Récup Estrie accueillait les médias, la semaine dernière pour expliquer le fonctionnement des nouvelles lignes de tri optique pour le papier et le carton.
Récup Estrie accueillait les médias, la semaine dernière pour expliquer le fonctionnement des nouvelles lignes de tri optique pour le papier et le carton.

Les nouvelles lignes de tri de Récup Estrie rapportent déjà

SHERBROOKE — Récup Estrie voit déjà les résultats de l’acquisition de nouvelles lignes de tri optique pour le papier et le carton depuis leur mise en marche à la mi-juin. Le président de l’organisation, Pierre Avard, assure que l’acquisition des nouvelles lignes de tri, pour 2,8 M$, permet désormais de vendre ces matières alors qu’on payait autrefois pour s’en départir. 

M. Avard explique notamment qu’une partie de l’usine de la rue Claude-Greffard a dû être vidée pour permettre la construction de nouvelles infrastructures et l’installation du matériel. Il rapporte que contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas le verre, mais bien le plastique qui contaminait le papier et le carton, si bien que Sherbrooke devait payer pour s’en départir.

« Ce qu’on avait comme contaminant, c’était la cartonnette et les sacs de plastique. Il y a 60 % de ce qui est retiré qui est du plastique de toutes les sortes. C’est assez impressionnant de voir comment les gens mettent n’importe quoi dans le bac. Il y a tous les sacs de pain, les sacs de circulaires. Il y a aussi les emballages des grands entrepôts. » 

« La cartonnette, nous pouvons maintenant la vendre 70 $ la tonne, mais avant nous payions pour nous en départir. Nous avons payé jusqu’à 92 $ la tonne. Les prix montaient parce que les compagnies savaient que nous n’aurions plus besoin de leurs services bientôt. La pandémie a aussi été une excuse pour gonfler les prix. »

Selon Pierre Avard, le retour sur l’investissement se manifeste plus rapidement que prévu. « On s’attendait à avoir des revenus, mais c’est beaucoup plus rapide qu’on pensait. On s’attendait à 15 $ la tonne pour commencer. » Des entreprises québécoises, comme Cascades, auraient démontré de l’intérêt pour le papier sherbrookois.

Le choix d’investir pour le tri du papier et du carton alors que la quantité de papier acheminée à Récup Estrie semble diminuer, notamment avec la réduction du volume de papier journal, était-il aussi judicieux qu’on le laisse croire? « En réalité, le carton est en progression parce que les gens font venir des choses par la poste. Il y a des emballages qui n’étaient pas là avant. Il y a beaucoup de suremballage. »

Le président de Récup Estrie rappelle que les nouvelles machines sont installées depuis un mois. Une quarantaine de lignes de tri semblables sont présentes au Québec, notamment à Lévis qui, selon M. Avard, en tire un papier de qualité très recherché. 

Pierre Avard croyait pouvoir obtenir 15 $ la tonne pour le papier récupéré mais déjà, le prix pour la cartonnette s’élève à 70 $ la tonne.

Les machines en question, des tris optiques Mistral + de l’entreprise Pellenc ST, sont arrivées de France par bateau. 

Gregory Mattioli, représentant technique et commercial pour Pellenc ST, indique qu’elles sont parties juste avant les restrictions liées à la COVID et qu’elles sont arrivées le 1er juin. « Les gens ont travaillé jour et nuit pendant deux semaines pour l’installation. Le tri optique fonctionne à 4,5 m par seconde, ce qui fait que la matière est bien étalée. La première machine retire le plastique et les matières ferreuses alors que la deuxième sépare le carton brun et la cartonnette. Les sacs de plastique représentent 10 % des entrées. »

Concrètement, les matières plastiques sont soufflées vers le haut alors que le papier et le carton tombent sur une deuxième ligne. Sur un écran, un ordinateur indique en temps réel le pourcentage de chacune des matières traitées par rapport au volume total. 

« On peut trier de neuf à dix tonnes de matière chaque heure », précise M. Mattioli. 

Le représentant de Pellenc ST ajoute que de gros joueurs québécois pourraient récupérer les sacs de plastique triés par Récup Estrie pour en faire de nouveaux sacs. 

Enfin, Pierre Avard mentionne que le prochain achat de machinerie chez Récup Estrie devra être celui d’une nouvelle presse. « Nous n’en avons qu’une et nous ne voulons pas la surcharger. Si elle brise, nous serons obligés d’arrêter les activités. C’est un projet prioritaire. »

Le tri s’effectue à l’usine de Sherbrooke de 7 h à minuit. Depuis deux semaines, les quantités de matières reçues sont plus importantes, selon ce qu’affirme Pierre Avard.