésor, ont aussi été nommés ambassadeurs.

« Comme pédiatre, on a beaucoup de demandes de consultation pour évaluer des enfants avec des troubles scolaires. C’est un peu difficile, parce que si on voit les enfants à l’hôpital ou au bureau, ce sont les parents qui viennent. On essaie de comprendre comment ça se passe à l’école et ce n’est pas toujours facile. Les parents n’ont pas toujours l’information. Si je regarde la clientèle immigrante, il y a aussi la barrière de la langue, elle ne sait pas trop comment le système fonctionne. On essaie de comprendre dans notre bureau comment ça fonctionne à l’école, mais parfois il nous manque des informations. »

À l’inverse, fait-elle valoir, des intervenants scolaires ont parfois besoin de l’avis d’un médecin, notamment lorsque les enfants éprouvent des problèmes de sommeil ou qu’ils présentent des problèmes physiques. « Ça me semblait plus logique de dire : ce sont des troubles scolaires, il faudrait bien que l’on soit capable de les voir à l’école pour aller chercher l’information. »

D’autres projets?

Dre Beaulieu y voit toutes sortes de problématiques : des troubles du déficit de l’attention, d’apprentissages, de sommeil, des migraines, des problèmes visuels. « Il y a des patients que l’on ne voit qu’une seule fois, mais pour la plupart, on doit faire des suivis, par exemple si on donne de la médication. »

Ce sont autant de problématiques qui peuvent interférer de façon importante sur leur parcours scolaire. « Un enfant qui a un déficit d’attention et qui n’est pas médicamenté, à la longue, il finit par prendre du retard. Et si on n’intervient pas, l’écart se creuse. »

Beaucoup d’enfants rencontrés n’ont pas de médecin de famille. « Pour être vu en pédiatrie, la plupart du temps, il faut être vu par un médecin de famille. » Les différents professionnels vont se rencontrer en début d’année et présenter des dossiers d’enfants aux médecins.

De tels projets sont rares, mais Dre Beaulieu aimerait que d’autres initiatives du genre voient le jour. Il fallait que l’école Jean-XXIII accepte d’embarquer, souligne-t-elle.

Jusqu’à tout récemment, elle était probablement la seule dans la région. Depuis l’automne dernier, à l’école Desjardins, un médecin a commencé à aller voir les petits patients directement dans leur milieu.

« Il va faire quelques cliniques là... Éventuellement, on aimerait ça être capable de le faire ailleurs parce que c’est une réalité des pédiatres et des médecins de famille, qui reçoivent beaucoup de demandes de consultation pour ce genre de problématiques. » L’école LaRocque planche aussi pour créer un tel projet.

Parallèlement, souligne-t-elle, les listes d’attente s’allongent en pédiatrie pour des demandes en lien avec des troubles scolaires.

Les conseils du Dre Beaulieu touchent plusieurs aspects de la santé des enfants : l’alimentation — parfois, on recommandera de s’inscrire au Club des petits déjeuners pour démarrer la journée du bon pied — et « beaucoup, beaucoup » la question du temps passé devant les écrans.

La pédiatre se dit très touchée d’obtenir cette reconnaissance de la CSRS. « Les gens ici sont incroyables. »

La présence du Dre Beaulieu et sa collègue facilitent grandement la vie de tout le monde, estime la psychoéducatrice Roxanne Harel. « Ça facilite tout! C’est bon d’être plusieurs pour réfléchir », dit-elle.