Le Caucus estrien de défense collective a orchestré à l'Hôtel de Ville de Sherbrooke une action de visibilité pour interpeller le gouvernement et pour sensibiliser la population à l'urgence d'augmenter le financement des organismes de défense collective des droits.

Les organismes de défense des droits craignent pour leur survie

Les organismes de défense collective des droits (DCD) de l'Estrie manifestent pour leur survie.
Forcés de composer avec des ressources financières très limitées, les organismes de la DCD Estrie pourraient être amenés à réduire ou cesser leurs activités. Avant qu'il ne soit trop tard, une manifestation a été organisée mardi afin de sensibiliser le gouvernement québécois à leur situation. Depuis 2001, les organismes sont financés par le Secrétariat à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS) après adoption d'une politique du gouvernement de l'époque pour déterminer les montants dont auraient besoin les groupes afin d'être fonctionnels.
« Il y a eu des seuils planchers adoptés et nous étions censés recevoir 110 000 $. En réalité, nous recevons 47 392 $. De plus, nous ne recevons pas d'indexation ni d'augmentation depuis 2001 », note Manon Brunelle, coordonnatrice d'Illusion-Emploi Estrie et porte-parole de l'action entreprise par la DCD Estrie.
Avec cette démarche, les différents organismes de défense collective des droits espèrent ouvrir les yeux du gouvernement sur cette difficile réalité. « C'est illogique. Personne ne peut vivre avec les mêmes montants établis en 2001 tout en maintenant les mêmes activités et en ne faisant aucune coupure. C'est normal qu'on soit indexé puisque les coûts explosent, mais ce n'est pas normal que nos employés aient le même salaire qu'il y a 16 ans », note la porte-parole.
Cela fait en sorte que certains organismes doivent simplement fermer leurs portes en raison des coûts devenus trop importants. « Ça commence à être le temps qu'un sérieux coup de barre soit donné parce que depuis un certain temps, les groupes sont confrontés à une difficile problématique. Ils doivent réduire leurs effectifs ou fermer. Il faut passer notre temps à chercher du financement et il est toujours précaire », raconte Mme Brunelle.
Des répercussions importantes
Si le scénario catastrophe devait se concrétiser, l'arrêt des activités de ces organismes serait néfaste pour la communauté dont les ressources sont limitées. « Vers qui les gens vont se tourner s'ils ont une problématique ? Qui les défendra ? Par exemple, les personnes qui viennent chez nous à Illusion-Emploi Estrie, ils n'ont pas d'argent. Ceux qui en ont et qui prennent un avocat, ce n'est pas avec notre organisme qu'ils passent », déplore la coordonnatrice d'Illusion-Emploi.
Selon la vision des choses des organismes DCD, il est maintenant plus que temps de voir des changements se profiler dans ce domaine pour éviter d'éventuelles fermetures d'organismes de défense collective des droits.
Ces organismes sont actifs depuis longtemps au Québec. Leur but est de défendre les intérêts collectifs des personnes vivant une problématique, par exemple un chômeur qui n'a pas accès à son assurance chômage. Il y a 24 groupes de DCD en Estrie et il y en a 340 au Québec.