Stella, 15 ans, fréquente l'école du Touret depuis près de 10 ans et sa mère, Julie Guillemette, a vu la différence qu'a fait la Fondation de l'école du Touret dans l'environnement où sa fille évolue tous les jours. Les réalisations de la fondation sont mises en lumière dans un court documentaire, Les petits miracles de l'école du Touret, produit par des étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières et accessible sur YouTube.

Les petits miracles du Touret

Des étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont réalisé un court documentaire sur l'école du Touret dans le cadre de leur cours de production médiatique. La courte vidéo d'une douzaine de minutes intitulée Les petits miracles de l'école du Touret met en lumière la mission de l'école et les améliorations faites au fil des ans grâce aux investissements de la Fondation de l'école du Touret.
« On devait produire un documentaire. On s'est dit que tant qu'à le faire, on voulait que ce soit utile. L'idée de donner de la visibilité à l'école du Touret et à sa fondation nous est venue, car ma mère travaille depuis près de 20 ans dans cette école », explique l'étudiante de l'UQTR Lauri-Ann Desbiens, qui était de passage à Sherbrooke mardi pour présenter le fruit de son travail d'équipe aux parents des élèves du Touret.
Rappelons que l'école du Touret regroupe des élèves âgés de 5 à 21 ans, ayant une déficience intellectuelle moyenne à sévère ou une déficience intellectuelle profonde. De plus, l'école a un mandat régional en déficience profonde et en déficience moyenne pour les élèves ayant un trouble envahissant du développement. L'école compte 148 élèves et 29 enseignants et spécialistes.
« Je suis contente que par ce documentaire, on rappelle aux gens que l'école du Touret n'est pas un parking pour les enfants différents, mais bien un lieu d'apprentissage où ils se développent et ils acquièrent une certaine autonomie dans les petits gestes du quotidien », commente Hélène Quigley, présidente du conseil d'établissement et mère d'un enfant de 14 ans atteint d'autisme et d'une déficience intellectuelle moyenne.
Les apprentissages visés sont nombreux. Apprendre à lire des instructions en mots ou en images, manipuler des objets, travailler en groupe, attendre son tour, monter et descendre des escaliers.
« Ils apprennent comment se comporter au restaurant ou comment ça marche dans une maison. Thomas a fait beaucoup de petits progrès », ajoute Mme Quigley.
Des petits projets qui sont de belles victoires. « Ici, on fait des petits miracles », croit la directrice de l'école Nancy Laliberté, qui par ses paroles a donné le titre du documentaire.
Ces progrès se font dans un environnement qui s'améliore d'année en année grâce, notamment, à la Fondation de l'école du Touret qui a investi depuis sa création en 1996 près de 250 000 $ dans des équipements et aménagements.
« On a aménagé un parc extérieur adapté aux enfants, une piste cyclable pour nos vélos adaptés et nos tricycles. On a mis sur pied une serre intérieure où les enfants contribuent à faire pousser des fleurs et des fines herbes. On a créé le resto chez Gigi où les enfants confectionnent des suçons en chocolat. Et on a refait le plancher du gymnase pour qu'il soit plus sécuritaire », donne en exemple la présidente de la fondation, Julie Guillemette, qui est la mère de Stella, 15 ans, atteinte d'une mutation du syndrome de Rett atypique et d'une déficience intellectuelle profonde.
Le documentaire démontre bien qu'un bon bout de chemin a été fait depuis la création de la fondation. Richard Bergeron, ancien président de la fondation et enseignant à la retraite, témoigne de la réalité à l'école à son arrivée.
« On est parti de rien. Ma première journée de travail, je devais enseigner l'éducation physique dans la classe. On devait pousser les bureaux. Et les seuls équipements que j'avais étaient une balle et une couverture que j'avais amenées de la maison et un ballon et un cerceau que j'avais trouvés dans l'école. C'était tout. »
Les améliorations ont un impact certain sur les apprentissages, assure la directrice de l'école.
« Nos élèves sont bien et dans un bel environnement, le personnel passionné qui travaille au Touret se donne encore plus. C'est bon pour tout le monde », souligne-t-elle.