L'animation des murales du centre-ville sera réalisée à l'aide d'une technologie de réalité augmentée.

Les murales du centre-ville prendront vie

Les murales de Sherbrooke s'animeront à partir de cet été à l'aide d'une technologie de réalité augmentée. Destination Sherbrooke a dévoilé, lundi, que la firme retenue pour ce projet touristique est Space & Dream, la firme ayant aussi mis au point la technologie Reactour ayant servi au développement de l'application mobile Montréal en histoires.
« Nous espérons amener les touristes à vivre une expérience numérique, autant de jour que de soir. Nous souhaitons libérer la vie qui est figée dans les murs, voir les murales prendre vie », résume Guillaume Langlois, président et fondateur de Space & Dreams.
Destination Sherbrooke a reçu des soumissions de onze firmes. Cinq ont été rencontrées. Le contrat de gré à gré a une valeur de 500 000 $.
« Les gens regarderont la murale à travers leur téléphone ou leur iPad. Nous serons en mesure de déclencher des scènes, de reconstituer l'histoire de Sherbrooke. Nous voulons une expérience émotionnelle. C'est du Michel Tremblay qui attend de sortir des murs. Ce type de produit n'existe nulle part en Amérique du Nord. » Un concept différent sera retenu pour chaque murale.
Le trajet comptera neuf des murales sherbrookoises, soit dans les secteurs des rues Frontenac, Marquette et Belvédère Nord, en plus des murales du bureau d'information touristique et de la centrale Frontenac. La firme retenue compte travailler avec les acteurs locaux, dont la Société d'histoire.
« C'est un projet clé en main. Il n'y a pas de surprises possibles en matière de budget. Parce qu'il n'y a pas d'infrastructures, ça réduit les risques », assure Rémi Demers, président de Destination Sherbrooke.
L'application, gratuite, ne nécessitera pas de connexion internet pour fonctionner. Elle sera produite en français et en anglais. Elle devrait être prête pour la mi-juillet.
« Nous aurons un outil statistique qui nous permettra, de manière anonyme, de savoir qui utilise l'application, où, pour combien de temps », ajoute Guillaume Langlois. À titre d'exemple, Montréal en histoire a été téléchargée 90 000 fois. Elle a été utilisée 1,3 M de fois et a nécessité un investissement de 1,3 M$ à l'origine.
De 9 à 11 murales
Le conseiller Louisda Brochu a déploré que les deux murales du coin Bowen et King Est ne soient pas incluses dans le trajet. « Nous avons investi dans un parc à cet endroit. Je comprends qu'il faut marcher, mais il n'y a qu'un pont à traverser. Le concept est inspirant, mais je suis déçu qu'on ne traverse pas la rivière. » Hélène Dauphinais et Rémi Demers partageaient le même avis, qui sera considéré par la compagnie.
Guillaume Langlois précise que le budget étant de 500 000 $, il faudra user du principe des vases communicants. Néanmoins, il estime possible de passer de 9 à 11 murales sans nuire au produit.
« Les touristes auront une raison de plus de venir à Sherbrooke cette année. Les murales sont un produit solide, fort, dans lequel nous avons beaucoup investi dans les dernières années. Les Sherbrookois vont adorer », a commenté le président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers.
Marc Denault a souhaité que Sherbrooke détienne l'exclusivité du produit, ce qui ne semblait pas contrarier le promoteur. « On veut un punch le plus exclusif possible », a dit M. Langlois, précisant qu'il est possible que les expériences soient différentes le jour et le soir.
Vincent Boutin a invité les créateurs à sortir des murales et à utiliser leur technologie sur 360 degrés pour bonifier l'expérience.
Le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier, a laissé entendre que l'offre pourrait être bonifiée au fil des années selon la volonté des élus. « Nous sommes en cohérence directe avec le fait que les murales représentent 50 % des demandes au bureau d'information touristique. »
Destination Sherbrooke compte par ailleurs relancer Traces et souvenances pour l'animation des murales, un concept qui pourrait rejoindre un autre type de clientèle. L'éclairage de certaines murales pourrait aussi être bonifié. Dans le même sens, un concept de quiz ou de jeux pour les familles est étudié par Destination Sherbrooke.
Le projet sera soumis au vote au conseil le 20 mars. On devrait aussi dévoiler l'emplacement d'une 16e murale à la même occasion.
Space & Dreams compte parmi ses clients Virgin Galactic, Louis Vuitton et Philippe Starck.